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Alain Chamfort: "Je crois que cela va devenir de plus en plus difficile pour un artiste de s'inscrire dans le temps"
Alain Chamfort fête ses 50 ans de chansons et sort Le désordre des choses. Un album pop-électro élégant et moderne, aux textes  existentiels signés par le parolier Pierre-Dominique Burgaud, déjà présent sur son disque Une vie Saint-Laurent.
Comment définiriez-vous votre album Le désordre des choses ?
Alain Chamfort : C’est une observation d’un contexte général qui s’affirme de plus en plus. On est entre les mains des  GAFA (Google, Apple, Facebook,  Amazon). Ils ont leur ordre à eux, mais pour combien de temps ? Il y a toujours des surprises. Personne n’est le roi du monde bien longtemps. La finalité est plutôt dans le désordre des choses. Malgré la volonté de mettre de l’ordre, je crois que c’est quand même le désordre qui gagne toujours ! (rires). Je pense  que c’est plus là que peut naître une matière que dans quelque chose d’entièrement prévisible. Ça aide à la créativité.

La chanson Les microsillons évoquent le temps qui passe. L’idée du vieillissement vous fait-elle peur ?
Alain  Chamfort : On ne peut pas dire que cela m’enchante. Cela amène à nous poser certaines questions, à se retourner sur son passé, à essayer de faire un peu le bilan. L’avenir est de plus en plus incertain, les projets sont de plus en plus à courts termes. On commence aussi à avoir des  sensations différentes sur la fragilité, la résistance qui n’est plus la même, des petites douleurs qui apparaissent.  Qu’on le veuille ou non, on est amené à prendre en compte ces choses-là. Ce qui est rassurant, c’est qu’on est tous au même rythme et qu’on vieillit  tous. C’est plus malin et moins perturbant, à mon sens, d’essayer d’accompagner cela, que de refuser, car de toute manière on n’y arrivera pas. Autant s’accommoder !
Quelle est votre manière d’Exister ?
Alain Chamfort : Il n’y a pas eu de constance. Il y a des moments où j’étais dans la l’insouciance. Enfant, je n’ai pas été malheureux. Mes parents étaient modestes et très présents. On vivait dans un pavillon, on avait de l’affection et on ne manquait de rien. Un petite vie qui m’a laissé des valeurs, avec des contraintes d’éducation, de choses qui se font et d’autres non. Mes parents étaient rigoureux mais m’ont laissé une liberté et m’ont donné surtout la chance de faire de la musique. Un espace dans lequel je me suis senti bien et a participé de ma construction. Au-delà, est-ce qu’il y a une manière d’exister hors de ce système, des réseaux sociaux, des contraintes sociales de représentation ? C’est aussi, comment trouver sa place dans un métier comme celui-ci.
Parlez-nous de Linoleum qui clôt en apothéose l’album ?
Alain Chamfort : C’est sur la deshumanisation, ce personnage qui a perdu toutes ses capacités de transmettre du beau, de l’amour, qui est dans la froideur. On a l’impression que c’est l’homme à venir, l’homme augmenté envisagé par nos nouveaux maîtres du monde. On aura tous la possibilité de traverser les âges, la maladie. Mais le sentiment ne sera plus de la partie. Que demande-t-on aux gens dans les entreprises ? A défaut de les remplacer totalement par des machines, on est quand même de plus en plus dans le rendement, l’individualisme, et les seuls qui s’en sortent sont ceux qui ne font pas cas des autres.

Cinquante ans de carrière, c’est fou, non ?
Alain Chamfort :  Je crois que cela va devenir de plus en plus difficile pour un artiste de s’inscrire dans le temps. A l’époque, il y avait deux chaines de télé, trois postes de radio, personne ne pouvait passer à côté de nous. Il y avait un affect envers les artistes. On entrait dans la vie des gens qui  nous adoptaient et ils nous accompagnaient pendant vingt ans. Aujourd’hui, on ne voit plus ça. Les jeunes écoutent plein de choses, mais ce n’est jamais fixé sur un chanteur en particulier. Les artistes, on ne sait même plus qui ils sont. Ils font un tour de piste, peuvent avoir un impact énorme pendant un an, deux ans et ils disparaissent aussi vite. Johnny, ça été le dernier symbole de ce qu’un chanteur a représenté dans notre société. C’est les années 1950, la période rock n’ roll… c’est une page qui se tourne, qui ne se rouvrira plus jamais.
Album Le désordre des choses Le Label Pias. 
Le chanteur qui a composé plusieurs succès, dont Manureva, Chasseur d’ivoire ou Malaise en Malaisie, se produira le 15 novembre au Trianon,à Paris – https://www.letrianon.fr/fr 

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