« Michael » : un demi-biopic sur l’icône de la pop planétaire

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"Michael" : Le rôle de Michael Jackson est interprété par son propre neveu, Jaafar Jackson (©UPI).

Sortie cinéma/ Michael. Comme beaucoup d’autres avant lui, Michael Jackson, l’un des plus grands chanteurs de tous les temps, méritait bien son biopic. C’est chose faite avec MICHAEL (mercredi 22 avril sur les écrans), près de 17 ans après sa disparition.

Michael : C’est le propre neveu de Michael Jackson, Jaafar Jackson, 29 ans, chanteur lui-même, fils de Jermaine Jackson, qui interprète le rôle principal

Mais c’est un demi-biopic. Le film raconte la vie du « King of Pop » de 1966 à 1988, de ses débuts dans le groupe familial des Jackson Five à sa tournée mondiale triomphale Bad, et prend pendant deux heures des airs d’hagiographie.

C’est donc en 1966 que l’aventure commence pour le petit Michael, 8 ans, le plus jeune des cinq frères du groupe des Jackson Five que leur père, Joseph (Colman Domingo), exigeant et autoritaire, mène à la baguette –et parfois à la ceinture.

Gary, Indiana

Les gamins se produisent dans leur ville natale de Gary, cité ouvrière située dans l’Indiana, au sud-est de Chicago. Puis le succès vient peu à peu: Chicago, Los Angeles et le premier disque sous le label Motown, les émissions de télé, les conférences de presse, la gloire.

Mais Michael (Jaafar Jackson) veut aussi voler de ses propres ailes et, soutenu par sa mère Katherine (Nia Long) et son fidèle garde du corps, se libérer de l’emprise envahissante de son père. Il commence à enregistrer des disques en solo, et le premier tube en 1978, produit par Quincy Jones, fait décoller sa carrière.

Premier moonwalk

La suite sera fulgurante: Beat It, Thriller, le premier moonwalk en 1983 sur Bille Jean, la phénoménale tournée Bad en 1988. « J’ai tellement de chansons dans ma tête », dit-il. « Il faut que ça sorte ».

Mais une carrière avec aussi des épisodes douloureux: en 1984, au cours du tournage d’un film publicitaire pour Pepsi-Cola, il est sérieusement brûlé au cuir chevelu. Et surtout il charge ses avocats et son nouvel homme de confiance, John Branca (qui deviendra après sa mort son co-exécuteur testamentaire) de virer son père de ses affaires…

Tuer le père

Choix du réalisateur Antoine Fuqua, l’essentiel du film est donc basé sur cette volonté de Michael Jackson de gagner son indépendance et de se libérer de l’emprise paternelle –tuer le père. Pour le reste, le côté artistique de la carrière du King of Pop est remarquablement mis en scène, avec des tubes en fond sonore et des reconstitutions impeccables, comme la conception du tube et du clip Beat It ou le tournage de Thriller (séquence particulièrement réussie).



« Voir Michael se réinventer sans cesse et refuser obstinément d’entrer dans une case a été pour moi une source d’inspiration immense, comme pour tant d’autres. Le voir accomplir tout cela m’a fait comprendre que l’excellence n’a pas de plafond », dit Antoine Fuqua, connu notamment pour TRAINING DAY (2001), le remake des SEPT MERCENAIRES (2016) et la série des EQUALIZER (2014, 2018, 2023), tous avec Denzel Washington.

Interprété par le neveu

C’est le propre neveu de Michael Jackson, Jaafar Jackson, 29 ans, chanteur lui-même, fils de Jermaine Jackson, qui interprète le rôle principal. Il chante en play-back sur la voix de son oncle mais, pour ses débuts à l’écran, s’en tire plutôt pas mal dans le jeu et dans les scènes dansées, avec en outre une ressemblance physique qui le rend crédible.

Les biopics de chanteurs célèbres pullulent depuis des années, morts (Ray Charles, Elvis PresleyAmy Winehouse, Freddie Mercury, Billie Hollyday, Aretha Franklin, Whitney Houston, Judy Garland, Bob Marley, Maria Callas) ou de leur vivant (Tina Turner, Céline DionElton John, Robbie Williams, Bob Dylan), sans oublier les Français (Edith Piaf, Aznavour, Gainsbourg, Dalida, Claude François, Barbara, Yves Montand)…

Biopic assez réussi

Dans le lot, ce MICHAEL est plutôt dans la bonne moyenne, assez réussi si l’on est fan et/ou si l’on ne regarde que les bons côtés de la première moitié de la carrière du chanteur –et ce n’est peut-être pas si mal, on est au cinéma et pas sur Wikipedia..

La famille (qui a assisté à l’avant-première du film) et les avocats n’ont pas fait opposition à ce projet. Dans le film, côté vie privée, Michael il est beau, Michael il est gentil: il est fasciné par Peter Pan, rend visite aux enfants malades dans les hôpitaux, dévalise les magasins de jouets, adore les animaux et les installe dans sa propriété (chimpanzé, lama, paons, serpent, girafe, rat), regarde la télé le soir avec sa mère en mangeant du pop-corn, est fasciné par CHANTONS SOUS LA PLUIE et LES TEMPS MODERNES de Chaplin (qui lui inspirera son moonwalk), mais trouve son nez trop gros et a recours à la chirurgie esthétique.

Peut-être une suite

Le film s’arrête en 1988. Il n’est donc pas question du ranch Neverland, de cure de désintoxication, de chirurgie esthétique, des deux mariages et trois enfants du King of Pop, ni de ses ennuis judiciaires (deux plaintes pour agressions sexuelles sur mineur de 13 ans en 1993 et 2003) et bien sûr de sa mort le 25 juin 2009 à 50 ans d’une overdose de médicaments.

Du coup, rien n’est officiel mais peut-être y aura-t-il une suite, un MICHAEL-2, comme semblait le laisser entendre récemment le directeur financier des studios Lionsgate (voir ici). Ou comme le laisse supposer l’énigmatique phrase sur l’écran avant le générique de fin: « Son histoire continue ».

Jean-Michel Comte

LA PHRASE : « Dans ce monde, soit on est un gagnant, soit on n’est rien » (le père, Joseph Jackson, à ses enfants les Jackson Five, au début du film).

  • Michael (États-Unis, 2h07). Réalisation: Antoine Fuqua. Avec Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long (Sortie 22 avril 2026) 

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