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"Les Désaxés" : Marilyn Monroe dans son plus beau rôle

Télé. Adapté du roman de Arthur Miller, «Les Désaxés» de John Huston met en lumière l’histoire de quatre paumés, à la fin des années cinquante, où une ancienne stripteaseuse rencontre à Reno, dans le Nevada, un vieux cow-boy et un pilote d’avion. Ils chassent au lasso des chevaux sauvages destinés à la consommation. Pendant une chasse, ayant besoin d’un partenaire, ils embauchent un cow-boy vivant de rodéos. Les trois hommes vont tomber amoureux de la jeune femme. Un film crépusculaire qui raconte la fin du mythe de l’Ouest et du cinéma d’Hollywood, avec Marilyn Monroe dans son plus beau rôle. A voir lundi 6 décembre sur Arte -20:55


Télé. A voir «Les Désaxés» avec Marilyn Monroe dans son plus beau rôle


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« Les Désaxés » : Marilyn Monroe, Montgomery Clift et Clark Gable (© Metro-Goldwyn-Mayer Studios Inc.)

A la fin des années cinquante, à Reno dans le Nevada, ville célèbre pour les divorces vite expédiés, quatre individus vont se rencontrer, s’aimer, se déchirer. Une jeune femme Rosalyn (Marilyn Monroe) devient rapidement amie avec deux hommes, un ancien cow-boy, Gay (Clark Gable), la cinquantaine, un pilote d’avion, Guido (Eli Wallach) qui vient de perdre sa femme, et un cavalier de rodéo, usé, Perce (Montgomery Clift). Ils vont tous les trois aimer Rosalyn. Elle n’en aimera qu’un mais il chasse des chevaux sauvages pour la boucherie, aidé de ses deux compagnons. Rosalyn ne peut supporter ce qu’ils font.

Le titre anglais signifie les «mal dans leur peau», ou désaxés, en dehors de l’axe, soit des codes de la société. Les personnages décrits ici ne trouvent plus leur place, ils se sentent inadaptés.

Avec ce triste constat, l’écrivain Arthur Miller (auteur du scénario), époux de Marilyn Monroe, dresse dans son roman, le bilan, sorte de verdict, d’une société qui impose, avec sa modernité, de nouvelles règles, un autre mode de vie. Le rêve des héros partis de l’Est des U.S.A. est mort, ils sont obligés de se plier désormais aux diktats du 20ème siècle. On ne chevauche plus sur des centaines de kilomètres, on ne fait plus corps avec sa monture, on la chasse pour nourrir des humains ou des animaux domestiques. En quelque sorte pour des boîtes de conserve.



La force du réalisateur John Huston est cet adieu aux westerns avec John Wayne, Gary Cooper, Henry Fonda ou Burt Lancaster. C’est une ancienne icône du cinéma, Clark Gable, séducteur depuis «Autant en emporte le vent», «L’Esclave libre» ou «Mogambo» qui porte le rôle du quinquagénaire sans ressort, à bout. C’est ce qui rend ce film si contemporain.

L’autre figure phare du film, Marilyn Monroe, alors en cours de divorce d’avec Arthur Miller, ayant en elle tellement de fragilité, de fractures psychologiques, qu’aucune autre actrice n’aurait été aussi crédible dans le rôle de Rosalyn. Entre les antidépresseurs, l’alcool et son corps qui change, elle ne joue pas, elle est véritablement la femme encore jeune mais qui sait que le temps lui est compté.

Au résultat, Huston raconte autant la fin du mythe de l’Ouest que la mort du cinéma d’ Hollywood. Sans sa poigne, le tournage aurait été ingérable. Les disputes entre Marilyn et Miller, les deux semaines d’arrêt pour sa cure de désintoxication, Clark Gable, physiquement fatigué. Il mourra d’ailleurs 12 jours après la fin du tournage d’une crise cardiaque causée par l’abus d’alcool et le tabac. Il était âgé de 59 ans.



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« Les Désaxés » : Marilyn Monroe et Clark Gable

Une œuvre cinématographique considérée comme maudite et crépusculaire. Marilyn décédera à peine 11 mois après sa sortie, Mongomery Clift moins de 4 ans plus tard. Au final, le film est un poème mélancolique renvoyant à notre époque pleine de changements imposés et tout de même de bien-être matériel. C’est cette contradiction qui nourrit notre imaginaire. «Les Désaxés» sont le miroir de notre société.

Jane Hoffmann

  • A voir : «Les Désaxés» («The Misfits») (1960) de John Huston avec Marilyn Monroe, Clark Gable, Elli Wallach, Mongomery Clift, musique d’Alex North, sur Arte lundi 6 décembre – 20:55

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