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Nathalie Baye dans "Les Gardiennes" de Xavier Beauvois. Photo Guy Ferrandis, Pathé-Distribution

Télé. Avec « Les Gardiennes », Xavier Beauvois rend hommage aux femmes pendant la guerre de 14-18. Un film bouleversant qui sublime leur courage, leur force, leur ténacité, pour sauvegarder la terre qui leur a été laissée, les hommes étant partis combattre au front. C’est beau, dur souvent, lent. Une chronique paysanne aux longues journées de labeur, à voir sur France 3 jeudi 1er avril – 21:05

Avec « Les Gardiennes », Xavier Beauvois signe un film bouleversant, délicat, sans concession, rendant palpable au travers de cette chronique paysanne le dévouement de ces femmes au travail des champs pour faire prospérer la terre et malgré tout, l’attente des hommes partis au front, la crainte…

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Les Gardiennes de Xavier Beauvois. Photo Guy Ferrandis, Pathé-Distribution

Dans le Limousin en 1915, Hortense (Nathalie Baye) tente de faire vivre dans sa ferme du Paridier, son frère invalide, sa fille Solange (Laura Smet), le mari de cette dernière Clovis (Olivier Rabourdin) et ses deux fils, Georges (Cyril Descours) et le plus jeune, Constant (Nicolas Giraud). Ils  vont bientôt partir tous les trois pour le Front. Se succèdent alors les saisons, hivers rudes sous la neige, été brûlants pendant les moissons, le labourage de la terre, les semailles à nouveau et tout recommencer, encore et encore… La venue de soldats américains, en attente de leur affectation, viendra perturber l’existence de ces femmes, surtout celle de Solange.

Tout pourrait être simple, déjà écrit. C’est sans compter sur le caractère trempé dans l’acier d’Hortense, qui n’est pas sans rappeler la « Mère Courage » de Bertolt Brecht. Manquant de bras, celle-ci s’adresse à l’Assistance publique qui lui envoie une toute jeune fille, Francine (Iris Bry), dont Constant tombe rapidement amoureux. Elle va tout faire pour que cet amour naissant ne perdure pas, pensant à un «beau» mariage pour son fils. Hortense ne transigera pas. Et Constant part pour la guerre. Le plus difficile maintenant, dans la vie de cette mère, est l’attente des noms de ceux qui ne reviendront pas, dits par le maire de la commune, dans son costume noir du dimanche, venant à la porte annoncer le plus humainement possible que son fils a été tué.

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Nathalie Baye et Laura Smet dans « Les Gardiennes », de Xavier Beauvois. DR

Xavier Beauvois qui avait un rendu un hommage sec et beau aux moines assassinés dans leur couvent au Sahara, dans un autre film «Des Hommes et des dieux», est le cinéaste des causes et des gens dont on parle peu. Avec «Les Gardiennes», il signe un grand film bouleversant, adapté du roman d’Ernest Pirochon, publié en 1924, Prix Goncourt en 1920 pour «Nène». Tourné en décors naturels, classique en apparence, qui laisse voir des paysages aux scènes bucoliques rappelant certaines toiles de Jean-François Millet (1814-1875). C’est délicat, sans concession, rendant palpable au travers de cette chronique paysanne le dévouement de ces femmes au travail des champs et malgré tout, l’attente des hommes, la crainte.

Un film qui donne aux femmes de la «Grande Guerre» un véritable sens, devenant celles qui feront prospérer la terre grâce à leurs tâches jusque-là réservées aux hommes. Un dur labeur qu’elles ont assumé malgré leur fragilité apparente. Elles y sont parvenues, sans pour autant recevoir de médaille…

Jane Hoffmann

  • A voir : «Les Gardiennes» de Xavier Beauvois avec Nahalie Baye, Iris Bry, Laura Smet, Nicolas Giraud, Olivier Rabourdin, musique de Michel Legrand. Jeudi 1er avril sur France 3 – 21:05

 

 

 

 

 

 

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