Lacs italiens : trois écrins de fraîcheur et de beauté

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Lacs italiens : Villa del Balbianello, Tremezzina, Lac de Côme (c) Stefano Bucciarelli/Unsplash

Évasion/Lacs italiens. Alors que la canicule s’installe à nouveau, pourquoi ne pas prendre la direction du Nord de l’Italie ? Du lac de Côme au lac Majeur, en passant par le lac de Garde, ces majestueux écrins d’eau et de verdure offrent une parenthèse de fraîcheur et de beauté. Depuis Stendhal jusqu’à Hemingway, Bellini, Liszt ou Dostoïevski, écrivains et artistes n’ont cessé d’y trouver l’inspiration. Aujourd’hui encore, leurs rives élégantes, leurs villages, leurs jardins luxuriants et leurs villas chargées d’histoire continuent de faire rêver les voyageurs en quête d’un art de vivre italien entre nature, culture et douceur estivale.

Lacs italiens : Côme, Garde et Majeur ont tous les trois un point commun : ils donnent le sentiment d’entrer dans un paysage qui aurait échappé au temps

Il y a des paysages que l’on regarde et d’autres que l’on reconnaît. Les grands lacs du Nord de l’Italie appartiennent à cette seconde catégorie. Leur silhouette semble familière, presque rêvée : une eau bleue bordée de montagnes, des clochers qui émergent des feuillages, des palais et des villas posés au milieu de jardins exubérants, des bateaux qui glissent sans bruit d’une rive à l’autre.

Lorsque le thermomètre s’affole plus au sud, ces paysages prennent une saveur particulière. Ici, l’air des Alpes descend vers les eaux, les montagnes dessinent une toile de fond majestueuse et la végétation profite d’un climat étonnamment doux. Oliviers, cyprès, citronniers, camélias et palmiers composent une végétation presque méditerranéenne. Une sensation de fraîcheur et de volupté à quelques heures seulement des grandes villes du nord de l’Europe.

Mais les lacs italiens ne sont pas seulement une affaire de paysages. Ils sont aussi une histoire de regard. Depuis le temps du Grand Tour, ils ont attiré ceux qui venaient chercher en Italie autre chose qu’un simple dépaysement : une émotion, une lumière, une forme de beauté.

Stendhal fut de ceux-là. Comme lui, de nombreux écrivains et artistes ont trouvé dans ces rives une source d’inspiration. À Côme, Bellini, Liszt, Verdi, Rossini ou encore Manzoni ont laissé leur empreinte. Le lac Majeur a accueilli Stendhal, Dostoïevski, Hemingway, Liszt, Wagner, Byron ou Dickens. Quant au lac de Garde, Goethe en découvrit les paysages au XVIIIe siècle, fasciné par cette rencontre étonnante entre les montagnes et une végétation presque méditerranéenne.

Aujourd’hui, les voyageurs ont remplacé les artistes du Grand Tour, mais quelque chose demeure. On vient toujours ici pour ralentir, regarder, respirer. Et, pourquoi pas, s’offrir le luxe devenu rare de ne rien faire pendant quelques heures.

Lacs italiens- le lac de Côme (c) Jesper Brouwers /Unsplash

Le lac de Côme, la beauté aristocratique

C’est sans doute le plus célèbre des trois. Le lac de Côme possède cette élégance légèrement théâtrale qui semble appartenir à une autre époque. Ses deux bras s’enfoncent entre les montagnes tandis que les villages et les villas s’égrènent le long des rives.



Au centre du lac, Bellagio mérite son surnom de « perle du lac ». Escaliers de pierre, façades colorées, jardins en terrasses et perspectives ouvertes sur les montagnes : tout y semble avoir été pensé pour être admiré depuis l’eau. Le village fut fréquenté par Stendhal et Liszt, parmi de nombreux artistes et voyageurs séduits par son climat et sa situation exceptionnelle.

Mais le véritable plaisir consiste peut-être à prendre un bateau et à regarder défiler les rives. Varenna, Tremezzo, Menaggio, Cernobbio : chaque escale possède sa personnalité. Les villas historiques et leurs jardins constituent l’un des grands trésors du lac, comme Villa Carlotta ou Villa Monastero.

