exposition rock une histoire nantaise
Kronstadt Disorder, groupe punk nantais des années 1980. Photo Nicolas de La Casinière
Au château des ducs de Bretagne, une exposition très réussie Rock ! Une histoire nantaise. Ou le récit de  soixante ans d’effervescence culturelle et d’esthétiques plurielles de la ville, devenue l’un des meilleurs spots musicaux de France.
Reconnue comme l’une des plus bouillonnantes de France, la scène musicale nantaise, en Loire-Atlantique, fait aujourd’hui l’objet d’une exposition originale à voir au château des ducs de Bretagne. Conçue par Laurent Charliot, ancien musicien et auteur de plusieurs ouvrages sur le rock, l’exposition témoigne de soixante ans d’effervescence artistique à Nantes.
exop rock à nantesLa musique a longtemps été le parent pauvre de la cité des ducs, « ville bourgeoise de tradition ouvrière », surnommée « la belle endormie ». L’exposition « Rock ! Une histoire nantaise » met en lumière les pionniers comme les Rapaces, un des premiers groupes à avoir popularisé le rock ici dès 1962, grâce à un répertoire constitué de reprises en français et en anglais. Une époque héroïque où les groupes nantais (les Sunset, les Martiens, les Sparks…) faisaient de la musique avec les moyens du bord, jouant sur des instruments fabriqués maison, telle cette basse exposée, munie de cordes de piano. Les rockeurs nantais jouaient dans des salles de cinéma, de patronage. Époque où la musique de bal devient un des moyens d’expression pour de nombreux musiciens à Nantes. À l’image de Daniel Gardin et son orchestre qui fait danser la région chaque week-end.
De Tri Yann à Philippe Katerine, une scène foisonnante
exposition rock une histoire nantaiseÀ travers « Rock ! Une histoire nantaise », Laurent Charliot ne voulait oublier aucun des musiciens qui ont fait le tissu musical local : « Je voulais témoigner de cette histoire nantaise, qu’on a faite tous ensemble. Les pionniers du rock ont été héroïques, comme les musiciens de bal. C’était avant que la musique ne se professionnalise », confie le commissaire de l’exposition, qui a collecté pendant deux ans photos, affiches, albums et autres instruments donnés par la population nantaise.
La bande-son de l’exposition se compose ainsi de 120 disques, que l’on écoute au gré de sa déambulation grâce, non pas à des casques, mais à des « gobelets de festival sonores » distribués à l’entrée, des enceintes dissimulées dans un canapé vintage en cuir ou des juke-box numériques.
rock ne histoire nantaise a voirÀ l’époque, aucune structure n’existait ou presque. Les jeunes se retrouvaient dans les magasins de musique de la ville. Tel le légendaire Fuzz disques, dont on peut voir la reconstitution avec pas moins de 2 000 CD et vinyles, qui, à l’époque, étaient directement importés d’Angleterre.
le rock sexpose a nantesLe terme « rock » sert ici de générique et permet d’embrasser tous les styles, artistes et groupes de la scène nantaise, comme Tri Yann, « ambassadeurs du renouveau breton » des années 1970, dont la route a croisé celle de nombreux rockeurs. Il a fallu se battre pour obtenir des salles de concerts dignes de ce nom. En 1983, la jeunesse va ainsi se mobiliser et organiser un concert rassemblant des milliers de jeunes contre le maire de droite de l’époque, Michel Chauty, surnommé « le sécateur maire » après qu’il eut supprimé les subventions de la maison de la culture. La ville a connu un renouveau dès 1990 et s’est transformée en vivier d’artistes, dont certains connaissent une renommée nationale ou internationale. Telle Christine and the Queens et son disque écoulé à 1 million d’exemplaires dans le monde, première artiste française à avoir fait la couverture du prestigieux magazine américain Time.
nantes la ville rockAu fil du parcours, on découvre d’autres reconstitutions comme la chambre du jeune Dominique A, figure de la musique nantaise, la salle de répétition des fantasques Elmer Food Beat, la loge rose et blanche de Philippe Katerine. Parmi les prêts, on trouve une robe de concert de Jeanne Cherhal, le premier album de Pony Pony Run Run contenant le tube Hey You ou encore des platines du groupe électro C2C.
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Le bouillonnement culturel nantais ? « Il est dû au fait qu’il y a ici des structures d’accompagnement de qualité, souligne 20Syl, cofondateur de C2C, comme le Trempolino, la salle l’Olympic aujourd’hui Stéréolux. Il y a une effervescence qui donne envie à pas mal de jeunes artistes de se lancer. » Nantes a rattrapé son retard par rapport à sa concurrente Rennes, pour devenir l’un des meilleurs spots de musiques actuelles : « Il y a un mouvement de balancier qui ne peut plus s’arrêter, renchérit Laurent Charliot, avec des croisements de générations incroyables. À Nantes, on a des chefs de file et de nombreux autres artistes, sans qui ils ne seraient pas là. C’est ce que je voulais montrer. »
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« Rock ! une histoire nantaise », expo jusqu’au 10 novembre 2019, au Château des ducs  de Bretagne, 4, place Marc-  Elder, Nantes (44). http://www.chateaunantes.fr/fr/evenement/rock

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