Renaud au Zénith : 50 ans de carrière et une pluie d’invités

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Renaud au Zénith : Pour ses 50 ans de carrière, le chanteur était entouré d'une pluie d’invités. Photo (Renaud/Francis Cabrel) (c) Christian Pénin

Toutes les musiques de We Culte/Renaud au Zénith. Samedi 16 mai 2026, pour son troisième concert parisien au Zénith de Paris-La Villette, Renaud a offert à son public une soirée à la fois émouvante, populaire et profondément festive. Le chanteur du 14e arrondissement célébrait un demi-siècle de carrière entouré d’une impressionnante bande d’amis et d’artistes venus lui rendre hommage sur scène. Plus qu’un concert anniversaire, cette soirée parisienne avait des allures de passage de témoin, entre nostalgie et affection intacte du public.

Renaud au Zénith a transformé ce troisième concert parisien en une grande fête populaire, tendre et fraternelle. Une célébration à son image : imparfaite, touchante et terriblement humaine.

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Renaud au Zénith de Paris pour ses 50 ans de carrière (c) Laura Gilli

Pendant plus de deux heures, le public a repris en chœur les classiques de celui qui reste l’une des plus grandes plumes de la chanson française. Dans une ambiance chaleureuse et fraternelle, les invités se sont succédé pour partager quelques-uns des titres emblématiques du répertoire de Renaud.
 
Parmi eux, les figures incontournables de la chanson française :Hugues Aufray, Francis Cabrel, Alain Souchon ou encore Pascal Obispo. À leurs côtés, une nouvelle génération d’artistes est également venue saluer l’auteur de Mistral gagnant, commeEmily Loizeau, Élodie Frégé, le rappeur Youssef Swatt’s ou Anne Sila.
 
Dans le public, toutes les générations se côtoient. Ceux qui ont grandi avec « Marche à l’ombre » ou « Morgane de toi » croisent des spectateurs plus jeunes, venus découvrir cette voix singulière devenue l’une des plus reconnaissables de la chanson française. Car si le timbre s’est fragilisé avec les années, les textes, eux, conservent intacte leur force émotionnelle.
 
La soirée débute dans une atmosphère de retrouvailles chaleureuses. Noé Preszow et Gauvain Sers ouvrent le bal avec une version énergique de « Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ? » qui met immédiatement le Zénith debout. Quelques instants plus tard, Renaud apparaît sous les clameurs du public et annonce avec humour : « Ce soir, c’est un concert de moi… et de mes invités. Je vais chanter six chansons. » Une phrase qui donne le ton d’une soirée placée sous le signe du partage et de l’amitié artistique.
 
Le décor, imaginé comme une rue populaire parisienne, participe pleinement à cette ambiance familiale. Sur scène, un bar baptisé Mon bistrot préféré accueille les invités après leurs interventions. Renaud y prend place comme un maître de cérémonie bienveillant, entouré de ses musiciens fidèles, parmi lesquels on reconnait les guitaristes historiques, Jean-Pierre Buccolo et Michaël Ohayon.
 
Pendant plus de deux heures, le spectacle prend la forme d’un immense répertoire vivant de la chanson française : pas moins de 30 chansons sont présentées ce soir. Les invités se succèdent sans jamais donner l’impression d’un simple défilé de célébrités. Chacun vient rendre hommage à une œuvre qui traverse désormais plusieurs générations.
 
Le premier grand moment survient avec Francis Cabrel sur « La Pêche à la ligne ». Dans une sobriété élégante, les deux artistes laissent toute la place aux mots et à la mélodie. Quelques minutes plus tard, Pascal Obispo apporte sa puissance vocale à une version intense de Miss Maggie.
 
Le concert alterne ensuite énergie rock et instants suspendus. « Pochtron ! », interprété « avec Benoît Dorémus, électrise la salle, tandis que Alain Souchon, accompagné de ses fils Ours et Pierre Souchon, offre une parenthèse de douceur avec Ma gonzesse.  



