la planete des singes, le nouveau royaume
"La Planète des singes, Le Nouveau royaume" : Noa (à gauche), Mae (Freya Allan) et Raka sont en route vers le repaire de Proximus César, maître du "Nouveau Royaume" (©20th Century Studios).

Sortie cinéma/« La Planète des singes, le Nouveau royaume ». Comme pour les « BATMAN », les « JAMES BOND » ou les « X-MEN », la sortie d’un nouvel épisode de la franchise « LA PLANÈTE DES SINGES » est toujours un événement mondial. C’est évidemment le cas avec « LA PLANÈTE DES SINGES: LE NOUVEAU ROYAUME », quatrième film de la nouvelle saga, sur les écrans français ce mercredi 8 mai, deux jours avant sa sortie américaine.


« La Planète des singes, le Nouveau royaume » est un grand spectacle qui en met plein les yeux


Le film fait suite à la trilogie LES ORIGINES (2011), L’AFFRONTEMENT (2014) et SUPRÉMATIE (2017), qui avait renouvelé l’histoire après six épisodes précédents: le célèbre film originel de Franklin J. Schaffner en 1968, avec Charlton Heston (et sa mythique scène finale, l’une des chutes les plus mémorables de l’histoire du cinéma), ses quatre suites dans les années 70 et le remake de 2001 réalisé par Tim Burton.

Contrairement aux premiers films et au roman de 1963 de l’écrivain français Pierre Boulle (1912-1994) dont est tirée l’histoire, dans la nouvelle série celle-ci ne se situe pas en l’an 3978 mais à l’époque actuelle: les humains créent un virus pour lutter contre la maladie d’Alzheimer mais il a pour effet de décimer une grande partie de l’humanité et de rendre les singes intelligents et dotés de la parole.

Grand bond dans le futur

À la fin de SUPRÉMATIE, le singe César, héros de la trilogie, premier singe à parler et leader, charismatique mais pondéré, de la révolte contre l’espèce humaine, meurt et laisse en héritage un peuple simiesque apaisé. C’est la suite de l’histoire que raconte LE NOUVEAU ROYAUME, mais cette fois-ci avec à nouveau un grand bond dans le futur: « de nombreuses générations plus tard », précise un carton au début du film –sans doute quelque 300 ans plus tard.

Les humains ont régressé à l’état sauvage et vivent en retrait, cachés, peu nombreux, sans pouvoir s’exprimer (le virus leur a ôté l’usage de la parole), traqués par les singes qui les considèrent comme moins évolués que des sangliers qui leur volent des restes de nourriture.

Vaste jungle

La planète n’est plus qu’une vaste jungle (forêts, montagnes, steppes) et les singes y ont définitivement pris le pouvoir mais vivent en clans. Le héros du film est Noa, un jeune chimpanzé naïf et courageux, membre du « clan des Aigles ». Ces singes parlent, éprouvent des sentiments et ont le sens de la famille, comme vous et moi. Certains ont même plus d’humour que beaucoup d’humains de 2024.



Et, comme vous et moi, ils montent à cheval, cultivent des légumes et font sécher des poissons, mangent des fruits, élèvent des aigles à qui ils fredonnent des chansons, vivent nus mais portent des colliers –et quelques-uns (les méchants) ont même l’électricité au bout de leurs lances.

Proximus

Les méchants, ce sont les singes du « clan des Masques », dirigés par un bonobo violent et mégalomane, Proximus César. Quand ils mettent à feu et à sang le village de Noa et emmènent en esclavage ses amis et sa famille, le jeune chimpanzé décide d’aller à leur recherche.

En route, il va croiser Raka, un orang-outan bienveillant et sympathique, intelligent, philosophe. Et un des rares êtres humains encore en vie, une jeune femme prénommée Mae (Freya Allan), qui elle aussi –pour des raisons différentes– veut se rendre au repaire du tyrannique Proximus…

Intrigue assez plate

« Situer l’action dans le futur était crucial pour apporter de la fraîcheur à l’intrigue », explique, dans le numéro de mai du mensuel Première, le réalisateur du film, Wes Ball, connu pour sa trilogie LE LABYRINTHE (2014, 2015, 2018).

