« Les Misérables » : le phénomène musical embrase la France

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"Les Misérables" sur la scène du Zénith Nantes Métropôle. Photo Victor Hache

Spectacles/« Les Misérables ». Triomphal au Théâtre du Châtelet, le musical Les Misérables poursuit son élan avec une tournée française d’envergure qui fait salle comble à chaque étape, comme au Zénith de Nantes, où il vient de se produire du 26 février au 1er mars. Portée par la musique de Claude-Michel Schönberg et le livret d’Alain Boublil, cette nouvelle production mise en scène par Ladislas Chollat redonne toute sa puissance à la fresque humaniste de Victor Hugo. Entre décors monumentaux, grand orchestre symphonique et interprètes habités, le spectacle s’impose comme l’un des événements culturels majeurs de la saison 2026.

À Nantes, l’ovation finale ne laissait aucun doute : Les Misérables ne sont pas seulement un classique. Ils sont une expérience collective, vibrante, profondément humaine. Un miroir tendu à notre époque.

Après avoir électrisé le public du Théâtre du Châtelet en décembre 2024 et janvier 2025, Les Misérables poursuivent leur irrésistible ascension avec une tournée exceptionnelle à travers la France. Au Zénith de Nantes Métropôle , du 26 février du 1er mars 2026, la salle affichait complet : un triomphe qui confirme que cette fresque monumentale n’a rien perdu de sa force, ni de son actualité.

Il faut dire que cette nouvelle production impressionne d’emblée par son ampleur. Quarante-six ans après la première adaptation scénique en 1980, l’œuvre imaginée par Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg, en accord avec Cameron Mackintosh, revient dans une version française remaniée, ciselée, portée par une mise en scène magistrale signée Ladislas Chollat.

Récompensé par le Molière du meilleur spectacle musical, ce nouveau souffle redonne à l’ouvrage sa dimension épique tout en l’ancrant dans une modernité saisissante.

Dès les premières notes de J’avais rêvé, l’émotion affleure. Les orchestrations enveloppent la salle, les voix – puissantes, vibrantes, habitées – racontent l’intime autant que l’Histoire. Sur scène, 64 artistes composent un ensemble d’une précision impressionnante. L’alchimie est totale.

Les tableaux se succèdent dans un mouvement fluide de décors monumentaux : barricades vertigineuses, auberge truculente des Thénardier, salle de bal éclatante, égouts oppressants… L’espace scénique est investi dans toute sa profondeur, presque cinématographique.



Mais au-delà de la démesure visuelle, c’est l’âme de l’œuvre qui bouleverse. Fidèle à la fresque de Victor Hugo, le spectacle met en lumière la complexité de ses figures mythiques : la quête de rédemption de Jean Valjean, l’inflexible droiture de Javert, l’innocence lumineuse de Cosette, la cupidité grinçante des Thénardier.

Sans oublier le courage incandescent de Gavroche, dont la chanson est reprise en choeur par les spectateurs : « Je suis tombé par terre/ C’est la faute à Voltaire/ Le nez dans le ruisseau/C’est la faute à Rousseau. »

Chollat dirige ses interprètes comme un peintre des passions humaines, révélant leurs parts d’ombre et de lumière. Chaque regard, chaque silence compte.

Pourquoi cette œuvre demeure-t-elle si universelle ? Parce qu’elle parle de justice sociale, d’inégalités, d’espoir et de résistance. À la volonté du peuple résonne aujourd’hui avec une intensité particulière.

Les thèmes de la misère, de l’exclusion, du combat pour la dignité trouvent un écho évident dans nos sociétés contemporaines. Les Misérables ne sont pas qu’un récit historique : ils interrogent notre présent.

L’émotion naît précisément de cette tension entre le grandiose et l’intime. Avec en prime la présence d’un orchestre classique installé en fond de scène, qui donne de l’ampleur et une profondeur rare au spectacle.

Trois heures durant, le public passe du rire aux larmes, de la fresque collective au destin individuel. Et lorsque retentit Le Grand jour, c’est toute une salle qui retient son souffle.

La tournée exceptionnelle se poursuit désormais à Lille du 23 au 26 avril 2026, avant un retour très attendu au Théâtre du Châtelet du 12 novembre 2026 au 10 janvier 2027. Preuve que ce monument du théâtre musical, vu par plus de 130 millions de spectateurs dans le monde, continue de rassembler les générations.

À Nantes, l’ovation finale ne laissait aucun doute : Les Misérables ne sont pas seulement un classique. Ils sont une expérience collective, vibrante, profondément humaine. Un miroir tendu à notre époque.

Victor Hache

Image de Victor Hache

Victor Hache