isabelle hupert dans l'ivresse du pouvoir
Isabelle Huppert, parfaite en juge d'instruction dans "L'ivresse du pouvoir" de Claude Chabrol

Télé. Dans “L’ivresse du pouvoir”, le réalisateur Claude Chabrol dresse le portrait glaçant d’une juge d’instruction, jouée magistralement par Isabelle Huppert. Une juge qui gagne en pouvoir ce qu’elle perd en sentiments humains, dans sa vie personnelle et dans son rapport aux autres. Aliénée dans sa propre rigidité due à la poursuite de P.D.G. douteux, est-elle prête à tout pour arriver à ses fins ? A voir dimanche 20/09 sur Arte – 20:55

“L’ivresse du pouvoir” de Claude Chabrol est la description minutieuse des dérives dues à un orgueil démesuré et aux pouvoirs grandissants donnés au système judiciaire. Isabelle Huppert en juge d’instruction est parfaite, glaçante, dans ce rôle de femme impitoyable dans sa traque

“L’Ivresse du pouvoir” raconte l’enquête d’une affaire de détournements de fonds et d’abus de confiance, instruite par la juge d’instruction Jeanne Charmant-Killman (Isabelle Huppert), dans laquelle le président d’un grand groupe industriel, Michel Humeau (François Berléand) est mis en cause. La juge cherche, interroge avec une ténacité remarquable et remarquée. Son pouvoir grandit, lui fait pénétrer des secrets, augmentant ses moyens de pression. Plus ce pouvoir s’amplifie, plus elle est grisée. Se pose alors la question : jusqu’où est-elle prête à aller ?.

Son enquête menée avec poigne lui procure des ennemis, pas seulement chez ceux qu’elle poursuit. Dans son foyer également, la discorde s’installe. Son mari Philippe Charmant (Robin Renucci) sent venir la dérive, il voudrait qu’elle desserre l’étau qu’elle a elle-même fabriqué. Mais, comme elle le dit avec ironie dans une scène  “Est-ce que je me trompe ou le juge d’instruction est devenu le personnage le plus puissant de France ?”.

Avec L’Ivresse du pouvoir Claude Chabrol nous invite à entrer dans son jeu à lui pour observer minutieusement chaque plan, écouter attentivement les dialogues. Il a dressé un cadre dans lequel chaque participant est strict, figé. Même la juge est droite comme un i, rigide; au début lors de sa première visite de perquisition dans les bureaux de la société de Michel Humeau (François Berléand), épaulée par une dizaine d’agents, son manteau est bleu, comme est bleu le voile de la vierge Marie dans les tableaux. Ensuite elle est toute de noir vêtue où seuls ses gants rouge coupent sa silhouette, tel un bourreau devant sa guillotine.

Michel Humeau n’a pas besoin d’être jugé, ni son bras droit (Patrick Bruel), ils sont déjà condamnés. Elle les poursuit avec une détermination proche de la haine. Est-ce parce qu’elle est partie de rien, venant d’un milieu modeste ? Dans ce film, Claude Chabrol fait ressortir ce qui régit désormais notre société : il y a la justice qu’on applique aux autres et la justice qu’on s’applique à soi-même, celle qui permet de s’octroyer les pleins pouvoirs. A deux reprises, la juge est filmée au travers d’un aquarium, symbole pour le réalisateur d’une certaine aliénation. Car, bien que juge, Jeanne a tout d’une “criminelle” qui instruirait sa propre affaire. A ce moment du film on bascule dans le genre “policier”.

affiche l'ivresse du pouvoir de claude chabrol

Claude Chabrol a tourné six films avec Isabelle Huppert. Celui-ci, de 2004, est la description minutieuse des dérives dues à un orgueil démesuré et aux pouvoirs grandissants donnés au système judiciaire. Isabelle Huppert est parfaite, glaçante, dans ce rôle de femme impitoyable dans sa traque. Elle fait peur parce qu’elle est devenue dangereuse. Vraiment, un excellent cru.

Jane Hoffmann

  • L’Ivresse du pouvoir” avec Isabelle Huppert, François Berléand, Patrick Bruel, Robin Renucci. Dimanche 20/09 sur Arte – 20:55

 

 

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