maylis de kerangal
Maylis de Kerangal. Photo Francesca Mantovani

Roman /Poche. Après l’architecture et la transplantation cardiaque, Maylis de Kerangal explore, avec “Un monde à portée de main”, un autre univers : celui de l’illusion dans l’art. Un roman documenté et lyrique.

Comme elle s’était intéressée aux secrets des ponts et chaussées puis à ceux de la transplantation cardiaque, avec “Un monde à portée de main” Maylis de Kerangal plonge là dans les abysses de l’illusion, du trompe-l’œil avec une précision et une technicité quasi chirurgicale

maylis de kerangal un monde a portee de main  Un jeune homme- Jonas, à la casquette. Deux jeunes filles- Kate l’Ecossaise aux cheveux platine et Paula (nom de famille : Karst) aux yeux vairons. On fume, on boit, on se raconte ses souvenirs de prime jeunesse. Souvenirs du temps de l’Institut de peinture de Bruxelles, rue du Métal… là où on a appris l’art du trompe-l’œil, cet art qui peut faire passer un panneau de bois pour une plaque de marbre.

Après les très réussis “Naissance d’un pont” (2010) ou “Réparer les vivants” (2014), Maylis de Kerangal explore un autre univers, c’est “Un monde à portée de main”– l’un des romans les plus étincelants parus initialement à l’été 2018 : “Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image “.

Comme elle s’était intéressée aux secrets des ponts et chaussées puis à ceux de la transplantation cardiaque, Maylis de Kerangal plonge là dans les abysses de l’illusion, du trompe-l’œil avec une précision et une technicité quasi chirurgicale. Mais qu’on se rassure, “Un monde à portée de main” n’est pas seulement, uniquement un roman sur cet art du trompe-l’œil. La romancière suit le destin de cette Paula Karst, belle jeune femme aux yeux vairon. D’où vient-elle ? Comment et quand est apparue sa vocation ? Comment et pourquoi se retrouve-t-elle dans les grottes de Lascaux- du moins, dans leur réplique où le factice et le trompe-l’œil font loi artistique ? Et puis, dans ce roman ou se mêlent lyrisme et documentaire, on appréciera sa première phrase, délicieux tourbillon de dix-huit lignes…

Texte Serge Bressan

“Un monde à portée de main” de Maylis de Kerangal. Folio / Gallimard. 336 pages, 8 €.

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