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  • Entretien avec Luc Barruet, directeur de Solidarité Sida et organisateur de Solidays par Victor Hache 

Suprême NTM, Angèle, Lomepal, The Blaze… 80 concerts contre le Sida auront lieu à l’Hippodrome de Longchamp de vendredi à dimanche lors de la 21ème édition du festival Solidays, où sera lancée une grande campagne pour l’accès au traitement “Médicaments pour tous”.

Donner du sens à la fête et des couleurs à la solidarité. Telle est la philosophie de Solidays, festival mêlant musique et humanitaire, qui n’a jamais cessé de sensibiliser le public à la lutte contre le Sida. 80 concerts auront lieu ce week-end sur les 9 scènes de l’Hippodrome de Longchamp à Paris lors de la 21ème édition, où se produiront notamment Angèle, Suprême NTM, Lomepal, The Blaze, Parov Stelar, Dadju ou encore Die Antwoord. Une immense fête de la musique où se conjugueront générosité, lancement d’une grande campagne  “Médicaments pour tous”  pour l’accès au traitement des personnes atteintes du Sida, conférences, débats en compagnie d’une centaine d’associations présentes et envie de réenchanter le monde. Rencontre avec Luc Barruet, directeur fondateur de Solidarité Sida et organisateur de Solidays, où l’on attend plus de 200 000 personnes.

Luc Barruet: “A Solidarité Sida, on est des utopistes pragmatiques. Nous défendons l’idée qu’un autre monde est possible et que nous en sommes tous les acteurs au quotidien”

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Luc Barruet, directeur fondateur de Solidarité Sida et organisateur de Solidays

Au moment où s’ouvre la 21ème édition de Solidays, quel progrès, selon-vous, reste-t-il à faire pour lutter contre le Sida ?

Luc Barruet:  Il y a beaucoup de progrès qui ont été réalisés, notamment dans les problématiques d’accès au traitement. Si on regarde les estimations, on voit qu’il y a entre 50 à 60% des malades qui en ont besoin, qui ont accès au traitement, alors qu’on était à  15% il y a 10-12 ans. C’est une très bonne nouvelle. Mais cela signifie qu’il y a encore 16 millions de personnes qui sont en attente de traitement et qui n’en ont pas. Les pays du monde se sont donnés pour objectif d’éradiquer le Sida pour 2030, au rythme où on est, cela ne va pas être atteint. C’est pourquoi nous essayons de mobiliser les gens pendant qu’il est encore possible d’inverser la tendance. On a 11 ans pour faire en sorte que l’accès soit universel pour épargner des millions de vies

Pourriez-vous nous en dire plus sur la campagne pour l’accès aux médicaments qui sera lancée par Solidarité Sida ce week-end ?

Luc Barruet : Nous avons baptisé cette campagne “Médicaments pour tous”. Tous les trois ans, les pays contributeurs du Fonds mondial “Sida, tuberculose, paludisme ” qui a été créé en 2002 à l’initiative de la France, redisent ce qu’ils vont attribuer. Cette année, pour la première fois, la conférence aura lieu en France, le 10 octobre à  Lyon. La France est en première ligne de la mobilisation internationale. Cette campagne vise à la fois à appuyer le travail diplomatique vers l’international, à mobiliser toute la société civile et les associations des différents pays contributeurs. Elle vise également à sensibiliser l’opinion publique et les médias sur le Fonds mondial, la performance de l’outil, à quoi ça sert et comment ça marche et pourquoi l’accès mondial au traitement, qui est le meilleur moyen pour casser la propagation du Sida, est un enjeu important.

C’est presque un combat sans fin. La jeunesse est-elle toujours autant mobilisée et sensible à la lutte contre la maladie ?

