Festival du roman noir/We Culte. La 22e édition du festival international Quais du Polar a connu le succès une fois encore. Près de 100 000 festivaliers et festivalières ont participé aux 250 évènements programmés pendant ces trois jours à Lyon. Un succès qui repose sur le travail d’une direction professionnelle très engagée mais aussi sur ses 450 bénévoles. Dans une période où le livre et la lecture connaissent de grandes difficultés on peut se réjouir des 400 000 euros de chiffre d’affaire réalisés par les librairies indépendantes présentes au Festival. Les rencontres avec les autrices et les auteurs ont souvent fait salle comble car c’était l’occasion d’écouter et de débattre avec les 132 autrices et auteurs invités, originaires de 21 nationalités.
Festival du roman noir Quais du Polar: Près de 100 000 festivaliers et festivalières ont participé aux 250 évènements programmés pendant ces trois jours à Lyon.

Faire cohabiter création et respect de la vérité.
Le Polar et les sciences
En prenant pour thème majeur la relation entre le polar et les sciences c’est aussi toute la problématique de la relation entre la fiction et la réalité qui était abordée dans les rencontres ou les visites organisées par le Festival.
La porte ouverte proposée par la direction nationale de la police scientifique dont le siège se trouve dans la banlieue lyonnaise est tous les ans un rendez-vous majeur du Festival. En effet c’est la seule ouverture qui est proposée par l’institution et les festivaliers des Quais du Polar en sont particulièrement friands. Dans les échanges avec les experts de cette direction se partage un désir d’apprendre et celui d’expliquer. Et ce sont souvent des souvenirs du visionnage de séries télévisées qui sont soumis à la compétence des experts en criminalté.
La présence de l’Intelligence Artificielle
L’IA est devenue un thème qui commence à trouver sa place dans la programmation et on peut s’attendre à la voir devenir très vite un sujet majeur dans la littérature policière.. Mais quand un livre, un film ou une BD peut nécessiter un délai de plusieurs années entre la conception de l’oeuvre et son accéssibilité par l’écrit et ou l’image, c’est une difficulté nouvelle qui se présente en particulier à ceux qui aime l’écriture dystopique : la réalité peut prendre la fiction de vitesse.
Les auteurs qui s’attaquent à l’IA comme à bien d’autres domaines touchant aux recherches scientifiques se veulent être parfois des lanceurs d’alertes. Celà demande de leur part un travail exploratoire de plus en plus exigeant. Car, on le voit bien aux Quais du Polar, il y a un public qui attend de la fiction une rigueur équivalente à celle que pratiquent les chercheurs dans leur laboratoires.
La politique en débat
Les Quais du Polar aborde très souvent la place de la politique dans la littérature policière. Lors des dernières éditions Jean-Louis Debré (1944-2025) aimait en débattre avec un recul et un humour délicieux. Un hommage lui a été rendu à juste titre et il gardera certainement une place très particulière dans les souvenirs des festivaliers. Jacques Attali était cette année la personnalité politique la plus célébre.
On a pu découvrir qu’il publiait cette année son troisième roman policier. Il aime à le faire dans une démarche prospective plutot que se plonger dans l’histoire. Il ne résistera pas toutefois à manifester son désaccord lors d’un échange avec le romancier Benjamin Dierstein qui diagnostiquait un échec politique de la Gauche au pouvoir dès l’année 1984.
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Cette nouvelle édition des Quais du Polar a donc connu le succès. Les statistiques l’ont confirmé. Mais les chiffres ne disent pas la qualité de l’ambiance qui règne pendant ces journées à Lyon, dans les salles du Festival comme dans les rues à l’occasion de la très populaire Grande Enquête.
Ce sont des festivaliers passionnés qui échangent entre eux ou avec les auteurs. Ils savent attendre longuement ces quelques secondes de rencontre avec les auteurs le temps d’une dédicace.
Quais du Polar, comme tous les salons littéraires, est un moment très rare où le lecteur sort de la longue relation intime et solitaire avec le livre pour partager sa passion avec d’autres lecteurs et passer un court moment en tête à tête avec les auteurs et autrices qu’il affectionne.
Ce sont toutes ces émotions partagées qui font de ces trois journées de Festival un des moments populaires les plus chaleureux qui puisse se vivre à Lyon tous les ans.
Yves Le Pape
Les lauréats et lauréates des principaux prix littéraires de la 22e édition
PRIX Le Point du polar européen
- Le Sang des collines de Scott Preston, traduction par Paul Mattieu – Albin Michel
PRIX DES LECTEURS Quais du Polar / Le Figaro
- On ne mange pas les cannibales de Stéphanie Artarit – Belfond
Mention étudiants en partenariat avec le Crous : Le Livre des prodiges de Olivier Ciechelski – Le Rouergue
Mention Polar derrière les murs : On ne mange pas les cannibales de Stéphanie Artarit – Belfond
PRIX POLAR ET JUSTICE Tribunal Judiciaire de Lyon / Libération
- La Collision de Paul Gasnier – Gallimard
PRIX BD POLAR Librairie Expérience / ICI France 3 Rhône-Alpes
- IRL de Mark Eacersall, Henri Scala et Jérôme Savoyen – Glénat
PRIX Quais du Polar des bibliothécaires de la Métropole de Lyon
- Nulle part où revenir de Henry Wise, traduction par Julie Sibony – Sonatine





