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Jeanne Michard : la saxophoniste lauréate des Victoires du jazz 2023 sort l'album "Entre Las Flores" (c) Florence Grimmeisen

Musique/Interview. Lauréate du prix « Révélation » lors des dernières Victoires du Jazz, la saxophoniste ténor et compositrice Jeanne Michard a enregistré « Entre Las Flores » avec son groupe Latin 5tet. Un bel album de jazz afro-cubain dont elle fête la sortie le 31 mai au Studio de l’Ermitage à Paris et en tournée.


Jeanne Michard : « J’ai beaucoup travaillé sur le jazz des années 20 à 40 qui se perpétue et évolue au point de devenir intemporel »


Remarquée dès son premier album « Songes Transatlantiques« , la saxophoniste ténor et compositrice Jeanne Michard a dévoilé il y a quelques jours au Sunset les titres de « Entre Las Flores« . Un opus enregistré avec son groupe Latin 5tet : le pianiste Clément Simon, la percussionniste Natascha Rogers, le contrebassiste Maurizio Conglius et Pedro Barrios (percussions, texte et voix lead), sous la direction artistique de Julien Lourau.

De « Silver Train » à « Musica Hermana » en passant par « Main dans la main« , elle nous emmène dans un festif et dansant périple entre Paris, New York et La Havane, sur fond de jazz, de rythmes latinos et même de hip-hop.

Rencontre avec l’heureuse lauréate des Victoires du Jazz 2023, dans la catégorie révélation, avant son concert au Studio de l’Ermitage, le 31 mai, pour célébrer la sortie de « Entre Las Flores » et une tournée qui fera également une escale au Parc Floral, cet été, dans le cadre du Paris Jazz Festival.

Vous avez commencé le saxophone à 7 ans. Pourquoi avez-vous choisi cet instrument assez encombrant pour cet âge ?

Jeanne Michard : Mon grand-père était pianiste et mes parents sont mélomanes. Je leur ai reposé la question, il n’y a pas si longtemps, et ils n’ont pas su me répondre. Ils m’ont juste affirmé que j’étais très sûre de moi et de ce choix à l’époque.

Vous avez pourtant attendu l’âge de 21 ans pour entrer au conservatoire ?

Jeanne Michard : En fait, J’étais en licence de lettres à la fac. Je voulais devenir cinéaste. Je n’avais que ça en tête jusqu’à ce que je réalise que j’avais des facilités pour la musique. J’ai longtemps « bidouillé » à l’oreille en improvisant sur des disques, notamment ceux de Cesaria Evora. C’est mon grand frère qui m’a conseillé d’entrer au conservatoire. Cela m’a donné des outils en plus et j’ai appris les harmonies. J’étais l’une des plus âgées de la classe. Après coup, je suis contente d’avoir fait les choses un peu à l’envers !

A votre sujet, on évoque volontiers un style « old school »…

Jeanne Michard : Cela tient sans doute au fait que mon langage d’improvisation c’est l’école du jazz traditionnel. J’ai beaucoup travaillé sur le jazz des années 20 à 40 qui se perpétue et évolue au point de devenir intemporel.



Ce qui évolue moins, c’est la place des femmes dans le jazz, non ?

Jeanne Michard : Il y a encore trop peu de femmes instrumentistes et leaders. Le jazz est souvent basé sur des codes masculins et il y a un énorme manque au niveau des instruments. Je crois que les premières classes de trompettes ouvertes aux femmes datent des années 80. Aujourd’hui dans le jazz, les femmes doivent encore pousser les portes.

Quel souvenir gardez-vous de votre passage dans le fameux Lady All Stars de Rhoda Scott ?

Jeanne Michard : C’était au moment de la pandémie. Il y avait souvent quelqu’un de malade et j’ai fait des remplacements dans sa formation. Mon instrument est le sax ténor mais je peux aussi jouer du soprano et du baryton. J’ai adoré jouer avec ce groupe de femmes. Rhoda Scott est la leader mais il n’y a pas de hiérarchie. A la fin des concerts, tout le monde faisait la fête.

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Julien Lourau ?

Jeanne Michard : Je l’ai rencontré quelques jours avant le début de l’enregistrement. Il est venu nous voir en répétitions. Il m’a confié qu’il avait fait pas mal de directions artistiques, alors j’en tenté le coup ! Nous avons beaucoup échangé sur nos influences. Il a une énorme culture musicale. Le fait de l’avoir comme directeur artistique, c’est vraiment une valeur ajoutée pour l’album.

En parlant de vos influences, comment est venue l’idée d’intégrer du hip-hop à votre répertoire de jazz afro-cubain ?

Jeanne Michard : J’ai beaucoup écouté du rap et du hip-hop. Cela faisait partie de mon panel d’ado. C’est toujours un peu dans mon oreille et j’ai donc demandé à Pedro (Barrios) d’écrire un texte. L’ambition de « Entre Las Flores » c’est de partager et de se faire plaisir.

Entretien réalisé par Annie Grandjanin


  • Album : Jeanne Michard « Entre Las Flores » (Quai Son Records/Socadisc/Pias).
  • En concert à Paris le 31 mai 2024, à 20h30, au Studio de l’Ermitage, 8, rue de l’Ermitage, 75020 Paris. Tél.: 01.44.62.02.86.
  • En tournée : le 30 mai à Cénac (33), le 9 juillet à Juan Les Pins (06), le 10 juillet à Vienne (38), le 28 juillet à Istres (13), le 29 juillet à Saint-Denis-des-Fontaines (86), le 1er août à Opio (06), le 3 août en Belgique (Gouvy Jazz Festival), le 4 août à Langouria (22), le 12 août à Saint-Bris-des-Bois (17), le 25 août au Paris Jazz Festival du Parc Floral (75), le 20 septembre à St-Remy-de-Provence (13), le 28 septembre à Schiltigheim (67), le 29 septembre à Thionville (57)…

Retrouvez l’ensemble des chroniques culturelles d’Annie Grandjanin sur : annieallmusic.com/


 

 

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