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"Livres" : Lauren Groff revient avec son nouveau roman "Matrix" (c) Eli Sinkus

Livres. C’est la rentrée littéraire ! Au programme et sur les rayons des librairies, d’ici la fin janvier, pas moins de 517 romans et récits. Dans une première sélection, en toute subjectivité, We Culte en a retenu sept aussi sensationnels qu’indispensables… Bonne lecture à toutes et tous !

LA SENSATION

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« Livres » : « Matrix » de Lauren Groff

« Matrix » de Lauren Groff

Après « Les Monstres de Templeton » (2010), « Arcadia » (2012) et surtout « Les Furies » (2017, livre préféré de Barack Obama), l’Américaine Lauren Groff fait à nouveau sensation en cette rentrée littéraire d’hiver 2023. Avec « Matrix », l’auteure propose un sacré plongeon dans le temps. Voyage immédiat en l’an 1158 avec une héroïne de 17 ans, Marie de France. Les livres d’histoire l’évoquent comme la première femme à avoir écrit en français. Rappel un peu court pour une jeune femme au destin immense, à la magie visionnaire.

On lit : « Elle sort de la forêt seule sur son cheval. Agée de dix-sept ans, dans la froide bruine de mars, Marie qui vient de France. An de grâce 1158, le monde attend avec lassitude la fin du carême. Bientôt ce sera Pâques, qui vient tôt cette année. Dans les champs, les graines se déploient dans le sol noir et glacial, prêtes à jaillir à l’air libre… »

Marie approche de l’abbaye, « pâle et hautaine au sommet d’une butte dans cette vallée humide où les nuées venues de l’océan se tordent contre les collines ». Au fil des pages, on apprend que Marie est une bâtarde née d’un viol et a été envoyée au couvent par la reine Aliénor. On découvre également une amoureuse contrariée, une manipulatrice géniale, une « femme puissante » visionnaire.

De l’abbaye « endroit bizarre, sombre et misérable » où elle a été envoyée et s’y sentit « enterrée vivante » à peine entrée, elle va faire une véritable entreprise- elle y crée un atelier de copistes dont les services coûtent « un quart du prix de ceux des monastères d’hommes, car les femmes ne sont pas censées être copistes ni enlumineresses, on les en croit incapables, pas assez sages pour cela ». La « petite bâtarde » a pris sa revanche- mais, question lancée par Lauren Groff, ne serait-ce qu’une illusion ?

  • « Matrix » de Lauren Groff. L’Olivier, 306 pages, 23,50 €.

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« Livres » : « La vierge néerlandaise » de Marente de Moore

« La Vierge néerlandaise » de Marente De Moor

Eté 1936, Maastricht (Pays-Bas), début de « La Vierge néerlandaise », deuxième roman de Marente De Moor. La jeune Janna, 18 ans, quitte le domicile familial, envoyée par son père à Aix-la-Chapelle, Allemagne. Là, elle est accueillie par Egon von Bötticher, grand maître d’escrime. Il vit dans une vaste propriété à la campagne et y organise des combats à armes réelles.

Elle est là, douée dans l’art du fleuret, pour se perfectionner. Mais dans cette Allemagne où monte le nazisme, elle veut comprendre ce qui lie son père et le maître d’armes. Elle découvre un pacte secret entre les deux hommes, datant la de la Première Guerre mondiale. Auraient-ils une dette à régler, à honorer ? Alors que la barbarie commence à gronder à travers l’Europe, Janna s’interroge : lequel des deux, son père ou von Bötticher, va devoir payer ?…

  • « La Vierge néerlandaise » de Marente De Moor. Les Argonautes, 322 pages, 22,90 €.

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« Livres » : « Trio des ardents » de Patrick Grainville

« Trio des Ardents » de Patrick Grainville

Le charme, l’élégance et le style, voilà la marque de fabrique de Patrick Grainville, membre de l’Académie française depuis 2018. Une marque qu’une fois encore, il confirme avec son nouveau roman, « Trio des Ardents ». Donc, un trio qu’on va suivre des années 1930 à la fin de 20ème siècle.

Une créatrice, Isabel Rawsthorne ; un sculpteur et graphiste, Alberti Giacometti, et un peintre, Francis Bacon. La première a été la muse et l’amante du deuxième, alors que le troisième confia qu’elle fut son unique amante, et aussi son amie, son modèle, sa complice… Isabel Rawsthorne, c’est aussi une œuvre picturale secrète et méconnue. Avec « Trio des Ardents », Patrick Grainville évoque plaisamment trois artistes de passion et d’extravagance sans négliger la révolution esthétique à laquelle ils contribuèrent.

