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"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eastwood (c)© Claire Folger/Warner Bros. Entertainment Inc.

Cinéma. Dans son dernier film “Le Cas Richard Jewell”, Clint Eastwood, raconte l’histoire d’un héros, un agent de sécurité soupçonné à tort d’avoir posé une bombe aux J.O d’Atlanta et démontre comment un pouvoir politique fabrique un coupable pour servir ses intérêts.

Dans “Le Cas Richard Jewell”, son 38ème film, Clint Eastwood tape fort avec l’histoire véridique d’un citoyen américain ordinaire. Jewell, de héros devient suspect n°1. Est-il pour autant coupable d’avoir posé une bombe “sale” (artisanale) derrière la tour des techniciens qui règlent les spectacles donnés pour les Jeux d’Atlanta?

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Clint Eastwood (89 ans) lors de l’avant-première de son film “Le Cas Richard Jewell” à Los Angeles, le 20 novembre 2019

Dans “Le Cas Richard Jewell”, son 38ème film, Clint Eastwood tape fort avec l’histoire véridique d’un citoyen américain ordinaire. Car Richard Jewell est bien ce citoyen modèle que souhaitent toutes les démocraties occidentales. Il admire et sert la Constitution américaine. Pour servir et protéger, il souhaite devenir policier. Avant l’inauguration des J.O. d’Atlanta – nous sommes en juillet 1996 – Jewell le répétera plusieurs fois. En vain. Sans doute à cause d’un Q.I. trop bas, d’un corps trop lourd, trop épais, il ne peut qu’accepter un poste d’agent de sécurité du parc du Centenaire à Atlanta.

Nous sommes en Georgie, Etat sudiste. Là, les armes, les gens armés, sont légion. Jewell ne déroge pas. Est-il pour autant coupable d’avoir posé une bombe “sale” (artisanale) derrière la tour des techniciens qui règlent les spectacles donnés pour les Jeux ? Cette bombe fera deux morts et cent douze blessés. C’est lui qui aperçoit le sac à dos suspect, sous un banc, et qui le signale à ses collègues puis aux policiers. Commence alors sa descente infernale, inéluctable.

Le FBI débute son enquête par un profil du terroriste. Le “profiler” les oriente vers celui qui a découvert le sac. Jewell, de héros pendant 3 jours, devient suspect n°1. Croyant tenir le coupable, les agents fédéraux n’en chercheront plus d’autre.

Clint Eastwood filme avec une totale maîtrise le destin d’un honnête homme, simple, basculant dans l’enfer. Sa descente durera 88 jours. Le film dure deux heures tendues où nul n’est épargné. Ni le FBI et ses méthodes, ni les médias, journaux et télés d’informations qui sont montrés tels qu’ils sont : avides d’audience, manipulateurs, malhonnêtes. A aucun moment non plus le réalisateur n’épargne Jewell. Il le décrit tel qu’il est, chasseur, il aime les armes, gros, pas très malin, tellement naïf devant les agents du FBI. On n’a aucune compassion pour lui. Pendant un bref instant on aperçoit sur un écran de télévision le Président Bill Clinton faisant un discours.

Le point de vue de Clint Eastwood est clair: nulle démocratie, républicaine ou démocrate n’est à l’abri de la démagogie. En cela, le film rejoint la réalité où les politiques courent après les électeurs. Dans le cas d’un attentat, il faut les rassurer et si les sondages sont mauvais, on invente une histoire, on jette en pâture un citoyen. Si ce dernier n’a pas d’argument pour sa défense, alors tant mieux, il est le coupable idéal.

Que le film de Clint Eastwood, qui allie rigueur et sobriété, sorte sur les écrans en France en cette période électorale est une bonne chose. Il nous fait réfléchir. Il est vrai que cet immense acteur, génial metteur en scène, n’a jamais été un tiède.

Texte Jane Hoffmann

“Le Cas Richard Jewell” de Clint Eastwood, avec Paul Walter Hauser (Jewell), Sam Rockwell (son avocat), Katy Bates (sa mère, formidable), Jon Hamm (l’agent du FBI). En salles actuellement.

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