Stephan Eicher : « Poussière d’or » et de poésie à l’Olympia

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Stephan Eicher a ouvert jeudi 19 février à l’Olympia une série de trois concerts parisiens à l’occasion de la sortie de son nouvel album, "Poussière d’Or"(c) Jean-Chritophe Mary

Toutes les musique de We Culte. Jeudi 19 février 2026, Stephan Eicher ouvrait à l’Olympia une série de trois concerts parisiens à l’occasion de la sortie de son nouvel album,« Poussière d’Or ». Un premier soir placé sous le signe de l’élégance même et d’une poésie jamais démentie.

Stephan Eicher : « Poussière d’Or » n’est pas qu’un titre d’album mais bien la matière précieuse dont sont faits les grands soirs

Stephan Eicher sur la scène de l’Olympia à l’occasion de la sortie de nouvel album, « Poussière d’or »

Il est 21 heures tapantes lorsque le rideau noir s’ouvre sur un dispositif d’une grande sobriété : quelques chaises disposées en ligne, un plateau nu, et en fond de scène une toile représentant une forêt alpine au bord du Léman, prêtée par la comédienne et metteuse en scène Laetitia Dosch. Une scénographie simple et artisanale, à l’image de cette tournée centrée sur les toutes nouvelles chansons.

Cheveux grisonnants, silhouette longiligne et regard bleu perçant, Stephan Eicher s’avance, visiblement ému : « J’ai toujours un peu le trac quand je joue à l’Olympia. Ce soir, je vais faire quelque chose que je n’ai jamais fait,  je vais vous jouer le dernier album dans son intégralité. » Le ton est donné.

Dès les premières notes du titre éponyme, « Poussière d’or », la magie opère. D’emblée, la voix, intacte, souple et vibrante impose son timbre singulier et enveloppe la salle. Les morceaux du nouvel opus s’enchaînent avec fluidité : « Sauvage continent », « Je plains celui », « Toute la place », « On dit », « Au-dessus des blés », « Entre creux et bosses », « Fontaine »…



Entouré du réalisateur et complice de longue date Martin Gallop, aux claviers et programmations et de trois nouveaux musiciens, le chanteur déroule un set à dominante acoustique, teinté de folk et de blues.

Entre les titres, l’artiste distille anecdotes et traits d’humour. Il évoque les répétitions pour cette nouvelle tournée en montagne Suisse « devant des chiens et des renards » et se livre à un échange malicieusement absurde avec Martin Gallop qu’il taquine sur une douche promise au bord du lac Léman…, suscitant les rires de la salle.
 Sur « Au-dessus des blés », la guitare blues emplit l’Olympia d’une chaleur presque estivale.

Sur « Fontaine » la toile de fond se lève pour révéler l’envers du décor, avec flight-cases et techniciens à l’œuvre, comme pour montrer l’envers du décors.

Après avoir offert quelques titres de « Poussière d’Or », Stephan Eicher remonte le temps. « Pas d’ami (comme toi) » et « Combien de temps » réveillent les souvenirs, dans des versions plus rugueuses, presque bastringue. Assis dos à dos au piano avec Martin Gallop, il livre une poignante interprétation de « Prisonnière », tout en retenue.

Les surprises s’enchaînent : « Les filles du Limmatquai » dans une puissante version funky-rock, « Eisbär » – clin d’œil à Grauzone – puis l’incontournable « Déjeuner en paix » qui monte lentement en puissance avec une intensité maîtrisée face à une salle conquise.

En guise de « faux rappel », (il déteste les rappels !),il rend hommage à Mani Matter avec « Hemmige ». Le concert s’achève sur les deux derniers titres de l’album, « Bliib No Chli » et « Au secours », tandis que le fond de scène laisse apparaître les techniciens démontant déjà le décor.

À 22h30, la boucle est bouclée. Ce premier soir à l’Olympia a tenu toutes ses promesses. Pendant une heure et demie, Stephan Eicher aura offert un concert à la fois chaleureux, drôle et profondément poétique.

Si les deux prochaines dates sont du même acabit, elles devraient confirmer que « Poussière d’Or » n’est pas qu’un titre d’album mais bien la matière précieuse dont sont faits les grands soirs. Un grand merci à Tania Scemama chez Universal music france, Elise et manon chez Astérios !

Jean Christophe Mary

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Jean-Christophe Mary