carol meyer directrice du festival art rock
Carol Meyer, directrice d'Art Rock: "Nous souhaitons rester fidèles à l’identité d’Art Rock, la découverte, le soutien des talents locaux, la pluridisciplinarité qui fondent le festival" - Photo Gwendal Le Flem

Les 7,8,9 juin, la 36ème édition du festival pluridisciplinaire breton Art Rock va faire vibrer Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) au travers d’une programmation foisonnante. Au programme 55 concerts, découvertes de talents émergents, créations inédites, arts de rue, expositions et têtes d’affiches qui se produiront sur la grande scène, parmi lesquels les groupes de rock anglais The Good, The Bad & The Queen et écossais Primal Scream, Charlotte Gainsbourg, Jeanne Added, Angèle ou encore Homepal. Rencontre avec Carol Meyer, nouvelle directrice d’Art Rock, une des rares femmes aux commandes d’un festival.

Art Rock va faire vibrer Saint-Brieuc (Côtes d’Armor – 22) ce week-end (7,8,9 juin) où sont attendues près de 75 000 personnes. Organisé par l’association Wild Rose, le festival pluridisciplinaire breton continue depuis ses débuts en 1983, de créer des passerelles entre les genres artistiques. Musique, danse, arts plastiques, numériques, théâtre de rue, expositions, gastronomie … la 36ème édition d’Art Rock, promet le meilleur grâce à une programmation foisonnante où se produiront notamment le groupe de rock anglais The Good, The Bad & The Queen, le mythique groupe de rock écossais Primal Sream, Charlotte Gainsbourg , Jeanne Added, Charlie Winston, Kerry James, les deux superstars de la scène francophone la chanteuse belge Angèle et le rappeur Homepal ou encore Delgres et son blues créole.

Vous avez été nommée directrice du festival Art Rock en juin 2018. Dans quel état d’esprit êtes-vous au moment où s’ouvre la 36ème édition ?

Carol Meyer : Il faut savoir que j’étais déjà là avant. J’étais administratrice du festival et responsable de la production pendant trois éditions. Je connais le terrain, le festival, les équipes. Il y a une pression différente parce qu’on est quelque part seule à la barre. Je sais que je peux compter sur des équipes qui connaissent le travail, qui sont habituées. Donc, j’aborde les choses sereinement d’autant qu’on s’est bien préparés.

Comment comptez-vous faire évoluer le festival qui a été dirigé pendant 35 ans par Jean-Michel Boinet, son fondateur ?

Carol Meyer : On a changé quelques éléments dans la programmation, dans les engagements ou plus prosaïquement dans le décor ou la manière d’accueillir le public. Par contre, on souhaite vraiment rester fidèles à l’ADN du festival. Le projet artistique de base ne changera pas, parce que je pense que c’est vraiment unique d’avoir un événement urbain niché en plein cœur d’un centre-ville. C’est très rare et ce qui fait que le festival se démarque et a su durer. L’évolution a lieu plutôt sur tout ce qui est engagement, travail sur l’action culturelle, l’éducation artistique, le développement durable, l’amélioration de l’accessibilité aux personnes en situation de handicap. C’est un état d’esprit davantage engagé. Mais nous souhaitons rester fidèles à l’identité d’Art Rock, la découverte, le soutien des talents locaux, la pluridisciplinarité qui fondent le festival.

Diriez-vous qu’Art Rock avait besoin d’un vent nouveau ?

Carol Meyer : Oui, c’est sûr, même si le festival a évolué et grandi au cours de ces 36 ans. Il y avait besoin d’un renouveau, d’un nouveau souffle et d’une nouvelle énergie. Comme il faudra de nouveau évoluer et changer d’énergie dans quelques années. C’est un événement. On ne peut pas rester statique pendant 10, 15, 20 ans. Il faut toujours  innover et surprendre le public.

Construire des passerelles entre les domaines artistiques en donnant accès à la culture pour tous, c’est cela la philosophie du festival ?

Carol Meyer : Cela a toujours été le crédo du festival, d’où son nom Art Rock. Ce n’est pas qu’une programmation de musique rock. C’est dire que tout peut être « art rock ». La création contemporaine, l’art numérique bousculent les codes. L’idée, c’est effectivement des passerelles. Par exemple, on a cette année au Grand Théâtre un chorégraphe Alban Richard, le directeur du CCN de Caen, qui a créé un spectacle avec Arnaud Rebotini, créateur de musique électronique reconnu qui a obtenu un César pour la BO du film « 120 battements par minute ». Là, c’est vraiment la rencontre de la danse contemporaine et de la musique actuelle. Le lendemain, on a un musicien de jazz qui propose un ciné-concert, à travers un mélange de visuels et de musique. Au musée de Saint-Brieuc, on trouve de l’art numérique avec notamment deux installations autour du son. L’idée c’est de créer des ponts et de montrer que les différents médiums artistiques se répondent. Et que si les artistes s’expriment différemment, parfois le fond, leur idée, leur langage de départ est similaire.

Cela demande d’être audacieux  et de savoir prendre des risques …

Carol Meyer : Nous revendiquons cela aussi. Quand on a ce type de programmation où on a une exposition d’art contemporain qui dure 15 jours, des concerts avec des groupes émergents qui ont été peu vus, c’est de fait être audacieux et innover parce qu’on ne retrouve pas cela ailleurs. Cette année, on programme la première  française d’«Invasion », un spectacle d’art de rue gratuit de la compagnie hollandaise Close-Act. Au musée, on a deux artistes japonais, Yasuaki Kakehi et Hiroshi Sugihara qui exposent pour la première fois en France. Et l’artiste portugais Bordalo Segundo, qui a fait une super expo à Paris en Novembre et qui expose à Saint-Brieuc pour la deuxième fois en France. Cela montre qu’ici aussi, dans cette ville qui ne fait pas partie des principales métropoles françaises, on peut avoir le meilleur de la création artistique contemporaine, des choses qu’on ne voit pas ailleurs.

Pourriez-vous nous parler d’”Animals”, la thématique de cette année ?

Carol Meyer : C’est le thème des animaux, des animalités qui se décline au travers de notre programmation,  dans les expositions… Bordalo Segundo créé par exemple des sculptures d’animaux à partie de déchets qu’il récupère. On retrouve ce thème dans la déambulation qui a lieu le dimanche avec des animaux géants de 5X5M fantastiques, voire préhistoriques, qui vont envahir les rues de la ville. Le spectacle de Danse d’Alban Richard et d’Arnaud Rebotini, c’est aussi une exploration du côté animal politique de l’homme. Thomas de Pourquery  à travers son ciné concert nous fera voyager parmi les zombies ou les musiciens eux-mêmes jouent des zombies. On retrouve ce thème des Animals dans de nombreuses propositions d’art vivant.

Il y aura également Rock’n toques

Carol Meyer : C’est la 12ème édition. Il y a toujours une vingtaine de chefs, pâtissiers, cavistes, dont plusieurs étoilés. Cette année, il y a un plat vietnamien qui sera réalisé à quatre mains avec un chef basé à Saint-Brieuc, Nicolas Adam et le chanteur Charlie Winston. Pendant trois jours, on pourra ainsi déguster des plats gastronomiques à petits prix (8 euros). L’idée c’est de montrer que la street food peut aussi être gastronomique, équilibrée et de mettre en valeur l’excellence de notre savoir-faire local. Le tout à des prix abordables.

Festival Art Rock les 7,8,9 juin à Saint-Brieuc (22). Infos : https://www.artrock.org/

 

 

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