Marilyn Monroe : la femme que Hollywood n’a jamais comprise

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Marilyn Monroe aurait cent ans cette année. La Cinémathèque française lui consacre une vaste rétrospective du 8 avril au 26 juillet 2026. Photo affiche de l'exposition.

Exposition/ Marilyn Monroe. Marilyn Monroe, la petite fille au corps de femme, aurait cent ans cette année. Elle les célèbre à Paris, dans ce temple du cinéma qu’est la Cinémathèque française, qui lui consacre une vaste rétrospective du 8 avril au 26 juillet 2026. Trente-deux longs métrages, des rencontres, des conférences : tout un programme pour redécouvrir celle qui, plus de soixante ans après sa disparition, continue de faire rêver.

NOTRE AVIS ★★★
Redécouvrir Marilyn Monroe autrement : non plus seulement l’icône blonde entrée dans la légende, mais la comédienne exigeante, formée à l’Actor’s Studio, capable de nuances, de failles et d’une intelligence de jeu insoupçonnée. Une rétrospective précieuse, autant pour les admirateurs de toujours que pour ceux qui pensent la connaître.

Marilyn Monroe : Trop sexy, pas assez sérieuse, confondue avec ses rôles : on lui reprocha tout ce qui faisait en réalité sa singularité.

La Cinémathèque française rend hommage à l’immense star du cinéma américain, en proposant une exposition intitulée «Célébrer la star, exposer l’actrice » et une programmation qui traversent toute sa carrière, de Les Reines du music-hall (1948) à Les Misfits (Les Désaxés) (1961). Trente-deux de ses films les plus marquants y sont mis en lumière.

Si ses rôles de jeune femme touchante, parfois naïve, ont fini par lui coller à la peau, Marilyn Monroe fut pourtant une actrice d’une grande finesse, capable de nuances dramatiques et d’une précision de jeu rarement reconnue à sa juste valeur. La programmation permet de (re)voir quelques perles : Eve (1950) aux côtés de Bette Davis, La Ville dort (1950), Les Hommes préfèrent les blondes (1953), La Rivière sans retour (1954) avec Robert Mitchum, Bus Stop (1956) ou encore Les Désaxés (1961).

Désireuse d’être prise au sérieux, Marilyn prit des cours de diction et de maintien auprès de Lee Strasberg, à l’Actor’s Studio, où se formaient James Dean, Marlon Brando, Paul Newman ou Montgomery Clift.

Elle y apprit à travailler ses silences, ses regards, ses hésitations apparentes. Sa fameuse voix enfantine, qu’elle modulait avec intelligence, devenait un outil dramatique.



Dans Sept ans de réflexion ou Certains l’aiment chaud, elle jouait à ne pas comprendre pourquoi un homme pouvait s’intéresser à elle — un jeu subtil, savamment construit, qui participa à la création de son personnage public.

Sa carrière, brève — à peine quinze années —, fut pourtant d’une densité remarquable.

En complément des projections, des conférences et rencontres sont proposées les 9, 11, 18 et 23 avril 2026.


Notre avis ★★★

Marilyn Monroe fut une grande actrice de son vivant. Elle devint un mythe après sa mort tragique. Érigée en icône absolue, elle fut aussi, paradoxalement, l’une des stars les plus mal jugées par la presse de son époque. Trop sexy, pas assez sérieuse, confondue avec ses rôles : on lui reprocha tout ce qui faisait en réalité sa singularité.

Elle avait pourtant une haute idée de son métier. Les plus grands réalisateurs voulurent la diriger : Mankiewicz, Howard Hawks, Fritz Lang, George Cukor, Otto Preminger, Billy Wilder, John Huston, jusqu’à Laurence Olivier. Tout ce que Hollywood comptait de talents souhaitait travailler avec elle.

Ce qui fascine encore aujourd’hui, au-delà de l’image glamour, c’est cette alliance rare entre fragilité apparente et volonté farouche.

Marilyn incarnait à la fois le rêve américain et sa part d’ombre : l’enfant abandonnée devenue star mondiale, la femme désirée cherchant à être reconnue pour son intelligence, la comédienne prisonnière d’un personnage qu’elle avait elle-même contribué à façonner. Elle symbolise l’innocence, le désir, la mélancolie, la lumière et la vulnérabilité dans un même regard.

Oui, Marilyn savait changer de personnage. Jamais tout à fait la même. Seul demeurait ce regard pervenche, à la fois candide et lucide, qui semblait tout comprendre. Elle savait exactement ce qu’elle faisait. Toujours.

Jane Hoffmann


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Jane Hoffmann