nilda fernandez, mort d'un chanteur voyageur

L’artiste franco-espagnol Nilda Fernandez, qui a connu la notoriété avec “Madrid Madrid” et “Nos fiançailles” est décédé à l’âge de 61 ans d’une insuffisance cardiaque, dans le sud de la France.

Sincère, écorché, engagé et profondément émouvant, Nilda Fernandez était un rêveur, un chanteur épris de liberté qui aimait voyager avec sa guitare à travers le monde

Nilda Fernandez était un mélange de délicatesse, de fragilité et de poésie. Le chanteur franco-espagnol est décédé dimanche 19 mai d’une insuffisance cardiaque dans le sud de la France. Il avait 61 ans. Sincère, écorché et profondément émouvant, Nilda était un rêveur, un chanteur qui aimait voyager avec sa guitare à travers le monde. Artiste engagé, il s’exprimait sur tous les sujets, l’industrie musicale et son évolution commerciale, le formatage culturel, la politique…Mais ce qui guida Nilda Fernandez fut la musique et la poésie à laquelle faisait écho la langue de Federico Garcia Lorca qu’il aimait tant, le désir d’aller à la rencontre de l’autre, marqué par l’exil qu’il portait en lui.

Né à Barcelone le 25 octobre 1957 à Barcelone, il grandit à Lyon après être arrivé en France à l’âge de six ans. Attiré par la musique, il chante dans de petites salles et enregistre son premier album sous son nom à l’état civil Daniel Fernandez en 1981, où l’on remarque sa voix particulière presque féminine. Il lui faudra attendre sept ans avant de connaitre le succès avec la chanson “Madrid Madrid” suivie en 1991 par un disque éponyme contenant le titre “Nos fiançailles“, qui lui permet de se produire en première partie de Sting à Bercy devant 15 000 personnes. Nilda Fernandez enregistra également un album en espagnol “500 años” ou encore un opus de reprises “Mes Hommages” de Barbara, Brel, Ferré,  Polnareff, Jane Birkin, Annegarn…

Sacré Révélation masculine aux Victoires de la musique en 1992, il chante aux Etats-Unis, au Mexique, au Chili et en Argentine. Au moment du lancement de l’album “Innu Nokamu“, inspiré d’un séjour au nord du Québec, il part en tournée de deux mois en roulotte parcourant 1500 kilomètres entre Barcelone et Paris. Puis à partir de 2001, il s’installe cinq ans en Russie, enregistrant des duos avec le  le chanteur russe Boris Moïsseev. De retour de Gênes, en Italie où il avait enregistré le disque “Ti Amo “, il nous avait confié en 2010 que pour lui « partir était une belle manière d’apprendre à se  connaître ». Façon voyageuse de n’être jamais là où on l’attend : “J’y suis pour quelque chose parce que je n’ai pas passé mon temps à vouloir être clair. Souvent, les gens qui s’intéressent à votre parcours le voudraient linéaire. Je ne fais pas ça pour brouiller les pistes. C’est une histoire de vie humaine, tout simplement (….) Quand on a la chance d’avoir reçu du Ciel le don d’écrire, de chanter, on se doit de le redonner à la planète parce que cela doit circuler. Ce n’est pas seulement le fruit d’une culture nationale, même si c’est en France que j’ai commencé à être reconnu, accepté. Il fallait que ce soit aussi propagé ailleurs.”

Il fut à l’origine de plusieurs créations de spectacles à Cuba et mis en scène “Carmen” de Bizet au théâtre antique de Vienne (Isère) en 2010. Le chanteur qui avait décidé de s’affranchir des maisons de disques en commercialisant ses derniers albums (“Basta Ya!”…) sur son site Internet, avait également écrit plusieurs livres dont “Contes de mes 1001 vies”, ouvrage de souvenirs en forme d’autoportrait d’un artiste aux nombreuses facettes, fou de liberté.

 

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