les faux british théatre saint georges
Les Faux British sont de retour au Théâtre Saint-Georges, à Paris. Photo Christophe Raynaud de Lage Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Attention reprise ! Après 29 semaines d’interruption, le Molière 2016 de la comédie fait son grand retour au Théâtre Saint Georges. “Les faux British” s’en donnent à cœur joie, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Gwen Aduh, comédien et metteur en scène revient sur les secrets de cette adaptation déjà applaudie par 620.000 spectateurs.

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Gwen Aduh, metteur en scène et co-adapteur des “Faux British”, Prix Molière 2016

Gwen Aduh, vous avez du flair ! Lorsque vous avez racheté les droits de “The play that goes wrong”, cette comédie britannique créée en 2012 par Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields, débutait seulement. Aujourd’hui c’est un triomphe qui se joue à guichet fermé. Racontez-nous le début de cette incroyable aventure.

Gwen Aduh : J’ai vu la pièce des Anglais au festival d’Edimbourg. J’y étais allé pour voir des spectacles d’impro. Sur le programme, j’ai trouvé le nom de leur pièce rigolo, ça m’a donné envie d’aller voir. Durant le spectacle, je pleurais de rire. En sortant, je me suis dit : “qu’est-ce que j’aimerais travailler avec eux”, d’autant qu’à cette époque, ils n’étaient pas encore connus. Quand je suis rentré à Paris, j’ai fait lire la pièce à Miren Pradier avec qui je travaillais depuis 10 ans. Elle a été emballée et nous avons décidé d’adapter “The play that goes wrong”. Je suis une sorte de coucou qui vient s’installer dans un nid… mais pour en faire un plus beau ! Depuis 2015, les faux british tournent sans discontinuer.

Pour les spectateurs qui n’auraient pas encore vu la pièce, quel est le pitch des faux British ?

Gwen Aduh : C’est une pièce de théâtre sur une enquête policière anglaise jouée par des passionnés de romans noirs, qui ont fondé une association. Tous les ans, à l’occasion de leur réunion annuelle, le bureau organise un événement : chasse au trésor, cluedo,… Cette année, les membres décident de présenter une pièce inédite. Le président de l’association joue l’inspecteur, le charpentier qui a construit les décors décroche le rôle du majordome,…  Certains ont juste pris le temps de répéter chez eux. Le spectacle débute avec le sérieux et la rigueur qu’imposerait une pièce anglaise de roman noir… Sauf que tout part en vrille.

Tout part en vrille, certes, mais ces ersatz de comédiens restent très professionnels !

Gwen Aduh : A chaque fois qu’il y a un pépin, ces comédiens d’un soir poursuivent comme si de rien n’étaient, à l’instar de vrais comédiens. Sauf que toutes les 30 secondes, il y a un nouvel accident avec un crescendo incroyable. En soi, nous avons tous déjà vu ce type d’accidents dans des films burlesques ou au théâtre, mais c’est la manière dont ils sont agencés au milieu de cette enquête policière qui fait toute l’originalité de la pièce.

L’adaptation que vous avez faite avec Miranda Pradier est-elle absolument fidèle à la pièce originale ?

Gwen Aduh : Pas tout à fait. Dans The play that goes wrong”, ce sont des comédiens amateurs qui ratent leur pièce de fin d’année. Avec Miranda, nous avons trouvé plus drôle d’en faire des  passionnés de roman noir qui ne connaissent rien à la dramaturgie ! Ce qui m’intéresse vraiment, c’était le contraste entre le roman noir et le côté british qui contraint les comédiens à rester stoïques malgré les accidents. J’aime le côté flegme forcé car on peut s’amuser avec tous les clichés de l’Angleterre vu depuis la France. Par ailleurs, la pièce anglaise dure 2 heures et il y a beaucoup de comique de répétition ; ça n’aurait pas fonctionné chez nous. Lorsque nous sommes entrés en négociation pour acheter les droits, les Anglais ne voulaient pas que nous raccourcissions la pièce, sauf à prendre leur propre adaptation d’une heure pour l’Arabie saoudite. Seul hic : cette version était amputée des scènes un peu dénudées et de celles où ils boivent du whisky ! Je leur ai rappelé que je proposais une adaptation pour la France… Nous avons finalement réussi à trouver un accord et la version française dure 1H23. Si j’avais dû négocier aujourd’hui, je pense que ça aurait été peine perdue. Les auteurs sont désormais de grosses vedettes que l’on commence à comparer aux Monty Pythons.

Sur quoi vous êtes-vous particulièrement concentré lors de l’adaptation ?

Gwen Aduh : Le vrai-faux. Dans la version anglaise, la machinerie est monstrueuse. Il y a même un ascenseur. C’est génial sauf qu’on n’y croit plus si on part du principe que c’est une association un peu bidon qui monte une pièce pour la première fois. Il y a là une fragilité et une sensibilité propre au public français qui fait que ça marche… A condition que les comédiens conservent cette fragilité de super débutant. Quand mes comédiens jouent cette pièce 200 fois consécutives, le risque c’est qu’ils finissent par l’oublier. Lorsque je constate qu’on ne croit plus à leur côté “très amateur”, je les oblige à faire une pause pour retrouver cette fraîcheur.

affiche les faux britishL’introduction n’existe donc pas dans la pièce anglaise ?

Gwen Aduh : Cette partie est en effet une création originale écrite par Miranda Pradier et moi-même. Il s’agit de l’allocution du président de l’association qui présente au public la pièce qu’il s’apprête à jouer. Nous donnons dans cette scène toutes les clés pour comprendre les personnalités de chacun des comédiens et les liens qui les unissent.

C’est une pièce très interactive car le public est partie prenante du spectacle.

Gwen Aduh :  Les faux British est un spectacle sans quatrième mur. Cette pièce a été écrite en incluant le (vrai) public qui représente de (faux) adhérents de l’association, les membres de la famille, des amis,…D’où le côté très interactif, en effet.

La mise en scène est incroyable. Le décor est d’ailleurs un personnage à part entière qui contribue au succès de la pièce…

Gwen Aduh : Ce soir, nous avons eu un vrai souci ! Une poignée de porte a pété pour de vrai ! Il y a dans ce spectacle une précision d’horloger, mais quand quelque chose se grippe, nous avons assez d’expérience et de métier pour que ça passe inaperçu. J’ai à ce propos une anecdote inédit. Un soir, le courant a sauté et nous nous sommes retrouvés dans le noir. Les gens ont éclaté de rire ! Nous avons attendu un peu en continuant de jouer mais au bout d’un moment, il a fallu que nous quittions la scène le temps que le problème soit résolu. Le public a ri jusqu’à ce que nous remontions enfin sur les planches une fois l’électricité revenue, persuadé que c’était dans le script !

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Gwen Aduh

Que peut-on souhaiter à la pièce ?

Gwen Aduh : Les Faux British, c’est 7 comédiens et 3 techniciens, soit 10 salaires tous les soirs. Nous avons besoin que le public continue de venir nous soutenir pour que la pièce continue sur sa lancée.

Entretien réalisé par Sandra Franrenet

  • “Les Faux British” actuellement au Théâtre Saint-Georges. Infos et réservation: Guichet : 51, rue Saint-Georges,  75009   Paris. Tél. location : 01.48.78.63.47

 

 

 

 

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