Côme elle-même mérite que l’on s’y attarde : son Duomo, ses élégantes façades, ses places et ses jardins rappellent que le lac n’est pas seulement une destination mondaine, mais un territoire profondément marqué par l’histoire et la culture.

Et puis il y a cette lumière. Changeante, parfois argentée le matin, dorée en fin de journée, elle explique peut-être mieux que tout discours pourquoi tant d’artistes ont voulu poser leur regard ici.

Lacs italiens- le lac de Garde entre montagne et Méditerranée (c) ValentinaGlus0/ Pixabay

Le lac de Garde, entre montagne et Méditerranée

Plus vaste, plus ouvert, le lac de Garde possède une autre personnalité. C’est le plus grand lac d’Italie, étendu entre Lombardie, Vénétie et Trentin-Haut-Adige. Au nord, les montagnes se rapprochent et donnent au paysage une allure presque alpine ; au sud, les rives s’adoucissent et prennent des accents méditerranéens.

Sirmione en est l’une des portes d’entrée les plus séduisantes. La petite ville s’avance dans le lac comme une presqu’île, dominée par son spectaculaire château Scaligère. Plus loin, les vestiges de la villa romaine des « Grottes de Catulle » racontent une histoire qui remonte à l’Antiquité.

À l’ouest, les villages de Gargnano, Salò ou Gardone Riviera offrent une atmosphère plus confidentielle. À Gardone, impossible de manquer le Vittoriale degli Italiani, la demeure monumentale de Gabriele D’Annunzio. Ce domaine de neuf hectares, avec ses jardins, ses bâtiments, son théâtre en plein air et son étrange architecture, constitue à lui seul une véritable œuvre d’art.



Le lac de Garde est aussi celui des plaisirs de plein air : baignade, randonnée, vélo, voile ou simple promenade au bord de l’eau. On peut y passer d’une matinée dans les montagnes à un déjeuner sous les oliviers, puis terminer la journée face au lac avec un verre en terrasse.

Une Italie sportive et douce, élégante sans être compassée.

Lacs italiens- Le lac Majeur (c) Claudio Schwarz/ Unsplash

Le lac Majeur, le charme du Grand Tour

Peut-être est-ce le plus romantique des trois. Le lac Majeur s’étire entre le Piémont, la Lombardie et la Suisse, dans un paysage où les montagnes semblent venir mourir dans l’eau. Ses îles Borromées, ses jardins et ses villages lui donnent une grâce particulière.

À Stresa, le charme opère immédiatement. La ville conserve quelque chose de l’élégance des grandes stations de villégiature de la Belle Époque. Depuis ses quais, les bateaux conduisent vers les célèbres îles Borromées, dont Isola Bella et son extraordinaire jardin en terrasses constituent l’un des joyaux du lac.

C’est aussi ici que la littérature semble avoir laissé une empreinte particulière. Stendhal, Byron, Dickens, Dostoïevski, Liszt, Wagner et Hemingway ont fréquenté les rives du lac Majeur. Hemingway séjourna notamment au Grand Hôtel des Îles Borromées, à Stresa, lieu qui allait entrer dans l’imaginaire associé à L’Adieu aux armes.

Plus loin, Verbania ouvre sur une nature généreuse, tandis que les jardins botaniques et les anciennes villas rappellent que le lac fut longtemps un rendez-vous privilégié de l’aristocratie et des voyageurs européens.

Le Museo del Paesaggio, à Verbania, raconte d’ailleurs cette histoire artistique à travers les œuvres de peintres et sculpteurs qui ont travaillé autour du lac.

Trois lacs, trois façons de rêver

Côme cultive l’élégance et le romantisme. Garde préfère les grands espaces et l’énergie de la montagne. Majeur possède peut-être le charme le plus littéraire, celui des voyages anciens et des hôtels Belle Époque.

Mais les trois ont un point commun : ils donnent le sentiment d’entrer dans un paysage qui aurait échappé au temps. Et l’on comprend soudain pourquoi, depuis des siècles, les artistes ont aimé revenir ici.

Victor Hache

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