christian olivier revient avec le disque after avant
Le leader de Têtes Raides Christian Olivier revient avec After/Avant, son deuxième album solo. Un disque à l’esprit voyageur où se croisent poésie et engagement sur fond d’ambiances rock, punk, fanfare ou musiques du monde, avant une grande tournée.
Non à un monde sans désir d’utopies qui font battre les cœurs et redonnent le sourire, non aux «déchetritures » de nos ordures qui polluent la planète et nos modes de vie. Christian Olivier revient avec After/Avant deuxième album solo témoin de ses engagements poétiques. Après On/Off (2016) et deux opus consacrés aux poèmes de Jacques Prévert qu’il a mis en musique, le leader du groupe Têtes Raides, dont le retour est prévu pour l’automne 2019, livre un disque en forme de bouquet d’esperanza. L’espoir de voir un jour la fraternité revenir et les hommes s’aimer de nouveau. Un besoin de love et de solidarité  sur fond de musiques voyageuses bienvenu, à l’heure où l’Europe se replie chaque jour un peu plus.
Que voulez-vous dire dans la chanson «Non» par «on vit dans les fissures entre démocrature et fusils mitrailleurs qui nous fauchent le cœur» ?
Christian Olivier : Aujourd’hui, on se dirige vers une impasse européenne. On entre dans la zone rouge. La marge de manœuvre sur notre espace de liberté se restreint de plus en plus. C’est à la fois «non» à l’extrémisme bien entendu, mais «non» aussi à ceux qui se servent de l’extrémisme pour réduire nos libertés. On le voit partout, l’Italie, l’Autriche, la Hollande… dans plein de pays européens, on est confronté au repli. S’il y a un sens à l’Europe, c’est avant tout le collectif, l’idée de travailler ensemble. Sinon à quoi sert l’Europe? Aujourd’hui, la fraternité entre les gens devient vraiment compliquée. Les barrières se ferment, on voit ce qui se passe autour des migrants. Les problèmes ne sont pas réglés. On les pousse sur le côté , on évacue. Cette chanson, c’est «non au repli, oui à  l’ouverture». On est à un moment charnière où si on ne bouge pas, ça ne va pas bien se passer, à tous niveaux, dans la culture, l’agriculture, dans le monde du travail.
Dans Love vous chantez «Vive la vie/ Jusqu’à quand nous restera-t-il un sentiment ?».  Vous pensez que la société manque d’amour ?
Christian Olivier : il faut tendre vers ça, en tout cas. On a besoin de love et de retrouver une espèce de douceur. Aujourd’hui, c’est direct les a priori. On saute sur le moindre truc qu’on voit sur les réseaux sociaux. On n’a même plus le temps de penser à ce qui peut être beau. Il faut retrouver cette chose-là par des rapports plus solidaires et la poésie bien sûr.
Rock, punk, fanfare, musique du monde ou classique…votre univers est de plus en plus en large…
Christian Olivier : J’ai toujours voulu ne rien m’interdire. Chaque chanson a son univers, j’ai aussi pas mal utilisé de cordes. J’aime gommer les frontières dans la musique. Pourquoi ne pas mélanger un quatuor avec une guitare électrique ? C’est dû aux rencontres. J’ai fait quatre morceaux punk que j’ai enregistrés à Amsterdam avec mes amis du groupe rock néerlandais The Ex. C’est des musiciens qui sont toujours en train de brasser des styles totalement différents. C’est un voyage, l’exercice étant d’avoir une cohérence entre toutes ces sonorités. Le premier morceau démarre sur du dub slamé, ensuite on bascule sur du punk, de l’électro, des ambiances classiques, de fanfare, acoustiques avec scie musicale et accordéon. Il y a une touche de mélancolie par moment avec toujours ce bout de lumière qui donne l’énergie et l’envie d’avancer.
christian olivier revient avec le disque after avantPourquoi avoir voulu reprendre la chanson d’Arno Putain Putain dans le morceau caché «Par là» qui clôt l’album? 
Christian Olivier : Cette chanson sur l’Europe c’est une farce qui dit «je ne suis pas une communiste, pas une cy-cycliste, pas une catholique, pas une footbaliste ». Je suis moi ! C’est un hymne à la liberté. Je voudrais continuer l’aventure et réunir tous les dirigeants européens pour qu’ils viennent chanter sur le morceau où il y a pas mal d’humour, avec entre autres Yolande Moreau dont on entend la voix. J’ai déjà lancé deux demandes auprès de Macron et Merkel ! (rires). Ce titre date de T.C. Matic, l’un des premiers groupes d’Arno en 1980. Pour moi, c’est l’occasion de repasser ce message, avec tout ce qui est en train de se tramer aujourd’hui et les élections européennes qui se profilent. Si on veut continuer dans l’idée de l’Europe, il faut qu’il se passe un truc, sinon ça va s’arrêter.
Album After/Avant chez Bmg. Tournée du 26 juin au 22 mars 2019
Entretien réalisé par Victor Hache

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