jean lambert wild coloris vitalis
Jean Lambert-wild, le clown "Gramblanc" dans "Coloris Vitalis" ©Tristan Jeanne-Valès

Théâtre. Le clown « Gramblanc » incarné par l’acteur Jean Lambert-wild, fait son retour dans « Coloris Vitalis ». Un spectacle qui explose de couleurs, dans lequel il fait part de son amour de la vie et de ses angoisses, qui résonne fortement en ce moment. Un seul en scène en forme de performance chromatique, qu’il vient de jouer au Théâtre à la Coque d’Hennebont (Morbihan), à découvrir du 6 au 8 août dans le cadre du Festival Orbis Pictus, à Reims.


« Coloris Vitalis« , une performance sur l’absurdité, porteuse de tous les affres qui préoccupent l’Homme. Le clown Gramblanc, personnage incarné par Jean Lambert-wild, a compris qu’il vaut mieux vivre – même mal – qu’être mort. Un code de l’honneur chevaleresque bien à lui, où nous le voyons se débattre avec et contre ses souvenirs fortement colorés


jean lambert wild
(photo)Tristan Jeanne-Valès

«Je ne suis pas prêt, je ne suis pas prêt» déclame Jean Lambert-wild. C’est par cette litanie contre la peur, sur fond de voix de Dalida chantant «Je suis malade», que commence l’histoire, ô combien existentielle, de «Coloris Vitalis». Ne pas finir, peut être est-ce bien tout ce qui compte à cet instant, car ne pas partir c’est rester un peu, c’est vivre encore. « J’attends la fin, alors qu’elle vienne ! » lance-t-il  dans l’écrin intimiste du Théâtre à la Coque, Centre national de la Marionnette de Hennebont (Morbihan). Un spectacle de 45 minutes, qu’il jouera 4 fois par jour du 6 au 8 août au Festival Orbis Pictus, à Reims.

Bouclier et épée de bois en mains, Jean Lambert-wild, chevalier à la blanche figure et clown triste, se tient devant nous dans sa robe-pyjama rayée, égrenant toutes les couleurs, comme autant de raisons auxquelles il s’accroche pour vivre. Nous viennent alors les dernières paroles de la comtesse du Barry, dites sur l’échafaud: «Encore un instant,  Monsieur le bourreau». Personne n’est prêt à mourir. Jamais. Même si le mot n’est pas prononcé, la mort, c’est pourtant bien d’elle qu’il s’agit ici.


Théâtre. Jean Lambert-wild : clown blanc, génial barbouilleur de la vie


Dans le texte écrit par Catherine Lefeuvre (1), il est question de monochromes viraux, de coloristes, d’arrêt de rotation de la terre, de temps qu’on n’a plus… L’élégie de Gramblanc, personnage qu’il incarne depuis vingt ans, est poétique et brutale comme l’est toute fin d’un être vivant : «on est foutus, on va tous mourir !» dit-il. Un tableau empli de mille teintes où alternent poésie et moments crus (les gargouillis annonçant les pets, le spectateur au troisième rang, en pull rouge que le comédien interpelle, le qualifiant de «mon petit péteux»…), pour mieux faire reculer l’instant fatidique; de même que l’arrivée de la jeune femme (Christine Ducouret) qui accourt à plusieurs reprises pour lui verser à boire, lui permet de repousser un peu plus son dernier instant.



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« Coloris Vitalis »: le clown Gramblanc
©Tristan Jeanne-Valès

Un quasi seul en scène et une performance sur l’absurdité, porteuse de tous les affres qui préoccupent l’Homme. Durant un bon tiers, le personnage fait penser à «En attendant Godot» de Samuel Beckett où les acteurs espèrent la venue de «Godot» qui ne vient pas. Jean Lambert-Wild en a fait son contraire; on sait « qui » il attend. Gramblanc a compris qu’il vaut mieux vivre – même mal – qu’être mort. Il joue ainsi sur ses angoisses, ses passions, ses obsessions dérisoires, ajoutant un code de l’honneur chevaleresque bien à lui, où nous le voyons se débattre avec et contre ses souvenirs fortement colorés.

Victor Hache

  • A voir: «Coloris Vitalis » de Jean Lambert-wild et Catherine Lefeuvre – durée 45 mn. A voir du 6 au 8 août, Festival Orbis Pictus à Reims et du 7 au 9 décembre à Belfort. Production: La coopérative 326, Le théâtre de l’Union – Centre Dramatique National du Limousin, avec le soutien: Les Scènes du golfe -théâtres Arradon-Vannes
  • (1) Le texte est édité aux éditions Les Solitaires intempestifs

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