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Francis Cabrel revient avec le délicat et élégant " À l'aube revenant", son 14ème album. Photo Claude Gassian/Sony music

Musique. Cinq ans après “In extremis”, Francis Cabrel revient avec “À l’aube revenant”. Un 14ème opus de 13 chansons folk-blues, où il explore la culture occitane et la poésie médiévale à la manière d’un troubadour contemporain.

Francis Cabrel est assurément le chanteur le plus discret qui soit. Régulièrement, il réapparaît tous les cinq ans. Le temps pour lui d’écrire et de peaufiner des chansons aux mots choisis. Après “In Extremis”, le chanteur d’Astaffort (47) revient avec “À l’aube revenant”. Un 14ème opus qui s’ouvre par le temps qui passe (“Les beaux moments sont trop courts”), dans lequel il se livre un peu plus que d’habitude. Dans “Te ressembler”, il se remémore ainsi son enfance et rend un hommage émouvant à son père, ouvrier: “tu avais les pieds sur terre et j’étais tout le contraire/T’as jamais eu mon âge/T’as travaillé trop dur pour ça”.

Un album aux arrangements délicats et élégants où il célèbre la poésie médiévale et se fait descendant des troubadours, influencé par Claude Sicre, militant de la culture occitane, membre du groupe Les Fabulous Trobadors : “Je savais ce qu’était un troubadour et je voyais vaguement à quoi on faisait allusion en disant de moi que je suis une sorte de troubadour. Claude Sicre m’a amené à m’intéresser à eux”.

L’auteur de “Encore et Encore”, “Je l’aime à mourir, “Sarbacane”, “Petite Marie”… revendique l’héritage de la langue d’oc dans “Rockstars du Moyen Âge : “nous descendons de vous” chante-t-il, évoquant le sentiment amoureux dans “Ode à l’amour courtois” ou dans “Fort Alamour” : “Y’a celui-ci qu’on dit trouvère, celui-là qu’on dit troubadour/ Y’a celle à qui ils voudraient plaire, et qui les ignore toujours/Ils lui écrivent des pages entières/ C’est de l’amour nouvelle manière… C’est du pur amour/”.

Autant de chansons folk-blues où le chanteur du Lot-et-Garonne, fait le pont entre la musique anglo-saxonne, inspiré par Dylan ou Leonard Cohen et la poésie de Rimbaud et Verlaine (“Peuple des fontaines”).

Il s’agace parfois du monde qui se referme sur lui, de cette société où plus personne ne se parle, appelant aux retour des relations sociales pour rompre l’isolement (“Parlons-nous”). Il s’alarme également du réchauffement climatique dans “Jusqu’au pôles”, interrogeant nos manières de vivre et de polluer: “Devant le peu qu’il reste de banquise/ J’essaye l’humour, je tente l’esquive/Je vois bien que tout se dérègle et s’affole/Ces quelques mots pour dire pardonnez-moi/De vous laisser la Terre dans cet état/Dans ce fracas de glaciers qui dégringolent/”

Il y a aussi “Chanson pour Jacques”, amusant clin d’œil à un autre exilé, Jacques Dutronc “celui qui se la coule dans son jardin de Corse” ainsi qu’une reprise de J’écoutais  Sweet Baby James” du musicien américain James Taylor, seul titre qu’il a enregistré en solo.

Un album sensible qui témoigne une nouvelle fois du savoir-faire de l’artisan du poème chanté qu’est Francis Cabrel, que l’on retrouve entouré de ses complices de toujours: Michel Françoise, coréalisateur du disque, Denis Benarrosh (batteur), Freddy Koella (guitariste), Alexandre Léauthaud (accordéoniste) et Nicolas Fiszman (bassiste).

De quoi patienter avant son retour sur scène aux Folies Bergère, où il se produira pour la première fois de sa carrière, du 5 au 15 novembre.

Victor Hache

francis cabrel a l'aube revenant
Francis Cabrel lors de l’enregistrement de ” À l’aube revenant” (France 2)

Francis Cabrel de retour sur scène à l’automne

Francis Cabrel sera aux Folies Bergère, à Paris du 5 au15 novembre 2020, à l’espace Pierre Bachelet de Dammarie-les-Lys (77) le 3 novembre et à Agen Expo Congrès (47) les 7, 8, 9 décembre, prélude à une tournée au printemps 2021.

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