la chanteuse suzane
Suzane: "Dans ma tête, je mène une combat, Je suis comme une boxeuse sur le ring". La chanteuse se produira au Printemps de Bourges le 19 avril.

#Découverte. Après son concert remarqué à la Gaîté Lyrique, la chanteuse originaire d’Avignon Suzane va dévoiler au Printemps de Bourges les chansons électro à la Stromae de son EP. Un concert dans le cadre du Happy Friday, qui va ouvrir en beauté sa tournée d’une centaine de dates, en attendant la sortie de son premier album à la rentrée.

A 28 ans, Suzane, qui il y a encore trois ans était serveuse dans des restaurants, affiche un tempérament volontaire et déterminé. Son rêve était d’écrire des chansons et de monter sur scène. La voici à l’aube d’une carrière qui s’annonce prometteuse

Nouvelle étoile de la chanson électro, Suzane rentre de Chine où elle vient de se produire au festival Mars en Folie dans le cadre d’une tournée organisée avec l’Alliance Française. La chanteuse originaire d’Avignon qui vient de donner un concert remarqué à la Gaîté Lyrique à Paris, va faire événement au Printemps de Bourges où elle se produira le 19 avril lors du Happy Friday. L’occasion de découvrir en live les chansons de son premier EP (3ème Bureau/Wagram music) qu’elle interprète seule sur scène passant du micro à son clavier synthétiseur Akai. Un spectacle tour à tour énergique ou mélancolique où se croisent chorégraphies urbaines, textes à la poésie frontale façon Orelsan  et sonorités électro à la Stromae. En combinaison graphique inspirée du personnage de Bruce Lee dans “La Fureur du dragon“, Océane Colom, alias Suzane, a fait du prénom de son arrière-grand-mère son nom d’artiste : “c’était une femme de caractère qui avait beaucoup à dire” confie-t-elle “Le prénom Suzane m’a permis de me sentir plus libre, en étant quelqu’un d’autre“.

A 28 ans, elle qui il y a encore trois ans était serveuse dans des restaurants, affiche un tempérament volontaire et déterminé. Son rêve était d’écrire des chansons et de monter sur scène. La voici à l’aube d’une carrière qui s’annonce prometteuse, avec dores et déjà son premier album attendu pour la rentrée et une impressionnante tournée de plus de cents dates partout en France.

la chanteuse suzaneVous êtes originaire d’Avignon. Pourquoi vous êtes-vous installée à Paris?

Suzane : La Provence est un endroit très beau où il est agréable de vivre. Mais je m’y suis sentie vite limitée. La première fois que je suis allée à Paris j’avais 7 ans. J’ai vu l’Opéra Garnier et j’ai eu un choc. Je me suis dit que je vivrais à Paris plus tard. J’ai l’impression que tout est possible dans cette ville qui me donne l’énergie de la création et aussi l’occasion de voir des gens très différents. Avant de venir à Paris, je n’avais jamais vu autant de mixité. J’ai travaillé avec des Sri-lankais, avec des gens de toutes origines. Cela m’a beaucoup nourri. A Avignon, c’est plus fermé, on est plus chauvins, centrés sur nous-mêmes. C’est quelque chose qui me gênait. Mon quotidien c’était le conservatoire de danse classique de l’âge de 8 ans à 17 ans. A 18 ans, j’ai commencé à bouger, chorégraphe dans des clubs de vacances style Club Med. J’ai vécu à Montpellier où j’ai été serveuse. C’est là que je me suis dit “ose écrire tes chansons”. Cela faisait un moment que j’avais cela en moi et j’ai senti qu’il fallait que je sorte tout ça. J’ai pris ma valise et je suis montée à Paris. Le dernier restaurant où j’ai travaillé c’était dans le 20ème arrondissement, place Sorbier où je faisais le service à table et derrière le bar. Et c’est vrai que mes premiers morceaux sont nés sur des papiers d’addition, des bouts de chansons entre une entrecôte et un faux-filet ! (rires). Ecrire c’était une manière de me libérer de ce quotidien de serveuse même si c’est un métier qui m’a beaucoup appris. C’était mes moments de liberté, ma bouffée d’air.

Votre père est infirmier libéral et votre mère était cadre à la Caisse d’Allocation Familiale du Vaucluse. Comment êtes-vous venue à la musique ?

