fesque meo réunion metis

Graffeur reconnu à l’international, Méo fait partie des plus grands artistes urbains réunionnais. Nous l’avons rencontré lors de la première édition du festival Réunion Métis à Saint-Paul, à la Réunion, où il a réalisé une immense peinture murale. Une œuvre au trait réaliste, représentant une petite fille tenant un livre, dédiée à la transmission du savoir et de la culture créole.  

Méo, street artiste: “J’aimerais bien que mes peintures murales restent, mais comme les anciens me l’ont dit quand j’ai commencé “le graff n’a pas vocation à durer“. C’est un art éphémère que seul le temps ou quelqu’un pourra effacer”

portrait street artiste meo
Le street artiste réunionnais Méo.

Comment définiriez-vous votre travail ?

Méo : J’appelle ça du graff. Une fois que j’ai mon thème, je fais des esquisses et je pars à la recherche de mon modèle avec lequel je fais des séances photos. Ensuite, je réalise une peinture murale réaliste à partir d’une photo. J’ai commencé par le tag et le graffiti sauvage. J’ai fait du lettrage au début, mais j’ai toujours été un amoureux du dessin. Je dessine depuis que j’ai trois ans encouragé par ma mère, qui m’a toujours poussé dans cette voie. Plus tard, adolescent, j’ai découvert la culture hip-hop et le graff. Quand je faisais du graffiti, à un moment j’en ai eu marre d’écrire mon nom partout. C’est comme ça que j’ai commencé à dessiner et à inventer des personnages, style BD, cartoons etc… A l’époque à la Réunion, on n’avait pas Internet et les magazines consacrés aux graffitis et à la culture hip-hop, étaient vraiment très rares. La première fois que j’ai découvert des graffs c’était dans un magazine qu’avait mon prof de dessin dans son armoire. C’est là que je me suis passionné pour cette discipline.

fresque meoQuel sens donnez-vous à votre démarche artistique?

Méo : Quand j’ai commencé il y a 26 ans, le graffiti avait une mauvaise image. Et aujourd’hui, même si le street art est toléré, ça reste toujours puni par la loi. Souvent on l’oublie. Ce que j’ai voulu, c’est donner une autre image plus positive du graffiti. J’ai essayé de montrer à l’ancienne génération, celle de mon père qui n’avait rien à avoir avec le graff, qu’on peut faire de belles choses. Ce que j’aime dans les visages et les personnages réalistes que je réalise, c’est faire passer une émotion. Au fil des années, j’ai essayé de me construire un style et un univers qui reflètent la culture réunionnaise dans son ensemble, à travers ce qui est beau et ce qui ne l’est pas.

Quel message voulez-vous faire passer ?

Méo : Sur la peinture murale que j’ai faite durant le festival Réunion Métis, on voit une jeune fille qui tient un livre sur lequel est écrit : “Kréol mon lang” (le créole est ma langue). Je donne parfois des cours dans des lycées et je constate que la langue créole se perd. Le message que je veux faire passer c’est de ne pas oublier nos racines, nos valeurs créoles, notre langue. Et continuer à faire vivre cette langue qui est un héritage des anciens.

meo fresqueComment vivez-vous le fait que le graff soit un art éphémère ?

Méo : J’aimerais bien que mes peintures murales restent, mais comme les anciens me l’ont dit quand j’ai commencé “le graff n’a pas vocation à durer”. C’est un art éphémère que seul le temps ou quelqu’un pourra effacer.

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