Toutes les musiques de We Culte. Pianiste de jazz et arrangeur très prisé, Laurent Courthaliac vient de sortir « In The Key Of Sinatra ». Un album dans lequel il propose une virtuose relecture des succès du célèbre crooner. Avec la complicité des musiciens Sylvain Romano (contrebasse), Gautier Garrigue (batterie) et des chanteurs Christie Dashiell et Hugh Coltman. À découvrir, en live, le 18 novembre prochain au Bal Blomet, à Paris.
Laurent Courthaliac : « Tout en restant très respectueux de l’œuvre de Sinatra, je devais l’oublier pour repartir de zéro »
Cela faisait dix ans qu’il n’avait pas sorti d’album solo. Pianiste de jazz et arrangeur très courtisé, Laurent Courthaliac a enregistré « In The Key of Sinatra », avec la complicité du producteur et directeur artistique Daniel Yvinec. A ses côtés, Sylvain Romano à la contrebasse et Gautier Garrigue à la batterie.
Difficile de rendre hommage à « The Voice », sans songer à inviter de solides vocalistes, en l’occurence Christie Dashiell et Hugh Coltman. Au fil de titres comme « Fly me to the Moon », « My Way », « In the We Small Hours of the Morning », « One for my Baby « (And One More for the Road) ou encore « New York New York« , Laurent Courthaliac nous embarque dans une virtuose relecture de succès du célèbre crooner.
Rencontre avant son concert parisien le 18 novembre prochain, au Bal Blomet, à Paris.
Rester dans la « tonalité de Sinatra » en l’emmenant ailleurs, c’est un sacré challenge, non ?
Laurent Courthaliac : C’était en effet un vrai défi de proposer une autre lecture des hits de Sinatra. Je suis un amoureux du cinéma des années 50/60 et j’avais d’abord entendu ses chansons dans les films.
On a le sentiment de redécouvrir certains titres. Comment avez-vous procédé ?
Laurent Courthaliac : Tout en restant très respectueux de l’œuvre, je devais l’oublier pour repartir de zéro. Le travail d’arrangeur, c’est de l’alchimie. Je joue avec les alambics dans mon labo ! Parfois, je peux passer 3 semaines sur 2 accords. Il y a comme un petit vertige au début. La difficulté, c’est la fidélité.
C’est-à-dire ?
Laurent Courthaliac : Le jeu consistait à respecter la mélodie du début à la fin en changeant toute l’atmosphère d’une chanson. Pour « »Fly me to the Moon« , par exemple, j’en ai fait quelque chose d’assez sombre et avec « My Way », j’ai voulu m’éloigner du côté Las Vegas.
Vous avez créé votre propre label ?
Laurent Courthaliac : C’est une liberté incroyable. Je peux enregistrer ce que je veux. Et comme je suis quelqu’un de très perfectionniste, si quelque chose ne va pas, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Je suis pianiste mais ma carte de visite, c’est plutôt arrangeur, j’ai travaillé avec de nombreux artistes. Beaucoup de gens viennent chez moi pour l’harmonie. Elle doit se ressentir de manière intuitive et non intellectuelle.
Justement, depuis un certain nombre d’années, le jazz n’est plus perçu comme un genre élitiste ?
Laurent Courthaliac : Le jazz reste élitiste tant qu’on n’a pas poussé la porte d’un club ! On peut se retrouver assis à 3 mètres d’une légende. l’ADN du jazz, c’est le mélange. Il arrive à s’enrichir de tout.
Il paraît que vous ne passez pas une journée sans écouter le pianiste et compositeur américain Thelonious Monk ?
Laurent Courthaliac : Si je devais garder un seul artiste dans ma discothèque, ce serait lui ! Dans la musique, il y a un mystère et je trouve que c’est lui qui l’a exprimé le mieux. Cela fait trente ans que j’essaie de le comprendre et ça me plaît.
Entretien réalisé par Annie Grandjanin
- Album « In The Key of Sinatra » (LP345-Music/Distribution Digger’s Factory/Pias), disponible le 9 octobre 2026.
- En concert, le 18 novembre 2026, à 220h, au Bal Blomet, 33, rue Blomet, 75015 Paris.

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