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Raphaël Enthoven. Photo Hannah Assouline/ Editions de l'Observatoire

Livre. Le philosophe médiatique Raphaël Enthoven publie son premier roman. Il signe, référence à Marcel Proust, “Le Temps gagné”. Une autofiction remarquable au parfum de scandale  en cette rentrée littéraire d’été 2020.

le temps retrouvé raphael enthovenTenant (avec bonheur) l’autofiction, Raphaël Enthoven déroule sa comédie humaine. Avec “Le Temps gagné”, il signe une entrée en littérature aussi remarquée que remarquable !

  A chaque rentrée littéraire, son scandale- plus ou moins ample, plus ou moins improbable, voire anecdotique. En cet été 2020, on n’échappe pas à la règle, et c’est le philosophe Raphaël Enthoven, 45 ans, que l’on voit aussi à la télé et qu’on entend à la radio, qui en est l’initiateur. Avec son premier roman joliment titré “Le Temps gagné” (référence évidente à “А̀ la recherche du temps perdu”, le chef-d’œuvre de Marcel Proust à qui il a consacré, avec son père Jean-Paul Enthoven, un remarquable “Dictionnaire amoureux”).

Avant même sa sortie en librairies, le livre a provoqué rumeurs et craintes, et l’auteur confie que sa mère l’a lu, l’a beaucoup aimé mais il ne sait pas si son père l’a eu entre les mains et l’a parcouru, à défaut de le lire. C’est la panique à Saint-Germain-des-Prés, ce quartier où, un temps, se faisaient et défaisaient les gloires et réputations littéraires. La panique aussi au-delà du périphérique avec des articles dans la presse française- et même italienne !

“Le Temps gagné”, sous la plume de Raphaël Enthoven, c’est la version littéraire de “règlements de comptes à Saint-Germain-des-Prés”, la version écriture d’un sacré rififi germanopratin. D’entrée, l’auteur prévient : “Cette histoire est entièrement imaginée puisque je l’ai vécue d’un bout à l’autre”. Tenant (avec bonheur) l’autofiction- un genre inventé par Serge Doubrovsky (1928- 2017), magnifié par Annie Ernaux, pratiqués en stakhanovistes de la plume par Christine Angot, Yann Moix ou encore Frédéric Beigbeder, il déroule sa comédie humaine.

Enfant, il était battu à coup de gifles par son beau-père (un psy parisien réputé) devant une mère (journaliste de gauche) qui avait la main leste mais surtout pour jouer du piano. Il passait du temps chez son père (écrivain et éditeur) pas riche mais qui vivait comme s’il l’était : Mon propre père (chez qui je renouais avec le pur plaisir d’exister, quoique j’y fusse en butte à des adversités plus sournoises) était trop occupé à regretter la vie qu’il avait pour se soucier de la mienne au point d’en venir aux mains avec un géant. Il faut comprendre. Un jour, j’ai retrouvé dans un tiroir une lettre à papier bleu où il menace Isidore (“Je vous tuerai”) au cas où il poserait de nouveau ses mains sur moi. Il ne l’avait pas envoyée. C’est l’intention qui compte. Et puis le rôle de mon père n’était pas de me défendre. Chacun sa merde. Son rôle “était d’incarner à mes yeux la possibilité d’une île…”

Il s’est marié avec la fille d’un “nouveau philosophe”, laquelle écrira sa version de leur vie (Justine Lévy : “Rien de grave”), il sera convoqué par son beau-père pour répondre de son infidélité, il aura un enfant avec sa maîtresse mannequin-chanteuse devenue sa compagne- dans le livre, elle est devenue championne de tennis ! Au hasard des pages, on croise aussi quelques personnalités du PIF, ce fameux “paysage intellectuel français”, tels les philosophes Michel Onfray et Luc FerryAvec “Le Temps gagné”, Raphaël Enthoven signe une entrée en littérature aussi remarquée que remarquable !

Serge Bressan

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Raphaël Enthoven

L’Auteur Raphaël Enthoven

Né le 9 novembre 1975 à Paris (13ème arrondissement), Raphaël Enthoven est le fils unique de Jean-Paul Enthoven, écrivain, éditeur et conseiller littéraire de l’hebdomadaire “Le Point” et de Catherine David, ancienne journaliste du “Nouvel Observateur”. Après des études aux lycées Montaigne puis Henri-IV à Paris, il intègre l’Ecole Normale Supérieure où il obtient l’agrégation de philosophie. Il a été enseignant à Paris (Institut d’Etudes Judiciaires, Université Paris-Diderot, Sciences Po) et à Lyon (Université Lyon III- Jean Moulin), et est un des cofondateurs, avec entre autres Michel Onfray, de l’Université Populaire de Caen. A la radio et à la télé, il a été chroniqueur et aussi présenté des émissions. Parmi ses livres, “Un jeu d’enfant : la philosophie” (2007), “Le Philosophe de service et autres textes” (2011), “Dictionnaire amoureux de Proust” (2013, avec Jean-Paul Enthoven) ou encore “Morales provisoires” (2018). Nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres le 16 janvier 2014, il a également participé avec Bernard Werber à l’écriture de “La saga des gnous”(2005), une chanson interprétée par Louis Bertignac

 

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