film jeune juliette
CINÉMA. “Jeune Juliette”. En toute légèreté, avec humour et tendresse, ce portrait d’une ado québécoise nous parle d’identité, de différence, et d’acceptation de soi.

Alexane Jamieson fait si bien vivre cette “Jeune Juliette” que l’on peut se demander si le rôle n’a pas été pensé pour elle. À travers sa différence, sa spécificité, elle cristallise bien des questions universelles

Dans son lycée du Québec, Juliette déborde un peu des canons de beauté dominants. Mais cela contribue à aiguiser sa sensibilité, sa lucidité, à faire d’elle une petite créature ultra-attachante. Anne Émond, la réalisatrice, nous propose de la suivre pendant l’été de ses 14 ans, fatalement délicat. Flanquée de sa meilleure amie (Léane), et d’un petit surdoué vaguement Asperger (Arnaud), elle va se défaire de quelques illusions, et de quelques “attractions désastres” – pour citer Daho.
Alexane Jamieson fait si bien vivre cette “Jeune Juliette” que l’on peut se demander si le rôle n’a pas été pensé pour elle. J’ai cru en elle, en sa famille gentiment bancale, en son bellâtre adoré, en ces décors de l’Amérique ordinaire : suburbs tranquilles, marchand de glaces, tee-shirts colorés, radio du lycée… Tout y est, dans cette douceur estompée des étés de banlieue, qui hésitent au bord du bleu.

À travers sa différence, sa spécificité, Juliette cristallise bien des questions universelles, sur l’image de soi, la place dans le groupe, la quête d’affection, et la façon dont on s’y prend pour trouver cette affection. Que faire de ce que la vie nous donne ? Que faire de ce corps, de cet esprit, de ces mots ? Impossible de tout changer. Il faudra faire avec. Nous sommes tous des petites ados rouquines en surpoids !

“Jeune Juliette” de Anne Émond, avec Alexane Jamieson, Léanne Désilets, Gabriel Beaudet. 1h37.

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