Télé. Avec « L’Éclipse », Michelangelo Antonioni filme la rencontre entre une femme séduisante et un jeune courtier en Bourse, deux êtres qui s’extraient peu à peu de leur quotidien. Perfectionniste, le cinéaste tourne en noir et blanc dans les décors urbains de Rome et de Vérone et signe l’un des sommets de son œuvre. D’une grande élégance visuelle, le film sublime des personnages aussi beaux qu’insaisissables.
NOTRE AVIS *** : Une histoire d’amour brève et mystérieuse, portée par une Monica Vitti fascinante. À voir lundi 29 juin 2026 sur Arte à 20 h 55.
« L’Éclipse » : Antonioni raconte une histoire d’amour simple entre des êtres infiniment compliqués. Comme il le déclarait à la sortie du film : « Le monde change, donc les individus aussi. Pourquoi en serait-il autrement ? »
L’HISTOIRE
Dès les premières minutes, Antonioni montre la fin d’une relation. Vittoria (Monica Vitti), traductrice, quitte son compagnon Riccardo (Francisco Rabal), avec lequel elle vivait depuis trois ans, dans un bel appartement romain. C’est elle qui ne l’aime plus.
Peu après, nous découvrons que la mère de Vittoria joue en Bourse avec l’aide d’un agent de change, Piero (Alain Delon). Grâce à un « tuyau », celui-ci vient de réaliser une importante plus-value. Entre Vittoria et Piero naît alors une relation faite d’attirance, d’incompréhensions, de séparations et de retrouvailles.
NOTRE AVIS ***
Tourné à Rome et à Vérone, « L’Éclipse » se regarde comme on lit un roman. Plus que les motivations des personnages, c’est l’évolution de leur relation qui captive, sans que l’on cherche à deviner où elle les mènera.
Dès 1962, Antonioni filme les tourments de l’amour moderne : « je t’aime, moi non plus », partir tout en désirant rester. Son regard, à la fois énigmatique et profondément humain, invite le spectateur à la réflexion. Les scènes où Monica Vitti déambule dans les rues de Rome comptent parmi les plus belles du film.
Antonioni raconte une histoire d’amour simple entre des êtres infiniment compliqués. Comme il le déclarait à la sortie du film : « Le monde change, donc les individus aussi. Pourquoi en serait-il autrement ? »
« L’Éclipse » annonce déjà « Le Désert rouge » (1964), où l’incommunicabilité entre l’homme et la femme atteint son point culminant. C’est, au fond, l’histoire des illusions perdues : lorsque l’amour se heurte au désenchantement et laisse place à une profonde amertume.
- « L’Éclipse » de Michelangelo Antonioni avec Monica Vitti, Alain Delon, Francisco Rabal. À voir lundi 29 juin 2026 sur Arte à 20 h 55.