Suzane : Par la danse. Très jeune, j’ai aimé voir des corps bouger sur de la musique, c’était instinctif. Mon premier instrument c’est le corps. J’aime danser sur scène, ressentir les vibrations des basses. Dans  les couloirs du conservatoire de danse classique à Avignon, je chantais beaucoup. C’est là que j’ai pris conscience que la voix pouvait être un moyen d’expression. Quand je disais « je veux devenir chanteuse » ce n’était pas bien défini. C’était plus l’idée de monter sur scène. Pour moi c’était la finalité, ayant goûté à la scène assez tôt avec les spectacles de danse qu’on faisait chaque année. L’odeur des coulisses, de la laque dans les cheveux, les costumes…c’était déjà le spectacle pour moi. C’est le seul truc qui me réveille ! (rires).

Quels ont été vos modèles ?

Suzane : Ma mère me collait souvent devant le Hit machine à la télé, une émission que j’aimais beaucoup. La première fois que j’ai pensé faire ce métier c’est en ayant vu Mylène Farmer avec ses danseurs. Inconsciemment, elle a été un premier modèle de féminité, de liberté. Il y a eu aussi Stromae. Je l’ai écouté, mais pas plus que Piaf, Renaud, Brel. C’est un artiste singulier qui est arrivé avec un univers très visuel. Il m’a permis d’oser parce que je l’ai vu faire dans sa chambre des chansons de façon artisanale, un coté bricolage qui m’a beaucoup intriguée. Je me suis dit alors qu’il était possible de se lancer dans la musique. Quand je me suis mise au clavier, je savais ce je voulais faire en mixant chanson française et électro.

Votre univers fait penser à Stromae mais également à Orelsan notamment dans la chanson “SLT”

Suzane : Il y a sûrement des influences conscientes ou inconscientes. En tout cas, Orelsan est un artiste que j’ai beaucoup écouté. Je peux réécouter ses disques sans arrêt, il n’y pas un mot de travers. Il a un vrai talent d’écriture. C’est direct, frontal, avec de l’humour. Quand j’écris des chansons, je couche des mots sur un papier, mais j’ai aussi besoin de répéter la phrase. Les mots c’est un peu comme de la nourriture et quand je sens que je les ai bien en bouche, que je peux les dire avec fluidité, là je me dis « ok j’ai ma phrase ». Je fonctionne comme ça.

Que raconte cette chanson ?

Suzane : C’est sur le harcèlement, le quotidien de nombreuses femmes. J’ai essayé de créer différentes situations, dans la rue, au bureau, au téléphone. Ce n’est malheureusement pas extrapolé. Je pense que n’importe quelle fille qui écoute le texte va s’y retrouver. Pour moi, c’est une sorte de témoignage. Je décris quelque chose qui est réel. C’est une façon de dire qu’il fallait arrêter ce conditionnement de la femme à entendre, à recevoir constamment ces mots en pleine figure. Pour moi, décrire ce genre de situation, c’est déjà une façon de prendre la parole. Je ne voulais pas d’un truc moralisateur, ni stigmatiser les hommes non plus, car tous n’agissent pas comme ça et heureusement. Mais je pense que les femmes qui le vivent au quotidien doivent arrêter de se taire et de faire avec les codes qu’on leur imposent et qui nous empêchent d’être libres, alors qu’on est en 2019.

Il y aussi “Anoucka”,  une chanson émouvante qui parle de l’homosexualité féminine…

Suzane : On parle rarement d’un garçon qui tombe amoureux et pleure parce qu’il ne peut pas avoir celle qui ne l’aimera pas parce qu’elle est plutôt attirée par les filles. Il y a à la fin de la chanson une ambiguïté et on ne sait pas si je suis comme Anouchka ou pas. Cette histoire est réelle. C’est un vrai personnage que j’ai connu au lycée, une très belle fille que les garçons regardaient énormément et qui devaient avoir le cœur brisés secrètement de ne pas pouvoir l’aborder. J’ai voulu décrire une femme qui a la liberté d’aimer qui elle veut. Pour moi, il n’y pas forcément de schéma à respecter, on peut aimer une fille et le lendemain un garçon. Peu importe la sexualité, l’amour reste le plus grand vainqueur. C’est ça qui m’intéresse.

Vous êtes seule sur scène, c’est assez culotté !

Suzane : Il faut être un peu kamikaze. La scène c’est beaucoup d’émotions, un mélange d’envie et de trac. Avant, j’ai les mains gelées, je ressens le stress physiquement, même si petit à petit je le contrôle mieux. Dans ma tête, je mène une combat, Je suis comme une boxeuse sur le ring. Quand j’ai très peur, je repense à  mes  moments où j’étais au restaurant en train de faire chaque jour les mêmes gestes, placer les chaises, mettre les couverts et servir les gens. La routine c’est ma pire angoisse. Au début, monter sur scène n’était qu’un rêve. Aujourd’hui, c’est vital.

Lire aussi: Festival Mythos: Les maux électros de Suzane : https://www.weculte.com/portraitdujour/festival-mythos-les-maux-electros-de-suzane/

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