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Emilie Simon : On retrouve la chanteuse toujours aussi créative au cœur d'un nouvel album « Polaris » (c) David Roemer

Interview/Musique. En 2003, Émilie Simon apparait sur les ondes avec sa voix sensuelle et envoutante portée par la musique électronique. Son premier album éponyme est couronné d’une Victoire de la musique. Vingt ans plus tard, après plusieurs opus remarqués, on retrouve avec plaisir la chanteuse toujours aussi créative et onirique au cœur d’un nouvel album « Polaris », en quête cette fois d’une étoile polaire qui symbolise le désir jamais éteint.


Émilie Simon : « J’aime être sur un fil. La communication est ainsi plus forte avec le public. »


« Rien ni personne ne pourra éteindre cette flamme en toi, A travers ce poème, vois comme je t’aime » chante Émilie Simon dans « Soleil » qui ouvre le disque de dix titres. Il fait suite à « Phoenix », un conte gothique chanté et parlé en alexandrins. Émilie Simon s’est glissée dans la peau de Lily Mercier, son alter-ego vampire, à la recherche de ses meurtriers et des raisons de sa mort dans d’insolites circonstances. On la retrouve avec plaisir au cœur de « Polaris », en quête cette fois d’une étoile polaire qui symbolise le désir jamais éteint.

Redevenue humaine, elle se retrouve face à ses propres démons. Elle se fera enlever par un tigre géant qui l’emmènera sur l’étoile Polaris, l’étoile du Nord, le nord qu’elle semble avoir perdu. L’occasion d’un périple entre pop dansante, et électro porté par une voix unique, qui fait parfois penser à Björk et Kate Bush, à la fois enfantine et assurée. Sa poésie chantée en français ou en anglais, sur des mélodies envoutantes, et des rythmes cosmiques, qui rappelle parfois Madonna nous happent dès les premiers accords.

Emilie Simon a enregistré à New York (où elle a longtemps vécu), Los Angeles, Montréal, Rome et Paris. Comme à chaque fois, elle a tout maitrisé de A à Z, épaulée par l’ingénieur du son Manny Marroquin, collaborateur entre autres de Rihanna, The Weeknd ou Lana Del Rey.

Elle s’est confiée à We Culte, après un concert donné à Saint-Avertin (Indre-et-Loire) dans le cadre de « L’Intime Festival ».

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Emilie Simon (c) David Roemer

En avril 2023, vous avez sorti « ES », une nouvelle version de votre premier album éponyme «Émilie Simon » paru il y a 20 ans. Pourquoi ?

Émilie Simon : C’est un clin d’œil. Un travail de miroir. J’ai revisité mes chansons sous un angle différent. Je me suis posé cette question. Qu’aurait-été cet album si je l’avais composé en 2023 ? J’ai changé les tonalités, les harmonies, les structures, les arrangements et parfois même les mélodies. Ma voix prend plus de place. J’ai aussi voulu montrer comment la musique évolue. Tout va si vite. En 2003, il y avait plein de petites coccinelles. Sur « ES », en 2023, il n’en reste plus qu’une, mais plus imposante.


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En octobre dernier paraissait « Phoenix ». Un disque sous forme de mini album concept composé d’un EP (Extended Play), de 6 titres, d’un conte musical et d’un court-métrage. Un opus OVNI ? 

Émilie Simon : Oui c’est vrai ! Chaque album a sa propre histoire, sa petite planète. Ils n’ont souvent rien à voir les uns avec les autres. J’ai toujours aimé l’idée de concept parce qu’artistiquement, c’est très motivant et inspirant de développer un thème sur la longueur, en ayant une trame, un cadre de travail. J’ai travaillé sur la musicalité de l’eau et de la glace, ce qui m’a servi pour faire la bande originale du film « La Marche de l’empereur ». Un disque peut même partir d’un seul mot. C’était le cas un an plus tard pour « Végétal ».

Sur scène, dans votre dernier spectacle, vous jouez de tous les instruments et vous pilotez vos « big machines » expérimentales. Vous écrivez dans le titre « Mon palais » qui figure dans « Phoenix » : « Tout ne tient qu’à un fil ». Est-ce le cas sur scène ?

Émilie Simon : Oui bien que le spectacle et sa scénographie sont très écrits. Ce qui n’empêche pas l’improvisation. J’aime être sur un fil. Je pense que la communication est ainsi plus forte avec le public.



Dans « Polaris », porté par le premier single « Tiger », nous traversons le cosmos, sur un tigre ailé. Pourquoi ce tigre ? 

Émilie Simon : C’est un symbole pour dire que parfois, nous avons besoin d’une force, d’un soutien pour faire un cheminement nécessaire, pour combattre ses propres démons. Dans l’album, cette force est un tigre. Pas n’importe quel tigre. Un tigre géant de l’espace fait de cristaux et aux yeux d’émeraude.

Sur lequel vous vous sentez bien. Avec ce clin d’œil à Brigitte Bardot : « J’ai un tigre ailé entre mes mains/ Je n’ai besoin de personne, besoin de rien » Vous chantez en français et en anglais. Pourquoi ?

Émilie Simon : Les deux langues se répondent. J’ai grandi en écoutant beaucoup de musiques anglosaxonnes. Les deux langues ont toujours co-existé quand j’étais enfant. J’adore utiliser l’anglais pour ses qualités plus mélodiques et le français pour toutes ses qualités poétiques.

Quels sont vos livres de chevet ?

Émilie Simon : J’ai mes poètes maudits préférés. Baudelaire, Edgar Allan Poe. Et pour les plus contemporains : David Foenkinos. Je considère comme lui, que l’art peut sauver de beaucoup de choses. Il a une vision très pure de la beauté.

Votre musique fait du bien. Elle apaise…

Émilie Simon : C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire même si je ne fais pas de la musicothérapie. L’art doit nous élever, nous apporter du bien-être, de la douceur. Trop de drames nous tirent vers le bas actuellement.

Entretien réalisé par Christian Panvert 


  • Nouvel album : « Polaris » /Vegetal – sortie le 29 mars 2024
  • Emilie Simon en tournée et en concert le 22 avril au Trianon à Paris.

 

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