bernard minier la vallee
Bernard Minier revient avec son nouveau thriller: "La Vallée". Photo Emanuele Scorceletti

Livre. Depuis quelques années, Bernard Minier joue dans la même catégorie que les Musso, Dicker et Lévy. Ainsi, avec son huitième roman- “La Vallée”, il confirme une nouvelle fois qu’il maîtrise parfaitement l’art du thriller bien saignant en proposant à ses lecteurs un véritable cauchemar pyrénéen…

“La Vallée” de Bernard Minier, un thriller bien saignant avec des meurtres d’une rare cruauté. En y ajoutant la colère qui monte chez les habitants du village et le mysticisme des moines de l’Abbaye voisine, ça rebondit sans cesse. Un vrai bonheur de lecture !

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Bernard Minier. Photo Emanuele Scorceletti

Dans une première vie, il fit carrière dans les douanes. Sur le tard, il est venu à l’écriture- concevant ses livres comme des plats qu’il a envie de manger. Bernard Minier, 59 ans, né à Béziers et grandi dans le Sud-Ouest, offre son 8ème roman, simplement titré “La Vallée”. Un menu de choix pour un thriller bien saignant avec des meurtres d’une rare cruauté. Et l’occasion de retrouver pour la sixième fois, dans ce livre, Martin Servaz, un commandant de police du SRPJ de Toulouse- en quelque sorte le Maigret de Minier , un peu cabossé par la vie et un brin misanthrope, qu’on avait découvert en 2011 dans “Glacé”, tenu par le “Sunday Times” londonien pour l’un des 100 meilleurs polars parus depuis 1945 et adapté en une série télé avec Charles Berling dans le rôle du commandant…

Donc, dans “La Vallée”, après un appel au secours au milieu de la nuit, Servaz se pointe dans un village des Pyrénées, ses habitants sont coupés du monde après l’éboulement d’un pan de la montagne. Commentaire de Bernard Minier, depuis quelques années présent parmi les plus gros vendeurs de romans en France et grand admirateur de Honoré de Balzac et du maître du polar scandinave, le Suédois Henning Mankell (1948- 2015) : J’ai toujours aimé enfermer mes personnages (…). Cela rend tout infiniment plus fort, plus tendu et plus dangereux quand les personnages sont coincés les uns avec les autres et livrés à eux-mêmes”.

Tout a commencé le 15 juin 2018. C’était “une belle journée. Ensoleillée et chaude”, la suspension du commandant Servaz avait débuté en février, “les textes prévoyaient qu’elle ne pouvait excéder quatre mois. Sauf si la hiérarchie la prolongeait dans l’attente des résultats d’une procédure pénale, laquelle avait bel et bien été ouverte à la suite de la mort d’Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers, et de l’un de ses fans, Rémy Mandel, dans un incendie déclenché par ce dernier, incendie auquel Servaz avait assisté”.

Lang a été retrouvé mort dans les montagnes, éventréIl y a aussi une abbaye cistercienne pleine de secrets avec ce moine “à tête de vieux rapace”, une forêt mystérieuse, une psychiatre roumaine au visage remodelé par la chirurgie esthétique et collectionneuse de toiles dont le seul sujet est la crucifixion, des ados singulièrement détraqués, une population tétanisée et qui n’a d’autre désir que se faire justice, un “corbeau” qui accuse,… bref, Servaz est immergé dans un cauchemar pyrénéen. On lit : “Je crois que quelqu’un est train d’agir comme s’il se prenait pour Dieu”.

Suspendu par sa hiérarchie mais aidant sa collègue et amie Irène Ziegler, Servaz n’en enquête pas moins sur ces victimes assassinées avec une cruauté dépassant l’entendement par un tueur en série. Tout en menant l’enquête, le policier continue de rechercher son ex-compagne Marianne, disparue depuis des années et présentement perdue en forêt, et leur fils Gustav. La communauté villageoise est toute proche du chaos, n’ayant plus confiance en ses représentants et la police dont les membres sont, pour la plupart, quasi en burn out. “Peut-être suis-je moi-même en colère, confie l’auteur. En colère contre ce besoin de déverser la haine en permanence sur les réseaux sociaux, de juger les autres sans même savoir vraiment de quoi on parle, en colère contre cette culture du bouc émissaire”.

Dans “La Vallée” au fil des pages, entre meurtres affreux et recherches infructueuses, en y ajoutant la colère qui monte chez les habitants du village et le mysticisme des moines de l’Abbaye voisine, ça rebondit sans cesse. Un vrai bonheur de lecture !

Texte Serge Bressan

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