« L’Enfant du Désert » : Hadara, l’enfant élevé par des autruches

l'enfant du désert
"L'Enfant du désert" : Seul dans le désert avec son ami le petit fennec, Hadara (Nahel Tran), élevé par des autruches, ne rate jamais un coucher de soleil (©Mai-Juin Productions/StudioCanal/Umedia Production).

Sortie cinéma/ L’Enfant du désert ». « Ne jamais travailler avec des enfants ou des animaux »: cette citation attribuée à l’acteur et humoriste américain W.C. Fields (1880-1946), le réalisateur Gilles de Maistre la contredit depuis une trentaine d’années. Dans son nouveau film L’ENFANT DU DÉSERT (ce mercredi 8 avril sur les écrans), il raconte l’histoire d’un gamin de 2 ans qui survit seul dans le Sahara, accueilli et élevé par des autruches après avoir lui-même apprivoisé un fennec.

« L’Enfant du désert » : Même s’il s’agit apparemment d’une légende populaire du Sahara occidental qui relève de la tradition orale, on a envie de croire à cette histoire d’enfant élevé par des autruches.

Tout commence par la publication par Sun, 14 ans, d’un livre inspiré d’une histoire que son grand-père lui racontait: celle d’Hadara, un enfant nomade perdu par sa famille à l’âge de 2 ans dans une tempête de sable dans le désert. L’enfant (Nahil Bouazzaoui) a été recueilli et protégé par des autruches, a fait ami-ami avec un petit fennec et a vécu ainsi jusqu’à ses 12 ans (Nahel Tran).

Puis son destin a changé, ce que ne raconte pas Sun dans son livre, car elle ignore la suite. Une suite que va lui révéler une ado de son âge, Kharouba (Moun Ghazali), qu’elle vient rencontrer dans un campement du Sahara à l’invitation d’une ONG. Une suite tout aussi étonnante que le récit des 12 premières années d’Hadara…

Tiré d’un livre

« L’Enfant du désert » est tiré du livre d’une journaliste suédoise, Monica Zak, HADARA L’ENFANT AUTRUCHE (Ed. Casbah, paru en français en 1999), un récit présenté comme une histoire vraie. « L’histoire d’Hadara date du début du XXe siècle. De nos jours, il n’aurait sûrement pas survécu car le désert est beaucoup plus sec. Il n’y a plus d’eau, plus de nourriture, plus d’animaux. Le Sahara a beaucoup été gagné par la sécheresse alors qu’il y a une centaine d’années, il y avait des oasis, des lions, des autruches… Le désert était beaucoup plus vivant », explique le réalisateur Gilles de Maistre.

Comme dans ses précédents films, c’est sa femme Prune qui a écrit le scénario. L’une de leurs six enfants, Neige, interprète le rôle de Sun (elle avait déjà fait une apparition dans un de ses précédents films à l’âge de 9 ans), et dans la seconde moitié du film Kev Adams apparaît, incarnant un personnage important pour la fin de l’histoire (la bande-annonce vend un peu la mèche, mais pas trop).

Des enfants et des animaux

Mais les interprètes les plus impressionnants sont, comme dans la plupart des films de Gilles de Maistre, les enfants et les animaux. Lions, loups, jaguars, pandas: ses films prennent régulièrement la défense des animaux souvent maltraités par les hommes, comme MIA ET LE LION BLANC (2018), LE LOUP ET LE LION (2021), LE DERNIER JAGUAR (2024) ou le récent MOON LE PANDA (2025).



Dans L’ENFANT DU DÉSERT, trois adorables gamins de 2, 6 et 12 ans jouent le rôle d’Hadara aux différents âges de sa vie, et pour les animaux « notre méthode est de ne pas faire de dressage mais de collaborer avec les animaux », dit-il. « On crée des liens entre eux et les acteurs. On fait appel à des personnes qui ont cette capacité de créer ces liens dans la vie ».

Tourné au Maroc

Le tournage de « L’Enfant du désert » a eu lieu au Maroc. Les autruches ont été sauvées auprès d’une ferme d’élevage marocaine et « dirigées » par Wendy Adriaens, une défenseuse des animaux flamande suivie par des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux. Quant aux fennecs (ils étaient deux à se succéder), issus d’une saisie des autorités marocaines, ils étaient détenus illégalement comme animaux de compagnie par des particuliers qui les avaient prélevés jeunes dans leur milieu naturel et habitués à la présence humaine.

Les animaux ont été confiés, après le tournage, au refuge La Perle aux Oiseaux, situé aux environs de Marrakech, seul refuge marocain dédié à la faune sauvage, explique Gilles de Maistre.

Enfant sauvage

Tarzan, Mowgli, Hadara: qu’il soit élevé par des singes, des loups ou des autruches, le film reprend le mythe de l’enfant sauvage, « un être libre, un humain non apprivoisé », comme le dit le personnage de Kev Adams.

« D’après une incroyable histoire vraie », clament l’affiche et la bande-annonce de « L’Enfant du désert ». Même s’il s’agit apparemment d’une légende populaire du Sahara occidental qui relève de la tradition orale sans preuves documentaires, on a envie d’y croire: des paysages grandioses, des levers et couchers de soleil dans le désert, des animaux et des enfants, et une belle histoire émouvante et humaine –voici le film familial idéal pour les vacances de Pâques.

Jean-Michel Comte

LA PHRASE : « Ici on a l’habitude de dire que les contes ne sont pas faits pour endormir les enfants mais pour réveiller les adultes » (Kharouba, à Sun).

  • L’Enfant Du Désert (France, 1h32). Réalisation: Gilles de Maistre. Avec Nahel Tran, Neige de Maistre, Kev Adams (Sortie 8 avril 2026)

cinégong logo
  • Retrouvez cette chronique ainsi que l’ensemble des sorties cinéma de Jean-Michel Comte sur le site Cinégong

TAGS

Image de Jean-Michel Comte

Jean-Michel Comte