« The Rocky Horror Show » enflamme le Casino de Paris

the rock horror show
"The Rocky Horror Show" triomphe au Casino de Paris grâce à une mise en scène inventive, une troupe brillante et l'exceptionnel Stephen David Webb @David-Freeman.

Spectacle/The Rocky Horror Show. Avant de devenir le film culte que des générations de spectateurs continuent d’acclamer dans les salles obscures, The Rocky Horror Picture Show fut d’abord une comédie musicale créée en 1973 par Richard O’Brien. Plus de cinquante ans après sa création par Richard O’Brien, cette ode irrévérencieuse à la liberté sexuelle, au rock et au théâtre populaire retrouve le Casino de Paris dans sa production britannique officielle. Une version éblouissante, portée par portée par une troupe de très haut niveau et un Stephen David Webb magistral.

The Rocky Horror Show : Plus de cinquante ans après sa création, la comédie musicale culte demeure un objet théâtral unique, irrévérencieux et profondément jubilatoire

The Rocky Horror Show
The Rocky Horror Show au Casino de Paris @David-Freeman

Avec The Rocky Horror Show, Richard O’Brien avait imaginé au début des années 1970 un véritable « anti-musical », une réponse irrévérencieuse aux grandes productions alors triomphantes comme Jesus Christ Superstar, en mêlant science-fiction, cinéma fantastique de série B, glam rock, humour britannique et transgression des identités sur fond de liberté sexuelle alors révolutionnaire.

Le succès est immédiat. Deux ans plus tard, son adaptation cinématographique avec Tim Curry, Susan Sarandon et Meat Loaf deviendra progressivement un phénomène culturel sans équivalent. Pourtant, c’est bien sur scène que The Rocky Horror Show conserve toute sa force.`

Actuellement présentée au Casino de Paris, cette production britannique mis en scène avec une énergie communicative par Christopher Luscombe en apporte une éclatante démonstration.

La chaleur est écrasante en ce vendredi 26 juin 2026. Paris suffoque sous une vague caniculaire exceptionnelle qui bat des records et le thermomètre ne semble plus vouloir redescendre.

Au Casino de Paris, où se joue la production britannique officielle de The Rocky Horror Show, les équipes d’accueil redoublent d’attention pour rendre l’attente et la représentation les plus agréables possible.

Hôtes et hôtesses multiplient les gestes de bienveillance : des brumisateurs rafraîchissent les spectateurs avant le lever de rideau et pendant les interruptions, de puissants ventilateurs ont été installés dans la salle, tandis que des fontaines d’eau sont mises à disposition aux différentes entrées du théâtre.

Le décor imaginé par Brian Thomson rend un hommage permanent au cinéma fantastique des années 1950. Le laboratoire du docteur Frank-N-Furter évoque les expériences du docteur Frankenstein tandis qu’une immense pellicule métallique domine toute la scène comme un clin d’œil évident au film devenu culte.

Les changements de décors s’effectuent à vue avec une remarquable fluidité, abolissant la frontière entre les interprètes et les spectateurs.

L’orchestre, installé en hauteur au-dessus de la scène, imprime une couleur résolument rock à l’ensemble. Les guitares électriques, les cuivres et la batterie insufflent une énergie permanente qui transforme le spectacle en véritable concert glam rock.



Difficile de résister à cette partition qui a traversé les décennies sans prendre une ride.

Dammit Janet installe avec humour le couple de jeunes fiancés bien-pensants avant que The Time Warp ne fasse littéralement exploser la salle. Impossible de ne pas battre la mesure devant cette chorégraphie devenue légendaire.

L’entrée de Frank-N-Furter sur Sweet Transvestite constitue l’un des grands moments de la soirée, tandis que Touch-a, Touch-a, Touch Mejoue avec les codes de la comédie musicale en mêlant sensualité et burlesque. Le rock vintage de Hot Patootie – Bless My Soul déclenche une véritable euphorie avant l’émouvant I’m Going Home, qui révèle toute la fragilité du personnage principal. Les amateurs apprécieront également la présence de Super Heroes, chanson souvent supprimée dans de nombreuses productions mais ici heureusement conservée dans sa version intégrale.

