portrait de l'artiste chinois Chi Yung Wong
Au Théâtre de Liège, dans le cadre du Forum Impact, une installation immersive de Chi-Yung Wong assume la voie d’un art thérapeutique. Cette œuvre à part se base sur de longs échanges avec des psychiatres et des spécialistes du cerveau.

Loin des poncifs new-age et des effets de mode, Chi-Yung Wong invente une expression personnelle, originale, totalement à sa place dans le contexte du Forum Impact

On rentre dans la pénombre. Le sol change de texture. Des lueurs colorées se déplacent parmi les branchages qui enveloppent la salle, en évoquant la douce dérive des persistances rétiniennes sur nos paupières fermées. Pas d’angles nets, pas de lumières vives, pas de couleurs primaires, pas d’effets faciles. Il ne s’agit pas de décrocher notre admiration comme un pompon de manège, mais bien d’offrir une expérience de recentrage intérieur. La performance technique se fait oublier. Tout est doux, organique, feutré, et la vue n’est pas le seul sens sollicité. On peut toucher le sol, le végétal, respirer son odeur… et la musique (signée An Ton That) accompagne le tout sans vanité. « Il ne fallait surtout pas que ça fasse musique de yoga, explique Chi-Yung Wong, et je voulais aussi éviter toute connotation mystique ». Ce qui aurait perturbé ou encombré un ressenti direct.

Bien qu’il habite depuis trois ans à Zurich, l’artiste Hong-Kongais garde un débit typique de sa ville natale, où la parole est souvent vive, excitante et nerveuse. Dans ce contexte, la lenteur proposée par son œuvre ferait d’autant plus sens. Elle est le résultat de trois ans de recherches et d’échanges approfondis avec des spécialistes des neurosciences, autour de la gestion du stress, du burn out, la pratique de la pleine conscience… « Je me suis demandé quelle collaboration est possible aujourd’hui entre les artistes et les thérapeutes, s’il y a quelque chose que nous pouvons faire ensemble. Le titre de l’installation (“To See A World In A Grain Of Sand”) vient d’un poème de William Blake, et propose de relativiser nos échelles de valeur. Reconsidérer ce que l’on met au premier plan.»
Le public au coeur de l’installation de l’artiste Hong-Kongais Chi-Yung Wong à Liège

Loin des poncifs new-age et des effets de mode, Chi-Yung Wong invente une expression personnelle, originale, totalement à sa place dans le contexte du Forum Impact (International Meeting in Performing Arts & Creative Technologies). La répétition des cycles de lumière ne nuit pas à l’œuvre, bien au contraire. Elle nous propose de ressentir peu à peu plus de détails, de nuances, à les accueillir à chaque fois plus profondément – à l’extrême opposé du grand zapping de l’époque, où tout est vu et rien n’est vraiment regardé.

Jusqu’au 21 nov., entrée libre de 12h à 18h, theatredeliege.be/evenement/to-see-a-world-in-the-grain-of-sand/wongchiyung.com
 
 

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