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Cinéma. Suite à son annulation “physique” pour cause de Covid-19, le Festival International du Film d’Aubagne (Bouches-du-Rhône) propose une 21ème édition en version 2.0 entièrement dématérialisée et digitale, qui aura lieu aux dates initiales, du 30 mars au 4 avril. Une initiative originale dont nous parle Gaëlle Rodeville, déléguée générale du festival dédié au 7ème art.   

Gaëlle Rodeville: “Soit on baissait le rideau ou on choisissait de faire autrement. L’équipe a décidé d’aller jusqu’au bout et de continuer en faisant une édition entièrement digitale du festival”

Comme de nombreuses manifestations culturelles, le Festival International du film d’Aubagne- Music & Cinéma, a été contraint d’annuler sa 21ème édition “physique”, à cause de l’épidémie du Covid-19. Loin de baisser les bras, les organisateurs ont décidé de maintenir l’événement dédié au 7ème art, qui aura lieu aux dates initiales du 30 mars au 4 avril, sous une forme entièrement dématérialisée. Les e-festivaliers pourront ainsi voir gratuitement en ligne 150 films, courts et longs métrages en SVOD sur la plateforme de diffusion Kinow. Une manière originale de rendre accessible au plus grand nombre l’offre culturelle du festival, en ces temps de crise sanitaire.

Comme de nombreux événements culturels, le festival du film d’Aubagne a dû annuler sa 21ème édition “physique” à cause de l’épidémie de Coronavirus. Comment avez-vous vécu cette annulation ?

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Gaëlle Rodeville, déléguée générale du Festival Internationale du Film d’Aubagne – Music & Cinéma.

Gaëlle Rodeville : Avant de prendre la décision d’annuler, le plus difficile pour l’ensemble de l’équipe a été de travailler dans le doute, ne sachant pas si le festival allait pouvoir être maintenu ou pas. La conférence de presse d’annonce du festival ayant eu lieu et les éléments de communication imprimés début février, il était évident, avant même de commencer à avoir peur, qu’il était trop tard puisque tout était engagé. On s’est réunis très rapidement dès le lendemain du discours d’Emmanuel Macron, suivi de l’interdiction des rassemblements de plus de cent personnes. Il y avait deux solutions. Soit on baissait le rideau ou on choisissait de faire autrement. L’équipe a décidé d’aller jusqu’au bout et de continuer en faisant une édition entièrement digitale.

Vous proposez un festival “dématérialisée” qui aura lieu aux dates initiales (30/03 au 4 avril). Comment avez-vous procédé?

Gaëlle Rodeville : En fait, on a eu quinze jours pour tout renégocier, l’ensemble des droits de diffusion, rappeler tous les distributeurs, les producteurs, les réalisateurs pour savoir s’ils étaient d’accord sur le principe d’une diffusion en SVOD. On avait un peu moins de 250 films, dont beaucoup projetés sous forme de ciné-concerts. Parallèlement, on a cherché une plateforme de diffusion, nous avons été formés et on s’y est tous mis. Il a fallu qu’on transforme tous les films qui étaient encodés pour la diffusion en salle de cinéma, pour une diffusion en SVOD.  On a dû mettre à jour tous les sous-titres en fonction du nouveau format. Il a fallu également revoir toute la communication pour les médias et les réseaux sociaux et préparer différemment les choses.

Combien de films avez-vous réussi à maintenir ?

Gaëlle Rodeville : Nous avons aujourd’hui plus de 150 films, ce qui représente 80% de la programmation. Tout ce qui est compétition, films courts ou long métrage a été conservé. A l’exception de trois films, dont on n’a pas obtenu les droits. On a également une programmation pour le jeune public dans le cadre de notre programme “éducation à l’image”. Tous ont été très solidaires et, vu le confinement et la situation, beaucoup de distributeurs, qui au départ avaient refusé, sont revenus sur leur décision. Du coup, on a une belle programmation qui va permette de découvrir de nombreuses œuvres et de se faire plaisir.

Les professionnels du cinéma qui devaient être présents pourront-ils avoir des rencontres en lignes au travers de visio-conférences?

Gaëlle Rodeville : Absolument. On a réussi à garder toutes les rencontres professionnelles. Il y a quatre concours extrêmement importants. On a des auteurs qui rencontrent des producteurs pour aller jusqu’à la production de leur film. Il y a  le “marché” qui met en relation producteurs et réalisateurs, des binômes qui ont des projets de courts ou de longs métrages européens, qui viennent chercher à Aubagne des compositeurs pour leurs projets qui sont déjà financés. Il y a le “SiRAR” un système de bourses d’aide à la réalisation d’un premier court métrage et de composition pour un premier film. Nous sommes parvenus à maintenir tous ces dispositifs et réussi à ce que l’ensemble des producteurs qui participaient au marché, acceptent d’échanger par Skype avec les compositeurs qu’ils auraient dû rencontrer, les 2 et 3 avril. Il y aura ainsi  trois cents rencontres en en ligne, pour décrocher des contrats.

Comment les e-festivaliers pourront-t-ils voir les films programmés?

Gaëlle Rodeville : Les e-festivaliers pourront aller sur notre plateforme dédiée Kinow . Quand l’internaute va sur cette plateforme digitale, il arrive sur l’ensemble de la programmation, qui est mise à disposition. Il a juste à créer un compte gratuit, qui est d’une grande simplicité. A partir de là, il pourra regarder les films disponibles le jour où ils étaient prévus, qui seront accessibles jusqu’à 4 heures du matin le lendemain. Chacun pourra ainsi prévoir son programme pour la semaine, tout étant absolument détaillé.

Quels sont les longs métrages qu’il ne faudra pas manquer ?

Gaëlle Rodeville : Il y en a beaucoup qu’il ne faut pas rater ! Il y a bien sûr le film d’ouverture “Un fils” de Mehdi M. Barsaoui. Après, l’ensemble de la programmation est très variée. Il y en a pour tous les publics. Si tous les films sont à découvrir, j’ai un coup de cœur pour “Patrick” de Tim Mielants, complètement décalé. On a hâte d’être en 2021 avec un public de festivaliers en chair et en os. C’est quand même mieux ! (rires).

Entretien réalisé par Victor Hache

  • La 21ème édition du Festival International du Film d’Aubagne-Music & Cinéma est à suivre sur la plateforme digitale Kinow , du 30 mars au 4 avril, à l’adresse suivante : https://aubagne.kinow.tv/fr/

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