punk is not dead documentaire
Après sa diffusion sur France 3 Bretagne, le documentaire "Punk is not dead" est à découvrir sur la plateforme KuB, le web media breton des arts et de la culture

Documentaire. En 1977, à la suite d’un concert mythique des Sex Pistols à Londres, le punk a révolutionné la mode, le rock et la vision du monde. Un phénomène musical et contestataire qui s’est imposé en France et a déferlé sur Rennes, faisant de la capitale bretonne le premier vivier du mouvement punk dans les années 1970. Une histoire foisonnante dont témoigne le documentaire “Punk is not dead” réalisé par Gautier & Leduc. Après sa diffusion dans le cadre de l’émission “Le Grand BaZH. art” sur France 3 Bretagne, ce magazine inédit de 52 minutes est à découvrir sur la plateforme KuB, le web media breton des arts et de la culture, jusqu’au 20 février 2022, en accès libre.

Le punk, c’est une énergie et une résistance artistique, un mouvement musical contestataire qui a bousculé les conventions sociales, en même temps que la recherche d’un mode de vie autonome, en marge du système

punk is not dead documentaire
Après sa diffusion sur France 3 Bretagne, le documentaire “Punk is not dead” est à découvrir sur la plateforme KuB, le web media breton des arts et de la culture

Au milieu des années 1970, le mouvement punk a fait exploser les codes du rock anglais. Un phénomène culturel qui va rapidement s’imposer en France, notamment à Rennes, grâce à l’ouverture en 1976 de la ligne maritime reliant Portsmouth à Saint-Malo. Les musiciens avant-gardiste bretons vont ainsi devenir les premiers acteurs du No Future. Des groupes comme Marquis de Sade, Frakture, Les Nus, Ubik, Abuse, Damned ou encore Tagada Jones, vont en profiter pour réveiller la musique et au-delà, la culture bretonne. 45 ans plus tard le punk est-il mort ou bouge-t-il encore ?

“Punk is not dead”, le documentaire de Gautier & Leduc (réalisateurs pour Mathieu Cheddid, Zazie, Olivia Ruz, Eddy Mitchell, The Pogues, Metronomy, Noel Gallagher, Stromae…) remonte le fil de l’histoire, en partant à la rencontre des héritiers rennais du punk-rock. A l’image de Christian Dargelos, co-fondateur de Marquis de Sade ou de Bruno Perrin, guitariste et propriétaire du Mondo Bizarro, lieu underground emblématique de Rennes, où tous les groupes rock sont passés ou presque : J’ai eu la chance d’assister en 1976 aux premiers concerts punks à Londres, d’avoir vu les Sex Pistols, puis les Stranglers” confie Christian Dargelos… “Quand j’en suis ressorti, j’étais transformé. C’est comme ça que Marquis de Sade, première mouture est né”.

Rennes a été le premier vivier punk de Bretagne. Le virus s’est aussitôt propagé et de nombreux groupes locaux se sont très vite produits sur les scènes de la capitale bretonne : “c’est vrai que cela a ouvert plein de portes” se souvient la photographe Nelly Kerfanto, dont les photos témoignent de l’effervescence artistique de l’époqueTous ces groupes, ça été un moment très foisonnant sur Rennes. Après, il y a eu les Transmusicales, la salle de la Cité, la salle Ubu….Rennes a permis l’explosion d’une scène punk, ça n’est pas rien”

le groupe rennais abuse
Le groupe Abuse en concert. Photo Cyrille Bellec

Aujourd’hui, de jeunes artistes comme le bédéaste Pierre Bunk, continuent de faire vivre l’esprit rock hérité du punk, à travers ses dessins pour des fanzines comme “SpeedBall” : “Le punk, c’était vraiment une histoire d’emmerder tout le monde et de dire merde à l’establishment, au statu quo et comment tu traduis ça dans ta vie au jour le jour ?” dit-il. Pour le musicien rennais Franck Charpentier : “le punk ça été un coup de pied dans la fange, c’était absolument génial. Pour quelqu’un comme moi qui était fan de musique, mais qui n’avait jamais touché un instrument, ça permettait de monter sur scène au bout de trois jours. C’est quelque chose de romantique. C’est du romantisme noir et c’est ça qui est très beau” souligne-t-il.

Un phénomène musical contestataire qui a bousculé les conventions sociales et a représenté une vraie culture avec ses codes, son histoire, sa manière de voir le monde, teintée d’anarchie : “aujourd’hui les revendications sociales n’ont pas vraiment changé” avance Audrey Basset, infographiste, cheffe cuisinière et autrice de recettes rock, originaire des Côtes d’Armor : “On est sur un mouvement punk qui est toujours social, mais qui a un peu basculé vers l’écologie. Ce n’est plus les citadins qu’on voyait à Camden à Londres. Aujourd’hui être punk, c’est assez rural, c’est faire son vin bio naturel, de la permaculture, c’est avoir un mode de vie alternatif, qui est hors normes, finalement. Ça reste complètement cohérent ce type de punkitude, selon moi “.

Mais pour Loran, ex-guitariste de Berurier Noir, leader des Ramoneurs de Menhirs, l’esprit punk , c’est d’abord l’anticonformiste : “le système nous déracine en fait, parce qu’il faut qu’on soit de bons petits soldats consommateurs. Ça c’est mort ! Nous, on a compris une chose, gamins, c’est que pour être libre, il fallait avoir un rapport sain à l’argent: tu fais avec ce que tu as, basta ! Tu ne dois rien à personne” et d’ajouter : “le punk-rock, c’est ça, c’est l’anticonformisme, c’est là, où on ne l’attend pas.”

le groupe rock frakture
Le groupe rock rennais Frakture

Être Punk ? “c’est être passionné de musique” poursuit Bruno Perrin, guitariste et propriétaire du Mondo Bizarro : c’est une énergie et une résistance artistique, en même temps que la recherche d’un mode de vie autonome, en marge du systèmeUne musique et un mouvement qui semblent connaître un certain revival, même si aujourd’hui la crête punk se fait plus rare. Produit par Simone & Raymond pour “Le Grand BaZH. art”, première émission culturelle lancée en 2016 sur le réseau France Télévisions, “Punk is not dead” témoigne du phénomène culturel qui a déferlé sur Rennes à partir de 1977. Un magazine inédit de 52 minutes récemment diffusé sur France 3 Bretagne que les curieux peuvent découvrir sur la plateforme KuB, le web media breton des arts et de la culture, en accès libre jusqu’au 20 février 2022.

Victor Hache

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