Puis vient Vianney sur « Marche à l’ombre ». Bondissant, enthousiaste, le chanteur insuffle une énergie communicative qui embrase instantanément le Zénith. Le public reprend le refrain avec ferveur.
 
L’émotion n’est jamais loin au cours de cette soirée. Élodie Frégé, très émue au moment d’interpréter « Il pleut », se trompe dans les paroles avant de lâcher face public : « C’est l’émotion. » Un instant de fragilité sincère accueilli avec tendresse par la salle entière.
 
Autre temps fort cette version de « Société tu m’auras pas », repris par Gauvain Sers, Leïla Huissoud et Youssef Swatt’s. Les images de téléviseurs anciens projetées sur l’écran géant nous renvoie dans les 70’s et donnent à la chanson un résonance intemporelle.   
 
L’un des moments les plus émouvants survient lorsque Hugues Aufray interprète « Morts les enfants », seul sur une chaise, dans un silence impressionnant. À la fin du morceau, Renaud se lève pour enlacer celui qu’il considère depuis toujours comme l’une de ses influences majeures.

 Mais cette soirée raconte aussi un chanteur qui, par instants, semble retrouver des couleurs vocales oubliées. Sur « Son bleu », accompagné au piano par Alain Lanty et « En cloque » Renaud laisse entendre des inflexions plus assurées.
 
Le duo avec Axelle Red sur « Manhattan-Kaboul » constitue un autre sommet du concert. Portée par la guitare de Jean-Pierre Buccolo, la chanson conserve toute sa puissance mélancolique.
 
La seconde partie du spectacle enchaîne les moments forts : Anne Sila émeut profondément avec « Petite » puis « Mistral gagnant », Renan Luce apporte une élégance folk au« Déserteur », tandis que Emily Loizeau illumine « It is not because you are »  avant de participer à un « Hexagone » collectif particulièrement mordant.
 

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Renaud au Zénith avec Noé Preszow (c) Laura Gilli

Puis sur les derniers titres, le Zénith tout entier se transforme en immense chœur populaire. Dans mon « HLM », repris avec Gauvain Sers, Pascal Obispo etBénabar, fait vibrer la salle entière.

C’est déjà l’heure du rappel. Tous les invités rejoignent Renaud pour « Dès que le vent soufflera ». Debout, blouson de cuir sur les épaules, bandana rouge et blanc autour du cou, le chanteur retrouve alors, l’espace de quelques refrains, quelque chose de la voix des grandes années.
 
Lorsque les lumières se rallument, le public continue encore de chanter. Plus qu’un concert anniversaire, cette dernière date parisienne aura ressemblé à une vaste réunion de famille musicale, traversée par l’amitié, la fidélité et l’émotion.
 
Au terme de cette soirée chargée d’émotion, le Zénith de Paris-La Villette s’est levé comme un seul homme pour saluer celui qui, depuis cinquante ans, accompagne les joies, les colères et les souvenirs de plusieurs générations.

Fragile parfois, mais toujours profondément sincère, Renaud a rappelé qu’il demeure une figure à part dans le paysage musical français. Entouré de ses amis artistes et porté par un public fidèle, le chanteur a transformé ce troisième concert parisien en une grande fête populaire, tendre et fraternelle. Une célébration à son image : imparfaite, touchante et terriblement humaine.
  
Au terme de cette soirée d’hommage et de ferveur populaire, Renaud a quitté la scène du Zénith sous une ovation nourrie, comme un vieux compagnon de route que plusieurs générations de fans refusent de voir s’éloigner.

Derrière la fragilité affleurait toujours cette voix singulière, râpeuse et tendre, capable de faire surgir en quelques vers toute une mémoire collective française.

Entouré d’amis fidèles et de jeunes artistes venus saluer son héritage, le chanteur aura surtout rappelé qu’il demeure l’un des derniers grands chroniqueurs populaires de la chanson française.

Un grand merci à Clémence Reach et Laurine Evano et aux équipes de TS Productions.

Jean Christophe Mary

Image de Jean-Christophe Mary

Jean-Christophe Mary