La réussite du spectacle repose avant tout sur une distribution exceptionnelle.

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The Rocky Horror Show – Stephen Webb @David-Freeman

Stephen David Webb s’impose comme le véritable maître de cérémonie. Loin d’imiter Tim Curry, dont l’interprétation demeure mythique, il construit son propre Frank-N-Furter avec une personnalité affirmée.

Charismatique, provocateur, drôle, sensuel, il domine la scène dès son apparition. Sa voix puissante impressionne autant dans les envolées rock de Sweet Transvestite que dans l’émotion de I’m Going Home.  

Autour de lui, la troupe affiche un niveau de professionnalisme remarquable. Haley Flaherty compose une Janet délicieusement naïve avant de révéler progressivement un tempérament bien plus audacieux.

Sa voix lumineuse et sa présence pétillante font merveille. James Daniel Bisp campe un Brad attachant, vocalement irréprochable, dont la complicité avec sa partenaire fonctionne à chaque scène. Edward Thomas Bullingham vole presque la vedette lors de son irrésistible numéro rock dans le rôle d’Eddie avant une séquence volontairement grand-guignolesque où la célèbre scène de la tronçonneuse, maculée d’un faux sang outrageusement kitsch, déclenche les rires.

Ryan Peter Wilson impressionne également en Riff Raff, personnage inquiétant dont la silhouette longiligne rappelle les grandes heures de cette œuvre culte.

La mise en scène ne laisse jamais retomber la tension. Les tableaux s’enchaînent sans le moindre temps mort, alternant chorégraphies millimétrées, scènes burlesques, jeux de séduction, situations volontairement excessives et moments de pur délire.

L’humour omniprésent, les nombreux gags, les clins d’œil permanents aux films fantastiques et cette interaction constante avec le public font de ce show une véritable fête.

Plus de cinquante ans après sa création, The Rocky Horror Show demeure un objet théâtral unique, irrévérencieux et profondément jubilatoire. Cette production britannique officielle lui rend parfaitement hommage grâce à une mise en scène inventive, une troupe remarquable et, surtout, un Stephen David Webb absolument magistral dans le rôle de Frank-N-Furter. Entre rock incandescent, glamour, humour décapant et ode assumée à toutes les différences, le Casino de Paris accueille un spectacle qui rappelle avec éclat pourquoi cette comédie musicale est devenue une légende vivante.

Jean-Christophe Mary


  • Si la soirée a débuté avec un léger retard avant d’être interrompue à plusieurs reprises en raison de problèmes techniques, chaque fois, des annonces informaient calmement les spectateurs de la situation, tandis que les équipes du Casino de Paris restainent pleinement mobilisées pour accompagner le public avec professionnalisme et bonne humeur. Ces contretemps n’auront finalement entamé ni l’enthousiasme de la salle ni la réussite du spectacle qui, dès qu’il reprenait, retrouvait instantanément son incroyable énergie. Un grand merci à Franck Peyrinaud, Hugo&Play, Frédéric Jérôme et aux équipes du Casino de Paris .  

Livret, lyrics et musique

  • Richard O’Brien
  • Mise en scène
  • Christopher Luscombe

Décors

  • Brain Thomson
  • Costumes
  • Sue Blane

Distribution :

  • Dr Frank-N-Furter : Stephen David Webb
  • Janet Weiss : Haley Flaherty
  • Eddie/Dr Scott/ Fantôme : Edward Thomas Bullingham
  • Brad Majors : James Daniel Bisp :
  • Riff Raff : Ryan Peter Wilson
  • Fantôme : Nathan Zach Johnson
  • Magenta : Laura Elizabeth Bird
  • Columbia : Daisy Louisa Steere
  • Fantôme : Jesse Chidera Nnanna
  • Rocky Horror : Morgan James Jackson
  • Fantôme : Tyla Dee Nurden
  • Fantôme : Amber Perrins Bethany
Image de Jean-Christophe Mary

Jean-Christophe Mary