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Quentin Tarantino, cinéaste : "Les films sont ma religion, Dieu est mon mécène."

Télé. Après son film “Les 8 salopards”, Arte diffuse ce soir “QT8: Tarantino en 8 films”, portrait du cinéaste surnommé “le bad boy d’Hollywood”, réalisateur iconoclaste ultra créatif. Un documentaire passionnant de Tara Wood, qui nous plonge dans trois décennies de l’œuvre du réalisateur américain adulé et controversé, dont le style électrique a fortement influencé l’histoire du cinéma contemporain. Ce dimanche 7 juin sur Arte – 20:55

En trente ans Tarantino a revisité tout le cinéma. Iconoclaste et enthousiaste, adulé et controversé, le réalisateur a toujours été ultra créatif, se souciant peu du politiquement correct, qui aujourd’hui oblige le cinéma occidental à faire pâle figure

Les cinéastes ne sont pas nombreux à avoir rêvé le cinéma comme Quentin Tarantino.Orson Wells, pour qui un film était d’abord une question de mouvement, se remémorait avant chaque tournage l’image des roues de la diligence lancée à toute vitesse dans “Stage Coach” de John Ford. Tarantino lui a revisité tout le cinéma. “Les films sont ma religion et Dieu, mon mécène» aime répéter le réalisateur américain pour qui le jeu des acteurs mais aussi le montage des images ou encore l’utilisation des accessoires, participent du rythme et de l’atmosphère d’un long métrage. L’excessif des scènes dans lesquelles ses personnages sont tués en costumes noirs-chemises blanches (“Réservoir Dogs”), les perruques (“Pulp Fiction”), l’uniforme bleu azur et les talons aiguilles de l’hôtesse de l’air (Jackie Brown) jusqu’à “Kill Bill” et son héroïne en combinaison jaune canari… tout, jusqu’au moindre détail régit l’univers fictionnel de Tarantino, lequel n’hésite pas à recourir à la violence et aux images spectaculaires, comme pour mieux nous faire oublier ce qui l’a inspiré, à quel film il s’est référé.

quentin tarantinoLe passionnant documentaire de Tara Wood, “QT8: Tarantino en 8 films” diffusé ce soir sur Arte après son film “Les 8 salopards”, nous plonge ainsi dans trois décennies d’une œuvre qui a fortement influencé l’histoire du cinéma contemporain. Le cinéaste star a toujours réussi à explorer le meilleur de ses souvenirs de cinéphile, à tout assembler au travers d’une filmographie cohérente, subtile, ingénieuse. Un regard personnel inventif dont témoignent avec admiration les différents  intervenants du documentaire –  Michael Madsen, Samuel L. Jackson, Jennifer Jason Leigh ou encore Christoph Waltz…– tous unanimes pour dire que Tarantino n’a pas son pareil pour instaurer sur le plateau de tournage une ambiance à la fois foutraque et dirigiste mais également joyeuse. Les acteurs qui ont eu la chance de jouer dans ses films, que le réalisateur n’hésitait pas à réemployer, ont vieilli. Mais quand ils tournaient avec lui, ils se dépassaient et avaient quelque chose en plus qui émanaient d’eux. Souples  dans leurs corps comme s’ils jouaient sur la pointe des pieds, mais l’arme à la main…

On doit à Tarantino le scénario de “True Romance” mais, faute de moyens financiers, ne pouvant faire le film, c’est finalement Tony Scott qui le réalisa (1991). La légende commence alors avec “Reservoir Dogs” présenté au Festival de Cannes en 1993, où la critique l’encense. Il n’a pas trente ans. Vient ensuite le mythique “Pulp Fiction”, qui lui vaudra la Palme d’Or en 1994 et le succès critique et populaire. Suivront “Jackie Brown”, “Kill Bill”, “Boulevard de la mort”,“Inglorius Basted”, “Les 8 Salopards”, “Django unchained” un western soutenu par la musique de Ennio Morricone… Jusqu’au très brillant “Once Upon a Time in Hollywood” (sa neuvième réalisation), qui reçoit à Cannes en 2019 un accueil mitigé de la part des critiques. En cause l’affaire Weinstein, lequel a produit ses films pendant 25 ans. Il fut le premier – avec son frère et les Studios Miramax – à croire en celui qui écrivait des histoires dérangeantes, gore. A la suite des accusations de harcèlement et de viols de Weinstein, le réalisateur, profondément choqué, a rompu avec le producteur et décidé d’un autre studio de production.

On a souvent réduit ses films à de la simple provocation. En fait, il a laissé libre cours à son imagination a long de son parcours électrique, faisant appel à des comédiens parfois dans l’ombre, qu’il a remis dans la lumière, à l’image de John Travolta, Tim Roth, Robert Forster, Michael Madsen, Uma Thurman ou encore Jennifer Jason Leigh. Jamie Foxx, son Django, a dit de lui, à raison, qu’il transformait “les inconnus en stars et les stars en légendes”. Iconoclaste et enthousiaste, adulé et controversé, le réalisateur a toujours été ultra créatif, se souciant peu du politiquement correct, qui aujourd’hui oblige le cinéma occidental à faire pâle figure. Hélas pour nous, Quentin Tarantino a laissé entendre qu’il arrêterait le cinéma après son 10ème film pour se consacrer à l’écriture (romans, pièces de théâtre, livres sur le cinéma). Demain, quel cinéaste saura s’inspirer du style Tarantino ?

Texte de Jane Hoffmann

  • “QT8 : Tarantino en 8 films” de Tara Wood sur Arte le 7 juin – 20 :55. Disponible en replay sur Arte.tv jusqu’au 11 juin.

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