le scenariste jean regnaud
Jean Regnaud sera au Festival International du film d'animation d'Annecy avec le court-métrage jeune public en compétition "Mon papi s'est caché " dont il a écrit le scénario.

On lui doit les scénarii du Grand méchant Renard (césar du meilleur film d’animation en 2018), Ma maman est en Amérique (nommé aux césars en 2014), Ernest & Célestine en hiver, ainsi que ceux d’une pléiade de séries (SamSam, Petit vampire, Ariol, Chien pourri…). Dix ans après être entré presque par hasard dans le milieu de l’animation, Jean Regnaud sera au Festival international du film d’animation d’Annecy où le court-métrage jeune public qu’il a écrit est en compétition avec huit autres films. Une occasion en or pour faire un point sur sa carrière.

Jean Regnaud, scénariste de films d’animation: “Ecrire pour un court-métrage relève davantage du choix artistique et politique car il n’y a aucune visée commerciale derrière. Il s’agit d’un moyen d’expression absolu !”

Écrire pour des dessins animés, c’était une vocation ?

Jean Regnaud: Plutôt une opportunité ! J’ai exercé beaucoup de métiers avant de devenir scénariste : journaliste, patron de bar, chanteur de New Wave… J’ai même planté des arbres ! Néanmoins, j’ai toujours été auteur, en parallèle. J’écrivais des fictions policières, des BD… L’une d’elle, “Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill” a reçu un prix à Angoulême en 2008. Des producteurs se sont mis en tête de l’adapter et m’ont proposé d’en écrire le scénario. Le film est sorti en 2013 ; c’est lui qui m’a ouvert les portes de l’animation. Je suis officiellement devenu scénariste en 2009…Il y a tout juste 10 ans ! J’ai appris ce métier sur le tas, en lisant et en observant les gens. Mon école, c’est celle de la vie !

Quel bilan tirez-vous de vos 10 années dans le milieu de l’animation ?

Jean Regnaud : J’ai eu énormément de chance ! J’ai travaillé avec des génies comme Joann Sfar (Petit Vampire), Benjamin Renner (Le grand méchant Renard), Marc Boutavant et Emmanuel Guibert (Ariol), Patar et Aubier (Chien pourri),… Je me suis beaucoup amusé. L’animation est un milieu bourré de gens à la fois talentueux et très simples. C’est aussi un milieu en constante évolution. Il existe une catégorie spécifique aux césars depuis 2011 seulement. Et pour la première fois à Cannes cette année, c’est un film d’anime qui a reçu le Grand Prix de la Semaine de la Critique (“j’ai perdu mon corps”). Nous sommes à une période charnière. On assiste à ce qui s’est passé dans la BD il y a 30 ans où, après la parution de Persepolis de Marjane Satrapi, les éditeurs se sont rendus compte que ces œuvres pouvaient aussi intéresser les adultes. Dans les deux ans à venir, une dizaine de films d’anime destinés à un public adulte vont sortir au cinéma. Le Festival d’Annecy constitue une excellente occasion de prendre le pouls de ce secteur et de découvrir toutes ses pépites !

Mon papi s’est caché” dont vous avez écrit le scénario fait partie des 9 courts-métrages jeune public en compétition à Annecy. Que pouvez-vous nous en dire ?

Jean Regnaud : L’essentiel de mon travail, c’est d’écrire des séries. Ecrire pour un court-métrage relève davantage du choix artistique et politique car il n’y a aucune visée commerciale derrière. Il s’agit d’un moyen d’expression absolu ! Mon papi s’est caché (réalisé par Anne Huynh) raconte une discussion entre un grand-père et son petit-fils sur la vie après la mort. C’est un sujet finalement très politique ! Il évoque ce qu’on peut devenir sans jamais aborder la question du paradis et donc des religions…

Pas facile de parler de la mort à des enfants…

Jean Regnaud : Les enfants constituent le meilleur des publics. Ils sont à la fois très inspirants et très exigeants.  On ne peut pas les embobiner avec des femmes à poil, de la drogue, des comédiens qui philosophent… Si l’histoire ne les intéresse pas, le film disparaîtra des écrans. Ecrire pour eux relève du défi d’autant qu’ils ont souvent beaucoup plus d’imagination que nous !

Jean Regnaud : “Pour moi, l’animation est le mode d’expression le plus percutant. C’est bien plus qu’une technique ou un genre. C’est devenu un monde en soi qui évolue au gré des nouvelles technologies”

Vos propres enfants ont-ils été une de vos sources d’inspiration ?

Jean Regnaud : Je me suis bassement servi de mes enfants ! D’abord en leur lisant des histoires. Je les observais pour voir ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Ensuite en les laissant libre de regarder ce qu’ils voulaient. Grâce à eux, j’ai découvert beaucoup de séries d’anime et de bande dessinées qui m’ont nourri ensuite dans mon travail d’écriture.

Quel regard portez-vous sur l’animation en 2019 ?

Jean Regnaud : Pour moi, c’est le mode d’expression le plus percutant. C’est bien plus qu’une technique ou un genre. La preuve, on peut  aborder tous les genres, du polar à la SF ; on peut faire du “qui coûte cher” et du “trois francs six sous”… Et puis, c’est un travail d’équipe, un joyeux bordel qui mélange les envies et désirs de chacun. C’est devenu un monde en soi qui évolue au gré des nouvelles technologies.

affiche festival du film d'animation d'annecyQue peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Jean Regnaud : Encore une fois, j’estime que j’ai vraiment de la chance d’écrire dans l’animation à notre époque ! Mais je doute que ce soit mon dernier métier. Je change en moyenne tous les 10 ans. Pour la suite, j’hésite entre la menuiserie ou l’agriculture !

Festival International du film d’animation d’Annecy du 10 au 15 juin 2019. Infos: https://www.annecy.org/programme:fr

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