Toutes les musiques de We Culte. Carmen le chef-d’œuvre de Georges Bizet fait son grand retour à l’Opéra Bastille dans la mise en scène désormais emblématique de Calixto Bieito. Créée en 1999 et reprise à Paris depuis 2017, cette vision radicale et contemporaine situe l’action à la fin des années 1970, dans une Espagne encore marquée par les dernières heures du franquisme. Un parti pris fort, qui éclaire d’un jour nouveau l’un des opéras les plus célèbres — et les plus accessibles — du répertoire français.
Carmen affole les hommes, les enivre, leur fait oublier le devoir et la raison.
« Elle a beau les prévenir : « Si tu ne m’aimes pas je t’aime, si je t’aime prends garde à toi », Carmen affole les hommes, les enivre, leur fait oublier le devoir et la raison. Ainsi, Don José, subjugué, perd son honneur pour une fleur jetée par cette femme qui ne connaît d’autre loi que son désir.
Nul étonnement si cette gitane au tempérament de feu a fait scandale le 3 mars 1875, lors de la création de Carmen à l’Opéra-Comique, devant un public et une presse choqués par ce « dévergondage castillan ». Georges Bizet mourra trois mois plus tard à 36 ans seulement, loin de se douter que son ultime opéra deviendrait l’un des plus joués au monde.
En s’écartant du mythe et des clichés attachés à Carmen, Calixto Bieito livre une mise en scène âpre et sensuelle où la crudité du désir n’est que la manifestation de la fureur de vivre d’une femme courageuse jusqu’à la mort.
Lors de sa création, le 3 mars 1875 à l’Opéra-Comique, Carmen avait provoqué un véritable scandale. Public et critiques s’indignaient alors de ce qu’ils qualifiaient de « dévergondage castillan ». Trois mois plus tard, Georges Bizet mourait à seulement 36 ans, sans savoir que son ultime opéra deviendrait l’un des plus joués au monde, porté par des airs entrés dans la mémoire collective.
Au cœur de l’œuvre, le personnage de Carmen fascine toujours autant. Chez Calixto Bieito, elle n’est ni une femme fatale ni une héroïne folklorique, mais une femme libre, simple, peu éduquée, guidée par le désir d’aimer, de se sentir vivante, de courir et de respirer.
Dans cette Espagne corsetée par le puritanisme et la violence sociale, Carmen incarne une irrépressible soif de liberté, jusqu’au bout.
La mise en scène privilégie un dispositif épuré mais très évocateur : une cabine téléphonique, des Mercedes des années 70, un panneau publicitaire en forme de taureau, quelques accessoires du quotidien.
Les décors d’Alfons Flores, les lumières d’Alberto Rodríguez Vega et les costumes d’époque signés Mercè Paloma plongent immédiatement le spectateur dans une Espagne populaire et rugueuse, loin des cartes postales andalouses. L’univers visuel, volontairement brut, accompagne une lecture profondément humaine des personnages.
La direction musicale est confiée à la cheffe ukrainienne Keri-Lynn Wilson, à la tête de l’Orchestre et des Chœurs de l’Opéra national de Paris. Sa lecture met en valeur la tension dramatique et l’énergie rythmique de la partition de Bizet, tout en respectant la clarté et la richesse mélodique qui font la popularité de l’œuvre.
La distribution réunie pour cette reprise laisse présager un succès retentissant, comme l’a confirmé la répétition générale. Stéphanie d’Oustrac incarne Carmen du 7 février au 3 mars, aux côtés du ténor Russell Thomas en Don José. Amina Edris prête sa voix lumineuse à Micaëla, tandis que le baryton-basse Erwin Schrott campe un Escamillo charismatique.
Autour d’eux, une solide équipe complète la distribution : Florent Karrer (Le Dancaïre), Loïc Félix (Le Remendado), Vartan Gabrielian (Zuniga), Florent Mbia (Moralès), Margarita Polonskaya (Frasquita), Seray Pinar (Mercédès) et Michel B. Duperial (Lillas Pastia).
Portée par une œuvre universelle, une mise en scène devenue culte et une distribution de premier plan, cette reprise de Carmen s’annonce comme l’un des grands rendez-vous lyriques de la saison. Preuve de l’engouement, toutes les représentations affichent déjà quasi complet. Un succès annoncé.
Jean-Christophe Mary
Carmen de Georges Bizet à l’Opéra Bastille. Du 07 février au 19 mars 2026. 3h00 avec 1 entracte. Opéra en quatre actes. D’après Prosper Mérimée. Musique : Georges Bizet – (1838 – 1875).
- Livret : Henri Meilhac et Ludovic Halévy
- Direction musicale : Keri-Lynn Wilson
- Mise en scène : Calixto Bieito
- Responsable de la reprise : Yves Lenoir
- Décors : Alfons Flores
- Costumes : Mercè Paloma
- Lumières : Alberto Rodríguez Vega
- Cheffe des Chœurs : Ching-Lien Wu
- Cheffe de chœur de la Maîtrise : Marie-Noëlle Maerten
- Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris
Distribution :
- Stéphanie d’Oustrac Carmen (7 fév. > 3 mars)
- Victoria Karkacheva Carmen (7 > 19 mars)
- Russell Thomas : Don José (7 fév. > 3 mars)
- Jean‑François Borras Don José (7 > 19 mars)
- Micaëla : Amina Edris
- Escamillo : Erwin Schrott
- Le Dancaïre : Florent Karrer
- Le Remendado : Loïc Félix
- Zuniga : Vartan Gabrielian
- Moralès : Florent Mbia
- Frasquita : Margarita Polonskaya
- Mercédès : Seray Pinar
- Lillas Pastia : Michel B. Duperial
- Débuts à l’Opéra national de Paris
- Membre de la Troupe lyrique de l’Opéra national de Paris
- Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris
- Maîtrise de Radio France
- L’ensemble des décors et des costumes de la production a été développé par les ateliers de l’Opéra national de Paris.





