piece de quoi je me mele
Pascal Rocher, Nathalie Tassera, Joseph Gallet dans "De quoi je mêle"

Théâtre. Après 6 mois d’interruption, les comédiens de “De quoi je me mêle !” reprennent enfin du service au Théâtre Edgar. Drôles mais jamais ridicules, ils campent des personnages désillusionnés, qui cherchent de bonnes raisons de poursuivre leur existence. Mise en scène par Catherine Marchal, cette comédie hilarante qui traite du couple constitue une bouffée d’oxygène salutaire en cette rentrée morose. Joseph Gallet, son co-auteur, revient avec finesse sur sa genèse.

“De quoi je me mêle !” traite du couple. Pourquoi une énième pièce sur cette thématique déjà vue et revue  ?

joseph gallet de quoi je mele
Joseph Gallet, co-auteur de la pièce “De quoi je me mêle” au Théâtre Edgar, à Paris jusqu’au 2 janvier 2021

Joseph Gallet : Avec Pascal Rocher, mon co-auteur, nous avons écrit, il y a deux ans, une pièce sur la famille (“Dîner de famille” actuellement au Café de la Gare). Lorsque nous nous sommes remis à l’écriture, nous avons eu envie de nous focaliser sur une thématique tout aussi universelle, afin de nous adresser au plus grand nombre. Le couple et la dépression se sont imposés très vite ! Mais nous avions à cœur d’écrire quelque chose de positif ! Il était clair dans nos esprits que chacun des protagonistes devait trouver, à la fin de l’histoire, des solutions à chacun de ses problèmes.

Votre pièce raconte l’histoire d’un couple en pleine crise conjugale contraint de cohabiter avec une tierce personne durant un week-end. A aucun moment pourtant, vous ne tombez dans l’écueil du cliché. Quel est votre secret ?

 Joseph Gallet : Nous essayons d’écrire des archétypes tout en restant sincères. Dans la vie, nous avons tous des positions sociales, nous exerçons des rapports avec les autres,… il y a des schémas qui se répètent. Ce  n’est pas pour autant qu’on ne peut pas être sincère ! Avant même de commencer à écrire les dialogues, Pascal et moi cadenassons les situations. Ensuite, nous nous efforçons de faire communiquer nos personnages entre eux de la manière la plus simple et naturelle possible. Nous n’écrivons pas des vannes pour écrire des vannes ; elles arrivent naturellement. La situation amène le décalage et le décalage amène les blagues. En procédant ainsi, nous n’avons pas besoin d’aller chercher le cliché.

Avez-vous puisé votre inspiration dans votre vécu ou dans celui de votre entourage ?

Joseph Gallet :  On ne peut écrire que sur des sujets que l’on connaît ou que l’on comprend. “De quoi je me mêle !” ne raconte ni mon histoire, ni celle de Pascal. En revanche, nous avons écrit sur un sujet que nous comprenons ! De manière générale, nous nous efforçons de rester attentifs aux gens qui nous entourent, nos amis, notre famille. Certains traits de caractère de nos personnages sont effectivement inspirés de gens que nous avons connu. A partir de là, nous nous nous demandons : “quel type de personne, dans telle situation, serait la plus drôle ?

Quel est le message de cette pièce ?

Joseph Gallet :  “De quoi je me mêle !” évoque de prime abord l’usure du couple mais le cœur du sujet concerne essentiellement les causes de cette usure. Lorsque l’on rencontre quelqu’un, on se concentre sur ses qualités et on n’a tendance à en voir que les beaux côtés. Au fil du temps, ces qualités perdent de leur attrait, voire se transforment en défauts. Pourtant, lorsque l’on creuse un peu, on se rend compte que c’est juste notre regard qui a changé. Il n’est donc peut-être pas inutile de se remettre un peu en question, de faire un petit effort pour retrouver cette dynamique du début.

Cette lassitude n’est-elle pas encore plus flagrante à notre époque ?

Joseph Gallet : Nous sommes aujourd’hui entourés de messages qui nous incitent à “switcher”, “snapper”, bref à passer à autre chose. Il y a autant d’opportunités que de jour dans la semaine ! Dès que nous rencontrons un grain de sable dans l’engrenage, nous sommes tentés de nous en détourner puisqu’on est persuadé qu’on peut faire autre chose ! Avec les gens, c’est pareil : nous sommes moins enclins à accepter les petits défauts ou les traits de caractère qui nous plaisent moins.

Vous avez confié la mise en scène à Catherine Marchal, également actrice et comédienne. Pourquoi ce choix ?

Joseph Gallet : D’abord parce que nous aimons beaucoup le travail de Catherine Marchal, mais aussi parce que nous voulions absolument une femme à la mise en scène. Il ne vous a pas échappé que Pascal et moi-même sommes deux hommes ! Or deux hommes qui écrivent un rôle de femme peut être risqué. A aucun moment nous ne voulions tomber dans le cliché.

Que vous a-t-elle apporté ?

Joseph Gallet : Sur le texte du personnage féminin, je pense que nous avions plutôt bien fait notre boulot car Catherine Marchal n’a pas trop bougé le personnage. En revanche, elle a poussé au bout la sincérité de toutes les dynamiques. Elle est allée vers le vrai de l’histoire et vers le vrai du jeu.

affiche pièce de quoi je me meleSi vous aviez un message à faire passer aux couples, quel serait-il ?

Joseph Gallet : Lâchez prise sur les questions et les angoisses inutiles qui nous tirent vers le bas et nous empêchent de voir la chance qu’on a. Mais en parallèle, faites des efforts ! Dans un couple, il y a toujours des efforts à faire au quotidien pour que les deux protagonistes se retrouvent à mi-chemin. C’est justement ce mi-chemin qui fait le couple…

Entretien réalisé par Sandra Franrenet

  • “De quoi je me mêle” de Joseph Gallet et Pascal Rocher, mise en scène Catherine Marchal. Théâtre Edgar, jusqu’au 02/01/21 Distribution en alternance: Joseph Gallet, Jeff Dias, Pascal Rocher, Alexandre Guilbaud, Nathalie Tassera, Joyce Franrenet, Arnaud Joyet, Carine Ribert, Erwan Orain.
  • Infos et réservation : Guichet Théâtre Edgar: 58 boulevard Edgar Quinet 75014 Paris. Tél. location : 01 42 79 97 97

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Laissez un commentaires
Merci d'entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.