Pourtant l’intrigue est ici assez plate, point faible du film: Noa, Raka et Mae partent à la recherche du « Nouveau Royaume » créé par Proximus, et c’est à peu près tout. Quand ils y parviennent, la seconde partie du film devient alors plus intéressante, plus passionnante, plus philosophique (avec deux importants dialogues entre Noa et Mae) mais pas moins spectaculaire.

Blockhaus souterrain

C’est sur une plage que le méchant Proximus s’est installé, dans des vestiges métalliques d’une épave de navire où, sous des bannières rouges (façon République Populaire de Chine ou ex-URSS), il règne sur son peuple servile et réduit d’autres singes en esclavage. Sous la plage, un blockhaus souterrain inviolable renferme, pense-t-il, la technologie humaine qui lui permettrait de faire évoluer le peuple singe…

Tourné en Australie, avec des décors (extérieurs), des personnages (principalement des singes), des actions et des effets spéciaux remarquables, ce « La Planète des singes, le Nouveau royaume » est un grand spectacle qui en met plein les yeux. La technique de la « performance capture » pour donner vie aux expressions des singes est désormais parfaitement au point.

Réflexion

Mais, plus que l’action, c’est la réflexion qui l’emporte dans le film. Noa est un jeune singe qui ignore tout du passé, notamment ce qu’étaient les hommes et surtout qui était César, le « Moïse » du peuple singe, dont l’héritage est dévoyé par Proximus. « C’est l’histoire d’un jeune singe naïf qui ne sait rien du monde extérieur, hormis le fait que César est maintenant devenu une légende », explique le réalisateur.

« Les singes traquent les humains. C’est la loi. Mais la loi est mauvaise », dit Noa quand il se rend compte de la réalité des choses et de l’évolution de la planète depuis la mort de César. Dans ce film, explique Rick Jaffa, co-scénariste et co-producteur, « l’astuce, c’est de faire réfléchir sans avoir l’air de donner des leçons. À première vue, c’est un pur divertissement. Mais sous la surface, vous faites passer des messages. Presque en douce ».

Touche de féminisme

Contrairement aux trois premiers films de la nouvelle saga, on voit très peu d’êtres humains dans ce NOUVEAU ROYAUME. Deux, principalement: un personnage qui apparaît vers la fin et, tout au long du film, le personnage féminin de Mae, intelligente et forte, touche de féminisme dans ce monde de primates mâles de moins de 50 ans –la femme est l’avenir de l’homme.

Cela s’explique sans doute par le fait que le film n’est pas le quatrième et dernier de la nouvelle saga mais le point de départ d’une possible nouvelle trilogie. « Évidemment, on a envie d’emmener la franchise vers sa conclusion logique », dit Rick Jaffa dans son interview à Première.

Ce que confirme Amanda Silver, autre co-scénariste et co-productrice: « S’il s’agit de savoir si on a des idées pour de potentiels futurs films qui boucleraient la boucle, la réponse est oui ». De fait –et sans spoiler–, la fin de ce PLANÈTE DES SINGES: LE NOUVEAU ROYAUME laisse ouvertes toutes les possibilités.

Jean-Michel Comte

LA PHRASE : « C’est une ancienne manière de conserver des idées » (Raka, montrant de vieux livres à Noa, alors que l’écriture et la lecture ont disparu de la planète depuis longtemps).


  • A voir : « LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME ». (« Kingdom of the Planet of the Apes ») (États-Unis/Australie, 2h25). Réalisation: Wes Ball. Avec Owen Teague, Freya Allan, Peter Macon (Sortie 8 mai 2024)

cinégong logoRetrouvez cette chronique ainsi que l’ensemble des sorties cinéma de Jean-Michel Comte sur le site Cinégong


 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez un commentaires
Merci d'entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.