Les Rolling Stones défient le temps avec « Foreign Tongues »

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Les Rolling Stones défient le temps avec "Foreign Tongues", leur nouvel album attendu le 10 juillet 2026 © Timothy A. Clary / AFP

Toutes les musiques de We Culte. Plus de soixante ans après leurs débuts, les Rolling Stones prouvent qu’ils n’ont rien perdu de leur appétit musical. Avec Foreign Tongues, attendu le 10 juillet 2026, le groupe londonien signe son 25e album studio et continue d’écrire une histoire du rock qui semble ne jamais vouloir s’achever. Entre énergie intacte, collaborations prestigieuses et fidélité à leur son légendaire, Mick Jagger, Keith Richards et Ronnie Wood démontrent que l’âge, chez eux, n’a jamais été un frein à la création.

Les Rolling Stones : Aucune tournée n’a été annoncée. La scène reste leur territoire naturel, mais le risque physique est désormais bien réel. Les Stones semblent l’avoir accepté sans nostalgie.

Plus de soixante ans après leurs débuts dans les clubs enfumés de Londres, les Rolling Stones continuent de défier le temps avec une insolence presque joyeuse. À 82 ans pour Mick Jagger et Keith Richards, 78 pour Ronnie Wood, le trio s’est présenté cette semaine à New York avec l’enthousiasme d’un groupe qui débute. Motif de la rencontre : Foreign Tongues, leur 25e album studio, attendu le 10 juillet 2026.

La scène se déroulait dans une ancienne banque du nord de Brooklyn, transformée pour l’occasion en salon de retrouvailles rock. Face à eux, l’animateur Conan O’Brien, complice et admiratif. Dans l’assistance, un parterre inattendu mêlant cinéma, sport et mode : Leonardo DiCaprio, Baz Luhrmann, Lindsey Vonn ou encore Christie Brinkley. Comme un rappel que les Stones dépassent depuis longtemps le simple cadre du rock.



Trois extraits ont été dévoilés. D’abord Beautiful Delilah, clin d’œil assumé au pionnier Chuck Berry, figure tutélaire du groupe. Puis Jealous Lover, où Jagger renoue avec son falsetto si reconnaissable, celui qui portait déjà le groove de Miss You. Enfin Mr Charm, porté par ce riff sec et nerveux qui semble inscrit dans l’ADN des Stones depuis la fin des années 60. À l’écoute, un sentiment troublant : le son paraît intemporel, presque figé dans une jeunesse éternelle.

Derrière la console, on retrouve Andrew Watt, déjà aux commandes du précédent album Hackney Diamonds. Le producteur américain parle d’un mois d’enregistrement à Londres, une cadence éclair à l’échelle d’un groupe qui, autrefois, pouvait passer des saisons entières en studio. « Une autre façon de faire », sourit Jagger, lucide sur cette nouvelle méthode, plus spontanée, presque instinctive.

L’album s’offre aussi quelques invités de marque. Paul McCartney a posé sa basse sur l’un des morceaux, retrouvant les Stones dans ce dialogue amical qui traverse l’histoire du rock britannique depuis les années 60. Robert Smith, figure emblématique de The Cure, apporte sa touche mélancolique sur une ballade aux accents sombres, tandis que Chad Smith, batteur des Red Hot Chili Peppers, injecte une énergie percussive très contemporaine sur un titre plus nerveux. Des collaborations qui témoignent de la capacité intacte des Stones à dialoguer avec plusieurs générations de musiciens.

Foreign Tongues est aussi le premier album entièrement conçu depuis le décès de Charlie Watts en 2021. Son absence plane, discrète mais sensible, sur cette nouvelle étape. Les Stones avancent, fidèles à cette philosophie qui les accompagne depuis toujours : ne jamais s’arrêter.

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Les Rolling Stones : Pochette de l’album « Foreign Tongues »

Visuellement, la pochette intrigue : un visage recomposé en patchwork à partir de fragments des membres du groupe, sur fond rose. Même la célèbre langue du logo, d’ordinaire rouge vif, adopte cette teinte inattendue. Une manière graphique de dire que, même à cet âge, ils savent encore se réinventer.

Aucune tournée n’a été annoncée. Le sujet aurait été évoqué en interne, puis écarté. La scène reste leur territoire naturel, mais le risque physique est désormais bien réel. Les Stones semblent l’avoir accepté sans nostalgie.

Enfin, fidèle à leur goût du mystère, ils avaient récemment publié un single en vinyle limité, Rough and Twisted, sous le pseudonyme “The Cockroaches”, clin d’œil à leurs concerts secrets des années 70 et 80. Comme s’ils s’amusaient encore à brouiller les pistes, à cultiver cette part de malice qui fait aussi leur légende.

« Le secret, c’est la pratique », a lancé Jagger avec humour lorsque Conan O’Brien lui a fait remarquer que sa voix semblait sortie de 1968. Chez les Rolling Stones, la jeunesse n’est peut-être plus une question d’âge, mais d’attitude. Et de musique.

Victor Hache

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