Luc Barruet : C’est une réalité que le Sida est là depuis 30-35 ans. Pour un jeune de 15 ans en 2019, il est assez normal qu’il n’ait pas la même sensibilité au Sida qu’un jeune des années 1990 ou 2000. Nous le savons. Par contre, il nous semble important de lui raconter une histoire autour de la santé sexuelle, de la réduction des risques, de l’entraide, pour qu’à un moment, il se sente concerné dans son intimité et dans son rapport aux autres. Et qu’il mesure bien que ce qui se passe en Afrique, en Asie sur les problématiques du Sida, nous concerne aussi et que le fait de réduire les grandes pandémies à l’international nous est aussi profitable en France.

Le slogan de cette année “Free your mind”, c’est un appel à  réveiller les consciences ?

Luc Barruet : Quand on écoute les médias aujourd’hui, que l’on regarde le monde tel qu’il nous est montré au travers de la télévision, tout ça est peu morose. On a l’impression que les choses ne vont bien nulle part, que l’on se fait déborder par les extrêmes et les populismes de part et d’autres. Et que les valeurs de solidarité et d’entraide n’ont plus cours. Le message de “Free your mind”, c’est ouvrons nos esprits, dépassons toutes ces choses qu’on nous met dans la tête, qui font que la vie nous paraît beaucoup moins drôle et plus triste, avec des perspectives peu réjouissantes. A Solidarité Sida, on est des utopistes pragmatiques. Nous défendons l’idée qu’un autre monde est possible et que nous en sommes tous les acteurs au quotidien. “Free your mind “, c’est dire “continuons d’être des ambassadeurs de la bienveillance, de l’empathie, de l’entraide et de l’enthousiasme”. C’est en étant comme cela qu’on pourra faire en sorte que l’on retrouve un champ des communs.

Parlez-nous du Social Club. C’est quoi, un espace d’échanges avec des personnalités inspirantes ?

Luc Barruet : C’est un lieu d’échanges avec des débats où on parle de lutte contre le Sida, des violences faites aux femmes, de l’environnement… Que des youtubeurs, qui, plutôt que de faire du Lifestyle, sortent de leur communauté et viennent faire de l’éducation, du décryptage et raconter un monde, c’est avoir une conscience et la mettre au profit des autres. Je trouve ça bien. Eric Toledano et Olivier Nakache (réalisateurs) vont venir nous expliquer pourquoi ils ont choisi de faire un film sur l’autisme, sur le handicap. Yann Arthus-Bertrand et sa collaboratrice Anastasia Mikova, vont nous parler du travail qu’ils ont réalisé en recueillant le témoignage de femmes à travers le monde. Il y aura également Pierre Foldes, cofondateur de l’association Women Safe, qui a inventé la chirurgie réparatrice pour la reconstruction des femmes. Il viendra partager son expérience et nous raconter qu’il en a fait le combat de sa vie. C’est ça aussi Solidays.

Solidays, c’est aussi une immense fête de la musique. 80 concerts vont avoir lieu contre le Sida. Quels seront les artistes à ne pas manquer ?

solidays affiche 2019Luc Barruet : Je suis ravi que NTM fasse la clôture dimanche. Ils étaient venus pour les dix ans de Solidays faire deux chansons. L’année d’après, ils étaient programmés mais ils n’ont pas pu venir parce que Joey Starr avait des problèmes avec la justice. Ils seront enfin là ! Mais il faudra aller voir les découvertes et les pépites qu’il y a sur les petites scènes. J’ai des coups de cœur pour Bongeziwe Mabandla, un artiste sud-africain absolument génial,  Samm Henshaw, Adam Nass, Koffee, une jeune artiste jamaïcaine de 18 ans. Solidays a un côté défricheur de talents, il faut aller chiner sous les chapiteaux pour aller découvrir ces artistes. Et évidemment, il y aura Angele, Lomepal, Parov Stelar et The Blaze, que tout le monde attend. Ça va être des grands moments !

Lire également: Festival. Carol Meyer : “Art Rock avait besoin d’un nouveau souffle” : https://www.weculte.com/featured/festival-carol-meyer-art-rock-avait-besoin-dun-nouveau-souffle/

 

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