youn sun nah chanteuse de jazz
La chanteuse de jazz coréenne Youn Sun Nah

Musique/Archives. Dans l’album “Same Girl” paru en 2010, la chanteuse de jazz coréenne Youn Sun Nah reprenait le célèbre refrain “La chanson d’Hélène” qui illumine “Les Choses de la vie”, de Claude Sautet. Retour sur le parcours d’une artiste à la voix magnétique, qui construit son engagement musical comme un voyage onirique en explorant différents styles pour mieux multiplier les expériences et les aventures humaines.

Écoutons “La chanson d’Hélène” avec la voix magnétique de la chanteuse coréenne Youn Sun Nah. Il y a dans ses intonations vibrantes une belle représentation de l’absence, de l’amour perdu, du départ de l’être aimé, de l’impossibilité d’aimer 

youn sun nah chanteuse de jazz
Youn Sun Nah

Funeste mois de mai. Michel Piccoli est mort le 12 mai. Jean-Loup Dabbadie est mort le 24 mai. Le premier est l’architecte Pierre Bérad dans “Les Choses de la vie” (1970), réalisé par Claude Sautet. Le second a écrit la fameuse chanson finale du film reprise par Romy Schneider. Écoutons-là avec la voix magnétique de la Coréenne Youn Sun Nah dans  “Same Girl” – meilleur album de jazz 2010. Il y a dans ses intonations vibrantes une belle représentation de l’absence, de l’amour perdu, du départ de l’être aimé, de l’impossibilité d’aimer.

Elle se réapproprie dans des accents lents et langoureux, détaillant chaque syllabe, une histoire que finalement beaucoup aimerait ou aurait aimé vivre. “Ce soir, nous sommes septembre et j’ai fermé ma chambre/Le soleil n’y entrera plus,tu ne m’aimes plus/ Là-haut, un oiseau passe comme une dédicace.Dans le ciel/” Nous aimerons toujours Michel Piccoli, Jean-Loup Dabbadie, Romy Schneider. Ils appartiennent à notre mémoire collective.

Youn Sun Nah naît le 28 août 1969 à Séoul. Son nom trouve son origine dans la légende d’un roi coréen qui portait une couronne pourvue d’une pierre de jade. Afin de ne pas entendre les mauvais conseils de ses serviteurs, il glissait la pierre dans son oreille. Sun fait référence à cette légende, auquel est rattaché Youn qui signifie jade en coréen. Dès son apparition sur la scène musicale, elle prouve qu’elle possède l’étoffe et l’envergure des femmes au talent rare et assuré, et la faculté de jeter des ponts entre l’Europe et l’Asie, entre jazz, pop et chanson, maîtrise technique et liberté d’expression artistique, minimalisme et exubérance. Elle construit son engagement musical comme un voyage en explorant différents styles pour mieux multiplier les expériences et les aventures humaines.

“My Favorite Things” ouvre l’album. Signée Oscar Hammerstein II et Richard Rodgers, cette chanson symbolise le grand répertoire américain, mais elle revêt ici des atours inédits. Youn Sun Nah l’interprète en solo en s’accompagnant à la kalimba qui résonne comme des gouttes de pluie.

Onze titres, onze interprétations fascinantes, devenues lancinantes et obsédantes pour l’oreille et l’esprit. Sa voix précieuse car singulière et immédiatement reconnaissable une fois entendue confère une indéniable unité au large éventail de sa curiosité et de ses goûts musicaux. Si le genre diffère, c’est la même personne qu’on écoute. Une délicate caméléon dont la voix cristalline ou murmurée, transparente ou rocailleuse, aiguë ou enlevée ne cesse d’émerveiller.

Texte Virginie Gatti

  • Album “Same Girl”, Youn Sun Nah, HUB Music, 2010- 19,48 euros.

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