  • « Trio des Ardents » de Patrick Grainville. Seuil, 354 pages, 21,50 €.
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« Livres »: « Les Sources » de Marie-Hélène Lafon

 « Les Sources » de Marie-Hélène Lafon

Sans tapage, Marie-Hélène Lafon bâtit, depuis 2001 et « Le Soir du chien », une œuvre littéraire. Elle y apporte une nouvelle pierre avec un bref roman, « Les Sources ». Dans le Massif Central, coule la Santoire- dans la vallée, une ferme avec un couple et ses trois enfants, deux filles, un garçon. Le roman est construit en trois temps : 1967, le mari cogne sa femme le samedi, le dimanche ils vont déjeuner dans la famille ou la belle-famille ; 1970, la femme se confie à sa mère qui lui dit : « Tu ne remonteras pas, plus jamais », s’ensuit le divorce ; 1974, l’homme est seul à présent dans la ferme, réécrit son histoire avec sa femme et confie son amour paternel pour ses deux filles. En 2021, l’une d’elles revient à la ferme, le père est mort. De ce passé, elle se promet d’écrire un livre.

  • « Les Sources » de Marie-Hélène Lafon. Buchet-Chastel, 130 pages, 16,50 €.

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« Livres » : « Terminus Malaussène » de Daniel Pennac

 « Terminus Malaussène » de Daniel Pennac

Donc, promis juré, voici le dernier tome de la saga initiée par Daniel Pennac en 1985 avec « Au bonheur des ogres ». Le titre ne laisse aucun doute : « Terminus Malaussène ». L’occasion de savourer, une fois encore, une « fresque qui a fédéré en France et dans divers pays une immense communauté de lecteurs enthousiastes, autour des aventures tendres et déjantées de l’incontrôlable tribu », selon les mots de l’éditeur.

Pour ce final de la fresque baroque, les intrigues se bousculent et le roman se raccroche à quelques histoires du précédent, « Le cas Malaussène » (2017). Sauf que cette fois, la famille Malaussène, rassemblement d’individus aussi poétiques que bras-cassés, est doublée par Pépère, ancien gendarme converti en trafics et crimes possibles et chef d’une bande de jeunes tueurs…

  • « Terminus Malaussène » de Daniel Pennac. Gallimard, 452 pages, 23 €.
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« Nein Nein Nein!  » de Jerry Sthal

« Nein, Nein, Nein ! » de Jerry Stahl

Et voici ce qui demeurera comme le livre le plus « politiquement incorrect » de l’année nouvelle ! Son auteur : l’Américain Jerry Stahl, 69 ans, scénariste (entre autres, « Twin Peaks » et « Les Experts »), romancier influencé par Hunter S Thompson, figure du gonzo journalisme. Sa nouvelle livraison : « Nein, Nein, Nein ! » (avec un sous-titre exquis : « La dépression, les tourments de l’âme et la Shoah en autocar »).

En 2016, Stahl est au fond du trou quand il tombe sur une alerte Google : il existe des voyages organisés à travers l’Allemagne et la Pologne pour visiter les « hauts lieux » de l’Holocauste. Donc, il s’inscrit et va entretenir son mal de vivre en compagnie d’étranges « touristes des camps de la mort », bouffeurs de frites et de sensations fortes au snack-bar d’Auschwitz, comme dans un parc d’attractions.

  • « Nein, Nein, Nein ! » de Jerry Stahl. Rivages, 354 pages, 22 €.
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« Kaddish pour un amour » de Karine Tuil

« Kaddish pour un amour » de Karine Tuil

Romancière d’excellence depuis 2000 et son premier roman, « Pour le pire », Karine Tuil ne cesse de forer dans la mine littéraire, pointant les contradictions des individus et les hypocrisies de la vie contemporaine. Un an après un roman très remarqué, « La Décision », elle se glisse à nous avec, cette fois et c’est une première pour elle, un délicieux et envoûtant recueil de poésie, « Kaddish pour un amour ».

En deux séquences (« Kaddish » et « Liturgie ») et cinquante-six poèmes, l’auteure éclaire là son univers romanesque. Une des prières de deuil pour les juifs, le kaddish devient, avec Karine Tuil, une quête de l’être aimé dans l’absolu de sa présence. A chaque page, vibre une écriture emplie d’un souffle rare. Pour espérer, en une prière universelle, le retour de l’être aimé…

  • « Kaddish pour un amour » de Karine Tuil. Gallimard, 130 pages, 14 €.

Serge Bresssan

 

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