alela diane sort son nouvel album cusp
La chanteuse américaine Alela Diane se réinvente avec Cusp, un album inspiré par sa maternité, avant ses concerts à la Cigale et au Printemps de Bourges.
Il faut parfois savoir s’éloigner de la ville pour trouver l’inspiration et stimuler sa création. Basée à Portland, aux États-Unis, Alela Diane s’est isolée durant presque un mois, dans une cabane près des bois enneigés de Caldera, dans l’Oregon, où elle a composé les chansons de son nouvel album, Cusp : « La forêt est un endroit que j’aime, où j’ai grandi, confie la chanteuse folk américaine. J’ai toujours été attirée par le désir de couper avec la ville. Chez moi, à Portland, j’étais très occupée avec mes enfants et je n’avais pas l’espace pour écrire. J’avais vraiment envie de quitter ma maison et ma famille pour composer. C’était très relaxant. »

Alela Diane revient avec un disque dont le titre reflète l’idée d’un entre-deux évoquant sa récente maternité : « Je fais référence à la grossesse, dit-elle, ce moment où dans le ventre de la mère, on n’est pas complètement sur terre. Dans la vie d’une femme, c’est un moment de transformation. Cela m’a poussé à voir le monde autrement. »

Un registre intimiste  teinté de mélancolie
Il en résulte un album aux ambiances apaisantes imprégné de mélodies composées au piano : « Passer de la guitare au piano m’a permis une nouvelle source d’inspiration et une manière d’écrire plus ouverte. » Un registre intimiste teinté de mélancolie qui s’ouvre par Albatross, où Alela Diane parle de la douleur de devoir quitter sa fille quand elle part en tournée, du temps qui passe (Moves us Blind) ou de sa relation complexe avec sa mère (Never Easy). Comment explique-t-elle la mélancolie qui habite son univers ? « C’est une intensité qui renvoie à la fragilité et à l’inconnu de la vie. Chaque jour est précieux, on ne sait jamais ce qui va se passer. »
alela diane a ecrit la chanson emigre sur le drame des migrants
Consciente des souffrances du monde, elle a écrit Émigré, chanson qui fait écho à la situation dramatique des migrants, inspirée par le souvenir de Aylan, l’enfant syrien échoué sur une plage turque : « Quand j’ai vu cette image, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes enfants. C’est quelque chose de tragique. Aux États-Unis, on a un président qui menace de construire un mur afin de garder les Mexicains en dehors du pays. Mais la réalité, c’est que les Mexicains gèrent toute notre agriculture et se dévouent pour nourrir la population. Il faut qu’on soit conscient de ça. Je n’ai aucune solution, mais cette situation me semble horrible là aussi. »
« Beaucoup sont tristes que Trump soit notre président »
 alela diane consciente dans son album cusp
 Donald Trump ? « Ça me retourne l’estomac à chaque fois que j’entends sa voix. Beaucoup de gens sont tristes et embarrassés que cet homme soit notre président. Tous les jours, il fait passer de mauvaises lois. Il essaie de diminuer le droit des femmes et de nous renvoyer dans les âges sombres. » Que pense-t-elle du débat sur le harcèlement sexuel lancé par les actrices américaines ? « Je pense qu’en tant que femme, tout ça sont des choses dont on se rend profondément compte. C’est une menace réelle. Quand on voyage seule, on est toujours en train de faire attention à soi, à regarder par-dessus son épaule. Pour les femmes, rien de tout cela n’est une surprise. On sait à quel point on se sent vulnérable quand on se balade dans la rue ou quand on se retrouve dans une pièce avec un homme qu’on ne connaît pas. C’est important que les femmes aient pu aller de l’avant, s’exprimer et réussi à créer un espace pour au moins avoir ce débat. C’est essentiel aussi pour les hommes de voir à quel point ces choses-là sont communes. On peut se demander pourquoi est-ce le cas, pourquoi est-ce aussi engrené dans notre société ? »
Album Cusp, Allpoints/Believe. Concerts le 26 avril à la Cigale Paris 18ème et le 27 avril au Printemps  de Bourges.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez un commentaires
Merci d'entrer votre nom ici