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Joan Baez

Livre. Joan Baez, icône de la non-violence, femme d’exception inspirante pour toute une génération de la contre-culture. Dans le dernier livre de Murielle Szac consacrée à la chanteuse qui n’a cessé de s’élever contre les injustices, une admiratrice croise sa route, sa vie en sera changée à jamais.

Joan Baez était une femme en devenir dès qu’elle éprouva l’injustice et les persécutions raciales et culturelles. Et en tant que femme, elle s’est exprimée, a chanté l’espoir et la noirceur, l’amour et les esprits emprisonnés. Libre jusqu’au bout

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Joan Baez. “Non à l’injustice” de Murielle Szac, 77 pages, Actes sud junior, 9 euros

La contestation. La musique. Autrui. L’injustice. La paix. Joan Baez a incarné avec courage, talent et détermination chacun de ces espaces politiques, existentiels et culturels. Dans son dernier livre “Joan Baez. Non à l’injustice”, Murielle Szac met en scène un dialogue imaginaire entre cette femme, devenue malgré elle une icône planétaire, mais dont les pieds quand elle chante de Washington en 1963 à Woodstock en 1969 restent ancrés dans le sol, et une admiratrice qui la suivra ou croisera sa route tout au long de sa vie.

Lutter. Résister

Très tôt, Joan découvre la pauvreté quand ses parents s’installent en Irak. Elle a dix ans. Au lycée, lors d’une alerte à la bombe atomique, elle refuse de quitter sa classe, elle est “cette dangereuse communiste qui a infiltré le lycée”. Elle a attiré l’attention de son père dont elle a hérité les idées pacifistes et sa droiture. Par l’enseignement de son mentor, Ira Sandperl, elle devient adepte de la non-violence. Un des chocs de son existence : la rencontre avec Martin Luther King, lors de la grande manifestation pour la paix à Washington. Il met des mots sur ce qui l’habite et ne la quittera jamais.

Transmission. Contre la guerre

La jeune femme qui marche dans ses pas apprend l’anglais et la guitare grâce à la chanteuse américaine et participe aux marches contre le nucléaire. Elle est plus qu’un modèle, une inspiratrice. L’auteure représente ce personnage comme la conscience collective universelle en lutte contre les discriminations. En 1972, Joan Baez est à Hanoï. Elle a peur, elle ressent “la terreur d’un animal traqué”. Douze jours en temps réel sous les bombes. Elle n’oublie pas la main d’un enfant mort au milieu des décombres, des gravats et des ruines. Objecteur de conscience, son mari est emprisonné pour avoir refusé de faire la guerre du Vietnam. Elle est de tous les combats, de tous les engagements, elle les vit dans son corps, c’est pour elle une survie et une nécessité : avec les mères de la place de Mai en Argentine, les réfugiés d’Asie du Sud-Est. A une journaliste qui lui demande si elle n’est pas là pour se faire de la publicité, elle répond : “Oui, je viens toujours à la frontière laotienne pour lancer mes albums. C’est un gros marché, surtout dans les camps.”

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Murielle Szac (c) Bruno Doucey

“On ne naît pas femme, on le devient”, écrivait Simone de Beauvoir. Joan Baez était une femme en devenir dès qu’elle éprouva l’injustice et les persécutions raciales et culturelles. Et en tant que femme, elle s’est exprimée, a chanté l’espoir et la noirceur, l’amour et les esprits emprisonnés. Libre jusqu’au bout.

Texte Virginie Gatti

Lire: Livre. Au coeur du monde et des mots de Paul Auster

 

 

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