Sortie cinéma. C’est un biopic basé sur l’histoire vraie d’une femme peu connue en France mais qui fut, dans les années 90 aux États-Unis, une pionnière de la boxe: le film CHRISTY (mercredi 4 mars sur les écrans) raconte la vie de Christy Martin, dont les combats dans la vie privée furent plus éprouvants que ceux disputés sur les rings.
Christy : le film donne autant d’importance à l’histoire de Christy Martin hors du ring et à sa résilience, son courage et sa lutte pour reprendre le contrôle de sa vie qu’aux combats de boxe eux-mêmes.
Christy (Sydney Sweeney) vit dans sa petite ville natale de Virginie-Occidentale et a toutes les peines du monde à faire accepter son homosexualité à son père, soudeur dans une mine de charbon, et à sa mère, femme au foyer. Au lycée elle joue au basket mais c’est en gagnant, pour rigoler, un tournoi local de boxe amateur qu’elle se fait remarquer.
On est en 1989, elle a 21 ans, et on lui présente un entraîneur de boxe professionnel, Jim Martin (Ben Foster). C’est « un connard », pense-t-elle à la première rencontre, car il la traite de haut et ne croit pas en elle.
La meilleure boxeuse du monde
Mais il va vite changer d’avis après l’avoir vu boxer, et décide de s’occuper de sa carrière. « Je ferai peut-être de toi la meilleure boxeuse au monde », lui dit-il. Il le fera: elle enchaîne les victoires au fil des mois et est présentée au célèbre organisateur de combats Don King (Chad L. Coleman), qui la rend célèbre en la faisant boxer avant un combat de Mike Tyson en 1996 à Las Vegas.
Christy devient la première boxeuse à passer à la télé et à faire la couverture de Sports Illustrated, pour le grand public elle est « la fille du mineur », qui boxe vêtue de rose et emporte tout sur son passage. Mais sa vie privée est moins rose: son mariage avec Jim Martin (il a 25 ans de plus qu’elle) va se transformer peu à peu en relation toxique, dangereuse, bientôt une question de vie ou de mort…
Question de survie
« Au fond, cette histoire parle de survie, non seulement sur le ring, mais dans le quotidien. Il s’attarde sur le prix à payer pour acquérir de la force, et il nous dit que, parfois, le combat le plus difficile à mener n’est pas contre son adversaire, mais contre celui ou celle censé(e) vous aimer. Il raconte comment on parvient à reconquérir sa force et son identité quand celle-ci vous a été confisquée », dit le réalisateur australien David Michôd, 53 ans, dont c’est le cinquième film depuis ANIMAL KINGDOM en 2010.
Dans une réalisation assez classique, avec sa dose de suspense en fin de film, il donne autant d’importance à l’histoire de Christy Martin hors du ring et à sa résilience, son courage et sa lutte pour reprendre le contrôle de sa vie qu’aux combats de boxe eux-mêmes, nombreux et plutôt bien filmés.
Sydney Sweeney coproductrice
Pour ceux-ci, on admire le travail de préparation et l’engagement de l’actrice Sydney Sweeney, rendue célèbre ces dernières années par les séries EUPHORIA et THE WHITE LOTUS et par les films TOUT SAUF TOI, IMMACULÉE et récemment LA FEMME DE MÉNAGE. Coproductrice du film –qui a été un gros échec à sa sortie aux États-Unis en novembre dernier–, elle n’a pas hésité à se défaire de son image d’actrice sexy pour jouer, dans une transformation assez bluffante, les boxeuses musclées et dures au mal.
Et, comme elle le déclarait dans une interview au site Deadline, elle est fière, en incarnant cette Christy Martin hors du commun (ici la vraie en 1996), d’avoir contribué à défendre et à illustrer la capacité des femmes à assumer leur sexualité, à résister aux violences masculines, et à prendre leur vie en main: « C’est un modèle incroyable, alors pouvoir faire connaître son histoire à un public plus large et, je l’espère, sauver des vies grâce à cela, a été le plus beau cadeau que j’aurais pu recevoir ».
Jean-Michel Comte
LA PHRASE : « Si tu pars, je te tue » (Jim Martin, à sa femme Christy, vers la fin du film). « Fais ce que tu veux » (lui répond-elle).
- Christy (États-Unis, 2h15). Réalisation: David Michôd. Avec Sydney Sweeney, Ben Foster, Merritt Wever (Sortie 4 mars 2026).

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