claire bretecher
Claire Bretécher (c) Rita Scaglia

Disparition. La dessinatrice de BD Claire Bretécher, autrice des “Frustrés” et d’“Agrippine” est morte à l’âge de 79 ans. Retour sur celle qui a tracé un chemin unique dans la bande dessinée.

On ne s’est jamais lassés de ses dessins. Chaque semaine, nous attendions avec impatience les tribulations en chambre d’Agrippine. Claire Bretécher nous a transmis sa vision personnelle du monde, vision toujours d’actualité. Ses personnages étaient moqueurs mais tellement vrais

dessin claire bretecherElle avouait avoir commencé à dessiner pour “échapper à l’ennui”. Née le 17 avril 1940 à Nantes, après des études aux Beaux-Arts, Claire Bretécher s’est sentie très vite attirée par la BD. Elle collabora dans les années 1960 avec la presse jeunesse franco-belge, Tintin, Spirou (où elle invente les “Gnan-Gnan”.). Puis, elle fera partie des pionniers de la BD adulte francophone en dessinant pour Pilote (où elle créa le personnage de “Cellulite”) et pour l’Echo des Savanes, quelle contribua à fonder avec ses amis Gotlib et Mandryka. Elle dessina également pour Le Sauvage premier mensuel écologiste où elle crée un cabot porté sur la chose “le Bolot”.

A partir de 1973, elle va publier des dessins pour l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur, qui se moquent gentiment des soixante-huitard et des bourgeois bohèmes à travers une série baptisée “Les Frustrés”, personnages qui s’expriment sur différents thèmes de la société : l’éducation, l’émancipation des femmes, la vie de couple, la politique etc…

agrippine claire bretecherDessinatrice de presse, elle se lance alors dans l’autoédition et publie en 1988 le premier volume des aventures d’Agrippine, mettant en scène une lycéenne en pleine crise d’adolescence. Dessinatrice au regard de sociologue – en 1976, Roland Barthes l’élira “sociologue de l’année” – elle croque l’univers des ados faussement rebelles aux questions existentielles, avant tout préoccupés de séduction et de paraître, face au jeunisme de leurs parents.

A quoi pensait Claire Bretécher quand elle dessinait des femmes pas très minces, pas très belles, dans lesquelles tout à coup se sont retrouvées presque toutes les femmes, surtout celles des villes ? A être au plus près de la vérité.

Bernard Pivot, sur le plateau d’Apostrophes, lui demanda pourquoi elle se moquait des féministes. Elle répondit “J’en avais marre du féminisme, c’est dogmatique et ennuyeux.”

Elle a reçu le Grand prix spécial du Festival de la B.D. d’Angoulême en 1982. claire bretecher“Personnalité aussi dérangeante qu’attachante, Claire Bretécher a tracé un chemin unique dans la bande dessinée” a affirmé son éditeur Dargaud “Son humour et sa liberté d’esprit étaient immenses, ils manqueront à tous ses lecteurs, ils nous manquent déjà”.

On ne s’est jamais lassés de ses dessins. Chaque semaine, nous attendions avec impatience les tribulations en chambre d’Agrippine. Claire Bretécher nous a transmis sa vision personnelle du monde, vision toujours d’actualité. Ses personnages étaient moqueurs mais tellement vrais.

Texte Jane Hoffmann

Lire: Festival d’Angoulême. Izneo croit au futur de la BD numérique

 

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