dick annegarn
Dick Annegarn. Photo (Martin Bureau/ AFP)

Musique. Le chanteur néerlandais Dick Annegarn revient avec le réussi et hors des clous “Söl”. Un album solo aux ambiances folk-blues intimistes et mélancoliques, composé durant le confinement.

Depuis ses débuts, Dick Annegarn travaille à l’instinct. La période de confinement a visiblement inspiré le chanteur néerlandais. Seul dans sa ferme des petites Pyrénées près de Toulouse, entouré de ses poules et de ses canards, il a pris sa guitare et ses mis à transcrire les sentiments qui lui passaient par la tête. Comme s’il voulait laisser une trace de la vie en 2020, marquée par un grand silence, à l’heure du Covid.

Il a écouté le monde, ses inquiétudes, où chacun replié sur soi se demandait de quoi serait fait demain. Alors, il s’est mis à chanter comme pour mieux briser le silence. Il en rapporte un album “Söl”, dans lequel il fait sonner plus que jamais le verbe et les mots. Avec d’emblée, un retour sur son enfance “Né à la Haye”, sur fond de percussions africaines.

Dick a le blues de plus en plus ancré en lui. Il le prouve une fois encore avec sa façon gospel de chanter “Trop tard”, qu’on croirait sorti d’un champ de coton.

Dans “Söl”, il y a solaire et solo. Exactement ce qu’est le grand Dick, dont les chansons intimistes, joyeuses et mélancoliques ne sont prétexte qu’à oralité littéraire. Lui, l’amoureux de la langue française, nous offre ainsi un festival de mots gourmands dans “Comment ça tombe”, où “ça bisque, ça pulse, ça glisse, ça danse, ça tangue”.

Depuis son premier album, Annegarn nous a laissé quelques bijoux, devenus des classiques de la chanson, “Sacré Géranium”, “Bruxelles”, “Mireille”, “Bébé éléphant” ou “Le Père Ubu”. Des titres qui ont rencontré le grand public, qui ne l’ont pas empêché d’explorer des univers moins balisés. Dick n’a jamais aimer faire du sur place.

Après le jazzy “Velo Va”, le swinguant “Twist” et l’urbain symphonique “12 villes,12 chansons”, il chante aujourd’hui “Marilyn Monroe”, “Modigliani”, “Saint-Denis”, les “Oiseaux à 4 pattes”, dédie un “Hymne à l’Himalaya” et ne croit que ce qu’il voit “Comme Saint-Thomas”.

Il clôt son album par une invitation à ne pas s’en laisser compter dans le brouhaha ambiant : “Pour lutter contre l’intox/Pour lutter contre l’infâme/Pour lutter contre la pub/Pour lutter contre la crise/” (“Tox”). Un album sensible, rempli de trouvailles sonores et hors des clous, comme toujours chez Dick Annegarn. Un régal.

Victor Hache

 

 

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