le groupe canine

Beau, étrange, magnétique, élégant, mystérieux… les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l’univers de Canine. Le collectif musical féminin sera le 2 octobre à La Cigale à Paris pour une performance live qui va faire événement. Rencontre avec sa créatrice, la mystérieuse Magali Cotta, alias Canine, chanteuse, comédienne et metteuse en scène, dont le visage en concert, se dissimule derrière un masque en plumes noires.

De tous les groupes que nous avons pu voir aux Francofolies cet été, Canine est assurément celui qui nous a fait la plus forte impression. Ce jour-là, au théâtre Verdière, elles étaient cinq sur scène le visage masqué et voix mêlées, chantant en anglais ou en français, sur fond de bande sonore. Un spectacle unique et une performance live graphique et presque théâtrale, loin des formats habituels où cet original collectif féminin a interprété quelques titres de son premier album “Dune” sorti en début d’année.

A propos de Canine, on parle d’électro, de soul, de jazz ou encore d’opéra symphonique. Mais c’est bien plus que cela. Un projet indéfinissable beau, élégant, étrange , magnétique, qui ressemble à un voyage aux contours cinématographique où chacun peut y voir ce qu’il veut, en fonction de ce qu’il ressent. Manière pour le groupe de travailler nos émotions, au cœur d’un univers onirique, animal et poétique. Pour en parler, nous sommes allés à la rencontre de Magali Cotta alias Canine, chanteuse, comédienne et metteuse en scène à l’origine de la  création de ce clan de louves, dont le concert à La Cigale à Paris le 2/10 ne va pas manquer de faire événement.

Canine: “Je suis devenue féministe avec ce projet. En répétition, cela m’a semblé une évidence qu’on ne soit que des femmes. Le spectacle raconte ce secret, cette spiritualité, qui pour moi, est dans le féminin.”

magali cotta
Magali Cotta, alias Canine. Photo Emma Le Doyen

Le public vous découvre. Quel est votre parcours ?

Canine: J’ai été enfant-acteur pendant longtemps, ce qui m’a permis de gagner de l’argent que j’ai pu utiliser à 18 ans. Après mon bac, j’ai tout dépensé en voyages. Ensuite, j’ai fait de la mise en scène car je me suis rendu compte que je n’aimais pas dire les textes des autres. Petit à petit, j’ai composée. C’est à ce moment que je me suis rendue compte que la vraie liberté, je la ressentais dans la musique. J’ai passé des concours pour faire des écoles de jazz. J’ai fait de la musique assistée par ordinateur, chanté du punk dans des groupes très misogynes, une expérience que j’ai détestée. Après j’ai fait un projet solo et ensuite Canine.

Comment est née la musique de Canine ?

Canine: C’est parti de mon projet solo piano-voix. Ensuite, j’ai beaucoup travaillé sur les arrangements. Je cherchais une musique qui corresponde vraiment à ce que j’avais en tête. Pour moi, il était évident qu’il fallait quelque chose d’assez élégant, comme les cordes par exemple, et en même temps un truc un peu rugueux qui fasse contraste avec les autres sons. Une fois que la musique, qui est le pilier central du projet, est née, s’est posée la question de l’interpréter sur scène. Je ne voulais pas d’un concert classique, mais traduire en images scéniquement les sensations créées par la musique.

Avec des ambiances très visuelles presque théâtrales…

Canine: C’est compliqué à définir. Ce qui me fait peur avec le terme “théâtral “, c’est l’aspect qui serait figé. Evidemment, il y a un vocabulaire qui est écrit dans le projet, mais je dirais que c’est un objet scénique. Pour moi, tout le projet Canine, c’est quelque chose qui doit interroger à chaque fois la forme. On ne doit pas aller tranquillement sur des sentiers déjà balisés. Il faut interroger tout le temps, que ce soit dans les vidéos, en concert ou en musique. Ce qui m’intéresse c’est de ne jamais être dans la facilité. Ce n’est pas faire compliqué, au contraire, de simplifier au maximum, de rendre lisible quelque chose qui pour moi, est très fourni dans ma tête.

Quel sens donnez-vous aux masques qui cachent vos visages ?

Canine : Ce n’est pas comme ça que je le vois. Le masque pour moi, c’est cacher pour révéler autre chose. Il révèle un groupe puisqu’on n’est plus des entités individuelles. Tout s’est basé sur mon masque en plume. Ensuite, j’en ai mis aussi aux filles pour créer cette impression de meute, de collectif et réussir à créer un tout homogène. Le masque permet d’amener une sorte de sacralisation sur la scène. En revenant aussi à quelque chose de primal qui a toujours existé dans les civilisations ancestrales, c’est redonner une sorte de spiritualité, de code, de rituel qui ne soit pas religieux, choisi par nous. Sur scène, je voulais qu’il y ait cette progression, quelque chose d’un peu mystérieux qui aille vers la lumière. Ce qui m’intéresse, même si c’est une musique de combat, c’est qu’il y ait toujours une porte de sortie, un espoir.

Votre répertoire en anglais et français semble dessiner une sorte de langue imaginaire. Que racontez-vous?

Canine : Dans le spectacle, au niveau du chant, il y a ce truc de question-réponse. J’ai envie de donner la parole à toutes les voix que j’ai dans ma tête. Ce que j’entends, c’est des sortes de dialogues, de combats, des voix qui peuvent se consoler ou être dans un conflit. Ce qui m’intéresse également, c’est de montrer une image du féminin qui ne soit pas celle dont on a l’habitude. C’est-à-dire un féminin qui puisse être fragile, fort, drôle. Une image qui nous écarte des stéréotypes qu’on voit beaucoup. C’est venu petit à petit en créant le spectacle. En fait, je suis devenue féministe avec ce projet. En répétition, cela m’a semblé une évidence qu’on ne soit que des femmes. Le spectacle raconte ce secret, cette spiritualité, qui pour moi, est dans le féminin.

Un projet où le chant occupe une grande place…

Canine : C’est mon instrument premier, même si j’ai fait du piano avant, de la musique électronique. Mais je viens du jazz, je fais du son avec la voix. Il faut que les sensations soient musicales. Le chant une fois qu’on en fait, c’est une discipline quotidienne. Cela fait énormément de bien. Je ne pourrais pas vivre sans chanter. Et je pense que pour toutes les filles de Canine, c’est pareil.

Aucune de vos performances ne se ressemblent. Que prévoyez-vous pour votre concert à La Cigale ?

Canine: On sera certainement douze sur scène, avec les instrumentistes et les chanteuses. Cela va être plein de surprises avec sans doute des invités. Le set sera très progressif avec des remaniements au niveau des arrangements. J’aimerais que cela soit comme une grande communion, une sorte de messe publique où on va tous s’aimer beaucoup.

  • Canine en concert le 2 octobre à La Cigale, 120 Boulevard Rochechouart 75018 Paris. Album “Dune”Polydor.

Lire: Musique. Daysy à l’aube d’une carrière prometteuse : https://www.weculte.com/interview/musique-le-duo-pop-soul-daysy-a-laube-dune-carriere-prometteuse/

 

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