Télé/ « Renaud à coeur perdu ». Le 12 mai, France 2 à 21h10 diffuse « Renaud à cœur perdu », un documentaire inédit qui retrace le parcours singulier de Renaud à l’occasion de ses cinquante ans de carrière. À travers des archives personnelles et les témoignages de ses proches, le film dévoile l’homme derrière la figure mythique : un artiste à fleur de peau qui a mis sa vie en chansons et ses chansons dans nos vies, au point de devenir la bande-son intime et collective de plusieurs générations de Français.
« Renaud à cœur perdu » : un portrait sensible, parfois douloureux, toujours sincère, d’un homme qui a souvent vacillé mais n’a jamais cessé de vouloir aimer, lutter et chanter.

Le 12 mai, France 2 propose un rendez-vous rare : « Renaud à cœur perdu », un documentaire inédit consacré à celui qui, depuis un demi-siècle, accompagne les Français comme un ami de toujours. Pas seulement un chanteur populaire, mais une voix qui a su mettre en rimes les colères, les tendresses, les failles et les espoirs d’une époque entière.
Car raconter Renaud, c’est raconter bien plus qu’une discographie. C’est traverser cinquante ans d’histoire sociale, intime et politique. C’est entendre, derrière chaque chanson, le bruit du monde et les battements d’un cœur cabossé. De la gouaille tendre du titi parisien aux silences plus sombres des années de lutte contre ses démons, l’artiste a toujours chanté au plus près de sa vérité — quitte à s’y brûler.
Le film, réalisé par Tancrède Ramonet, s’éloigne des images convenues pour s’aventurer là où l’icône se fissure et laisse apparaître l’homme. Grâce à des archives personnelles inédites et à la parole de ceux qui l’ont vu grandir, aimer, chuter, se relever, le récit prend une densité rare.
Sa première épouse Dominique, son frère jumeau David, son ami d’enfance, son musicien de toujours… et surtout sa fille, Lolita Séchan, dont le regard éclaire d’une lumière pudique cette histoire familiale traversée par la célébrité, la maladie et l’amour filial.
Ce qui frappe, au fil du documentaire, c’est à quel point l’œuvre de Renaud épouse les lignes de fracture de la société française. Les injustices sociales, la révolte contre les puissants, la tendresse pour les marginaux, le rejet des conventions bourgeoises, la mémoire des fantômes du passé… Tout cela irrigue ses textes. Ses chansons sont devenues une sorte de journal intime collectif, une bande-son familière que chacun peut fredonner comme un souvenir personnel.
Le film rappelle aussi, avec justesse, que Renaud appartient à cette lignée rare d’auteurs-compositeurs-interprètes qui ont marqué durablement la chanson française, aux côtés de Jacques Brel, Georges Brassens ou Barbara. Non pas par imitation, mais par cette capacité commune à transformer la vie en poésie et la poésie en refuge populaire.
« Renaud à cœur perdu » n’est ni une hagiographie, ni un règlement de comptes. C’est un portrait sensible, parfois douloureux, toujours sincère, d’un homme qui a souvent vacillé mais n’a jamais cessé de vouloir aimer, lutter et chanter. Un artiste qui, malgré ses fêlures, a réussi ce miracle : devenir un héros familier, presque un membre de la famille pour des générations entières.
Victor Hache





